‹ Traité de la paralysie générale des aliénésChapitre 89 sur 126 · AUTOPSIE · texte numérisé non relu

AUTOPSIE

Moelle. — Teinte générale louche, qui empêche de bien distinguer les cornes et les cordons. Diminution de consistance du tissu à la région dorsale, allant en augmentant jusqu'à la région lombaire, qui est ramollie.

Cerveau. Hémisphère droit. — Adhérences des méninges avec la partie la plus postérieure de la première frontale, avec la partie la plus inférieure de la première pariétale ou frontale ascendante, ou deuxième pariétale (Gratiolet), avec la première et la deuxième occipitale. Il n'en existe pas avec les deuxième et troisième frontales ni avec la première pariétale. Pas d'adhérences avec la circonvolution de l'ourlet. Les adhérences signalées ne siègent qu'à la surface des circonvolutions et ne pénètrent pas dans les sillons.

Hémisphère gauche. — Les adhérences sont presque générales ; elles soni surtout considérables avec les premières et deuxièmes frontales, les pariétales, et principalement avec toutes les occipitales qui apparaissent ulcérées après l'enlèvement des méninges ; rien dans la circonvolution de l'ourlet; rien dans le corps calleux.

Adhérences complètes des nerfs olfactifs avec les circonvolutions de la face inférieure des lobules antérieurs. On forme des crêtes rien qu'en enlevant des méninges. Adhérences avec les circonvolutions temporales, surtout les plus internes. Les lobes temporaux sont un peu ramollis et infiltrés de sérosité.

Pas de granulations dans les ventricules latéraux. Diverses coupes des deux hémisphères montrent une teinte feuille morte dans plusieurs circonvolutions, de rhyperhémie des substances grise et blanche , et enfin de Tatrophie en plusieurs points de la grise.

Les teintes de la couche optique gauche sont mal définies et se confondent en une seule, qui parait gris pâle.

Adhérences avec la partie antérieure du bulbe, dont la consistance est diminuée dans toute son épaisseur. Pas de granulations dans le quatrième ventricule.

A la base, les adhérences se rencontrent aussi très-souvent : 1" sur les circonvolutions satellites des nerfs olfactifs (lobule orbi-

ADHÉREISCES CÉRÉBRO-MÉNINGÉES. 4t7

taire) ; ^ sur les circonvolutions temporales ; â^ le long des scissures de Sylvius.

Vinsulade Reil est rarement le siège d'adhérences; par contre, il en existe le plus souvent dans la partie la plus postérieure de la troisième frontale.

Parmi les trois circonvolutions du lobule orbitaire, l'externe et l'interne sont plus fréquemment atteintes.

Les circonvolutions pariétales sont généralement le siège d'adhérences plus ou moins étendues ; il ressort des observations de Calmeil et de celles qui me sont personnelles, que les lobules pariétaux échappent bien rarement k la lésion , à moins que la mort ne soit survenue dans le début même de la maladie.

Les adhérences ne sont pas constantes pour le lobule temporosphénoîdal : tantôt ses trois circonvolutions sont atteintes, tantôt une seule est atteinte ; mais la circonvolution la plus interne Test toujours plus fréquemment et plus fortement que les autres. Browne pense que c'est la finesse de la pie-mère qui couvre le lobule qui rend difficile la recherche des adhérences en cette région.

Il n'y a jamais parité dans l'étendue, l'intensité des adhérences sur l'un et l'autre hémisphère. Il est des cas même où les adhérences n'existent que sur un des deux. Browne pense que le droit est plus souvent atteint que le gauche.

Cet auteur conseille, pour consei'ver au cerveau sa forme et la trace de ses adhérences, de le faire macérer dans de l'eau additionnée d'acide nitrique au dixième, pendant quelques semaines, et de n'enlever les méninges que lorsqu'elles sont devenues noires.

Les adhérences sont peu fréquentes sur le cervelet et occupent de préférence ses faces supérieure et inférieure.

Loi^que la maladie a parcouru toutes ses périodes, les adhérences sont tellement nombreuses qu'on chercherait parfois en vain un espace d'un centimètre carré qui en fût dépouiTU.

Couche corticale. DimmUion de cotisislance. Œdèim. — Les adhérences cérébro-méningées coïncident toujours avec une diminution notable de consistance dans la couche corticale. Elle parait imbibée d'un liquide séreux, elle est comme oedémateuse. Ainsi elle se laisse déprimer par le doigt, elle se dissocie sous le filet d'eau, et est facilement séparée de la substance blanche par

A. VOISIN. Paralysie. Î7

ii8 ANATOMIE PATHOLOGIQUE.

le grattage au moyen d'un manche de scalpel. On oblienl aiu>i la disposition en crêtes.

Apparence à la coupe. — Des coupes perpendiculaires faites dans les portions delà substance grise non encore ramollie, ou dans les zones profondes, montrent : i* un degré variable d'atrophie; ^"^ fréquemment des teintes louches ou jaunâtres feuille-morte, ou lie de vin (pi. IV, fig. 1, 2 et 3); les teintes lie de vin <e rencontrent indifféremment dans tous les points de la substance grise, tandis que les teintes feuille-morte (jui appartiennent spécialement à la forme chronique s'observent exclusivement dans les parties les plus superficielles des circonvolutions ; les parties de substance grise] en rapport avec le fond des sillons en sont indemnes.

Les exatnefis microscopiques des circonvolutions adhérente? m'ont permis de constater qu'une plus ou moins grande épaisseur de substance corticale a disparu suivant la gravité et suivant l'ancienneté de la maladie. Tantôt la zone superficielle a seule disparu, tantôt la zone moyenne, quelquefois même la zone inférieure n'est plus reconnue ; on aperçoit sur le bord déchiqueta' de la préparation, tantôt des cellules, tantôt des tubes, des (Cylindres coupés, effilés, recroquevillés (pi. XV, fig. S). La présence de cellules, sur le bord même, est un fait tout à fait pathologique, car on sait que normalement la première couche des cellules esi toujours séparée de la surface par une sorte de coussinet granuleux; il faut donc, pour que l'on constate ce fait, que des pailio de la couche corticale aient disparu.

On observe encore au microscope dans cette substance gri>o des lésions d'origine vasculaire [et des altérations des cellules .

1"* Lésiotis vasailaires et périvasculaires. — Une lésion initiale, endartérite aiguë ou chronique, que l'on trouve toujours, mais à des degrés plus ou moins avancés, siège dans les parois vasculaires : elle est absolument analogue à la lésion vasculaire qu'on observe dans les inflammations de> parenchymes. Elle atteint les capillaires et les artères, et débute ordinairement par la tunique externe et la gaine lymphatique.

On voit des corps nucléaires de 0",05 à 0'",07, arrondis ou ovoïdes, plusou moins serrés (pK I, fig. 3, et pi . V, fig. "2 et 3), formant autour des vaisseaux des chapelets, pouvant constituer di*-

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