‹ Traité de la paralysie générale des aliénés [electronic resource]Chapitre 36 sur 137 · ÉTUDE UE I.A TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

ÉTUDE UE I.A TEMPÉRATURE

a. Étude de la température. — La température cei>trale s'élève toujours pendant la durée des attaques apoplectiformes, et c'est aussi ce quia lieu, dans la majorité des cas, pendant les attaques épileptiformes.

Calmeil avait bien remarqué que la plupart du temps la peau des malades en proie à ces accidents était chaude, que leur corps était couvert de sueur, que leur pouls était ample et fréquent, mais il n'avait pas pu apprécier exactement le degré de la température; les études plus récentes de MM. Meyer (i), Westphall (2), Hanot (3), Mickle (4), ont comblé cette lacune.

Il résulte de ces recherches que toujours la température s'élève dès le début des attaques et pendant toute leur durée, que le thermomètre indique jusqu'à 41 degrés dans les cas graves, et que d'habitude il oscille entre 38 et 40 degrés. La courbe qu'on obtient est irrégulière, la fièvre, en d'autres termes, n'a pas cette marche qu'on observe dans d'autres phlegmasies ou dans les pyrexies ; elle est soumise d'un jour à l'autre à des exacerbations, elle est plus marquée en général le soir que le matin. C'est d'ailleurs ce que prouvent les courbes que j'ai l'habitude de recueillir chez les malades.

Quand les malades ont échappé à la mort qui menaçait leur existence et qu'ils commencent à entrer en convalescence, on peut encore constater, à l'aide du thermomètre, qu'ils ont de la fièvre pendant plusieurs jours ; la température oscille entre 37°, 5 et 38°, 5; et ceci est important à constater, parce que, tant qu'il y a de la fièvre, il faut craindre une nouvelle attaque; il ne faut donc pas se hâter de se réjouir et d'alimenter les malades, lorsqu'on les voit sortir de leur torpeur, ou même répondre d'une façon lucide aux questions qu'on leur adresse.

Cette étude de la température doit être faite au moyen du thermomètre placé soit dans l'aisselle, soit dans le vagin, soit dans le rectum; l'exploration au moyen de la main ne donne en eiïet souvent que des notions inexactes ; de même la fréquence du pouls n'indique pas toujours l'existence ou l'absence de la fièvre. Ainsi, nous avons en ce moment en observation un fou paralytique chez

(1) Meyer, Annalen des Cliurité-Krankenhauses. Berlin, 1858.

(2) Westphall, A/'c/iiu f'àr pliijsiologische Heilkunde, de f.riesingcr. Stuttgart, 185i.

(3) Hanot, Soc. de biologie, 1873.

(4) Mickle, Mental acience, 1872.

lequel, h la suite d'une attaque apoplectiforme, il ne paraissait plus exister de fièvre, vu qu'il avait le pouls régulier, très-peu fréquent, et que le toucher des membres ne faisait pas percevoir la moindre élévation de température (c'était plutôt le contraire qui avait lieu) ; or, chez ce malade le thermomètre indiquait 38%9, c'est-à-dire un état fébrile marque; si donc on s'était laissé guider par l'observation privée du secours du thermomètre, on aurait pu être tenté de trop alimenter ce malade, qui était au quatrième jour de son attaque, et l'on aurait pu compromettre ainsi la convalescence.

L'observation quotidienne de la température que nous recommandons de faire chez tous les aliénés paralytiques, quel que soit leur état de santé apparent, c'est-à-dire même en dehors des grandes attaques, a ceci d'extrêmement avantageux, qu'elle permet, pour ainsi dire, de prévoir ces attaques et souvent de les enrayer.

En effet, le début des attaques n'est pas toujours instantané. Il arrive d'ordinaire qu'elles sont préparées par un travail encéphalique qui se traduit par une élévation de la température. Un à trois jours avant le début de l'attaque, alors que le malade paraît relativement bien portant, quelquefois même mieux portant que d'habitude, on peut voir le chiffre marqué par le thermomètre atteindre un degré inusité, puis tout à coup l'attaque survient; la température continueàmonter; mais le mal est produit, et c'est tout au plus si l'on peut arriver à en pallier les effets, tandis que si, un à trois jours avant l'attaque, on avait pu instituer un traitement convenable, on aurait été dans de meilleures conditions pour enrayer le travail encéphalique. C'est ce que démontre notre pratique quotidienne. Nous suivons tous les jours la température, nous la faisons prendre deux fois par jour et inscrire sur une feuille spéciale, de façon à obtenir une courbe ; sitôt que la courbe présente quelque particularité, nous nous en faisons avertir. Nous instituons un traitement antiphlogis tique plus ou moins actif; il n'a pas besoin d'être très-énergique pour détourner ou enrayer un travail encéphalique qui ne fait que débuter, et le plus souvent un simple purgatif, un bain de pieds sinapisé, l'application d'un vésicatoire aux membres, la diminution dans les aliments et l'application de quelques sangsues à l'anus, ou l'adminisii'ation de deux à trois granules de digitaline Nativclle,

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