DESCRIPTION DE L'ATTAQUE ÉPILEPTIFORME
« De temps à autre, six mois avant de mourir, M. R... est assailli subitement par des pertes de connaissance qui l'obligent à rester coucbé et se compliquent de tressaillements musculaires généraux. Pendant ces espèces d'attaques, sa figure est rouge, la tête portée en arrière, et tous les muscles du corps et des membres sont secoués par des contractions brusques et répétées. Lorsqu'il a repris connaissance, il reste quelque temps sans parler, sans paraître l'econnaître son domestique et sans pouvoir rien avaler; mais bientôt, il recommence h faire claquer ses dents, etc. »
Dans d'autres cas, la scène est bien autrement dramatique et l'on voit des accidents épileptiformes persister pendant des heures et des journées entières; c'est dans ces cas surtout que la complexité et la mobilité des symptômes défient toute tentative de description générale. Voici, par exemple, ce que nous trouvons dans nos notes au sujet d'une femme en proie à une de ces redoutables complications. Cinq mois avant la mort, début brusque, perte de connaissance, inclinaison de la tête à gauche, grimaces des deux côtés de la face, écume buccale, puis convulsions des deux membres supérieurs, se localisant bientôt dans le gauche ; après cela convulsions dans les deux membres inférieurs. Au bout d'une demi-heure, il n'y a plus de mouvements convulsifs qu'à gauche, quelque temps après le membre supérieur gauche se contracte et reste en demi-flexion ; flaccidité des membres droits, abolition des mouvements réflexes, disparition des convulsions, qui reviennent quatre heures après. Au bout de quarantehuit heures, retour incomplet de la sensibilité, inclinaison de la • face à droite. Roideur légère des deux membres supérieurs, déviation à gauche et en haut de la lèvre supérieure. Durée totale, trois jours. Après cette attaque, parole embarrassée, tendance à l'aphasie, la malade ne disait que les mots « pas de chance, et quelque chose... »
Dans l'observation 118 de Calmeil, tome II, voici quelle était la physionomie de l'attaque convulsive qui a amené la mort après deux jours de durée :
« M. Et... présente à la visite un ensemble de symptômes des plus alarmants. 11 est étendu sur le dos et tout à fait immobile, sa figure est vultueuso, sa bouche largement ouverte, sa respiration stertoreuse ; il semble plongé dans la stupeur; ses paupières sont largement écartées ; les globes de ses yeux saillants, fixés dans la même direction, ses pupilles sont immobiles, dilatées (celle de droite l'est à un degré plus marqué).
« Lorsqu'on le touche au front, même légèrement, ses traits se contractent
et grimacent comme s'il était en proie à un mouvement de surprise ou d'effroi.
» Lorsque l'on continue à l'examiner pendant quelque temps on constate que les muscles de son visage sont tiraillés par de fréquentes ondulations spasmodiques, ses membres sont fréquemment ébranlés aussi par des espèces de tressaillements analogues à ceux que produirait le passage d'une Hincelle électrique.
» Les impressions du toucher augmentent le désordre de la libre musculaire ; car, dès qu'on irrite sur un point ou sur un autre la sensibilité tactile, on ne manque jamais de rendre plus sensibles les tressaillements des muscles de la face, les soubresauts des quatre membres ; chaleur à la peau, accélération du pouls. (Saignée du bras, sinapismes aux mollets.)
» Le 28, au soir, mieux relatif ; M. Et.... peut entendre les questions qu'on lui adresse, quelquefois même il paraît en comprendre le sens et fait des efforts pour y répondre, mais il ne fait que balbutier des mots incohérents et mal articulés ; yeux hagards, physionomie très-altérée ; reste de secousses spasmodiques à des intervalles variables ; la volonté put prendre l'initiative pour faire exécuter aux quatre membres quelques mouvements incomplets, restreints, saccadés. Sensibilité générale obtuse. (Cataplasmes sinapisés, tisane purgative.)
» Pendant la nuit, la déglutition devient décidément très-pénible, la respiration de plus en plus gênée, et ce malade expire après avoir passé quelques heures dans un état à peu près carotique. »
Chez une femme, quia succombé dans mon sei^vice, au bout d'un jour, à des accidents convulsifs, on notait :
10 Une fièvre intense, température axillaire, 420,3. 2» Le simple toucher des mains ou des avant-bras déterminait de petites convulsions cloniques dans les deux membres supérieurs, qui se propageaient aux membres inférieurs. Le toucher de la poitrine, du cou et de la face ne produisait rien de semblable. L'autopsie montra, entre autres lésions, une hyperhémie considérable des méninges de la base et de la convexité, de la substance blanche et de la substance grise, et dans les méninges spinales postérieures des ecchymoses au niveau des trous de conjugaison postérieurs.
11 existait donc chez cette malade une sorte de zone épileptogène, analogue à celle que Brown-Séquard a décrite sous ce nom dans ses expériences sur les cobayes.
Dans beaucoup de cas, on note la même mobilité de symptômes. Il n'y a pas deux de ces longues attaques qui se ressemblent, leur durée est également variable, et ce qu'elles présentent de plus extraordinaire, c'est leur bénignité relative; elles peuvent persister pendant deux ou trois jours sans amener la movi, quelquefois ce n'est qu';iprès sept ou huit jours de durée qu'elles