‹ Traité de la paralysie générale des aliénés [electronic resource]Chapitre 50 sur 137 · LÉSIONS SPINALES · texte numérisé non relu

LÉSIONS SPINALES

remplies de granulations jaunâtres que ne colorait pas la teinture de carmin; à un second degré, elles étaient en outre modifiées dans leurs formes, elles avaient perdu tout ou partie de leurs prolongements; à un troisième degré elles étaient atrophiées et avaient perdu leur noyau et leur nucléole. Les cellules des cornes postérieures avaient été respectées; dans le bulbe, quelques cellules de l'hypoglosse présentaient des lésions ; les fibres musculaires de la langue avaient subi consécutivement une dégénérescence granulo-graisseuse (nous avons dit que le mutisme des aliénés paralytiques paraissait dans certains cas avoir pour cause une semblable dégénérescence des muscles de la langue). Ces lésions, si elles avaient été localisées à la partie supérieure de l'axe rachidien, auraient amené les symptômes de la paralysie glosso-labio-laryngée dans le cours d'une péri-encéphalite diffuse; ce serait là une complication d'origine bulbaire, on n'en a pas encore cité d'exemple. 11 nous a été donné une fois d'observer une lésion spinale analogue à celles que Hallopeau a décrites sous le nom de sclérose diffuse peri-épendymaire (i). Malheureusement il y avait aussi d'autres lésions spinales chez cette malade , elle avait présenté des accidents tétaniformes ; à l'autopsie on trouva : i" un ramollissement de la moelle dans toute son étendue, surtout à la portion dorso-lombaire,et une sclérose péri-épendymaire au niveau de la région cervicale ; « une tranche de moelle présentait à sa partie centrale une teinte brun-rougeâtre, et à la circonférence un anneau de un millimètre de large resté intact. »

Lésions spinales diffuses; myélite diffuse généralisée. — Nous venons de signaler dans la paralysie générale quelques-unes de ces lésions spinales que Vulpian appelle systématiques.

Etudions maintenant les cas où la lésion spinale n'affecte plus régulièrement certains faisceaux déterminés; supposons, pour préciser, que la lésion porte à la fois sur tous les éléments d'une même tranche de moelle ; cette tranche pourra être plus ou moins épaisse; si elle est peu épaisse, nous aurons affaire à une lésion en foyer (c'est la myéhte diffuse circonscrite des auteurs); si, au lieu de porter sur une tranche, la lésion affecte l'axe rachidien suivant toute sa hauteur, nous aurons affaire à la myélite

(1) Hallopeau, Archives générales de médecine, iSll et 1872,

MYÉfJTE DIFFUSE. 259

diffuse généralisée des auteurs : commençons par étudier cette dernière.

C'est elle qu'ont principalement eue en vue Wcstphal, Magnan, Hayem, Hallopeau (i). C'est celle de toutes les lésions spinales qui s'observe le plus fréquemment dans le cours de la paralysie générale; elle se voit dans le mode chronique et dans le mode aigu ; Calmeil la connaissait très-bien ; il la signale dans son observation 108. «La moelle dorsale, dit-il, est consistante, dure même sur quelques points; elle est comme tassée et atrophiée d'un bon tiers. Le bulbe lombaire est comme renflé et très-résistant; à la coupe il résiste comme le ferait un fromage desséché, tous les filaments nerveux dont la réunion constitue la queue de (;heval sont rouges comme s'ils avaient macéré dans un liquide colorant; au microscope, on trouva que les libres de la moelle cervicale sont amples, humectées par un liquide trouble, charriant des globules sanguins ; de très-grandes cellules grenues, de couleur grise, se voient dans l'interstice de ces fibres ; les cellules sont bien multipliées dans certaines préparations, etc. ))

« Dans cette circonstance, l'inflammation de la moelle spinale avait affecté une marche chronique. »

Dans d'autres cas, la lésion est aiguë et ne survient que peu de jours avant la mort; dans ce cas, on trouve à l'autopsie que toute la moelle depuis sa portion cervicale est transformée en bouillie; nous en avons observé plusieurs exemples. Calmeil en cite un très-net (2). Enfin, pour en finir avec les lésions spinales, disons un mot des cas où la lésion est en foyer; c'est d'habitude un foyer de ramollissement plus ou moins étendu qu'on rencontre dans les autopsies; nous n'avons pas souvenance d'avoir rencontré de foyers d'induration. Ces foyers peuvent existera la région cervicale, comme à la région dorsale où à la région lombaire.

Chez une de mes malades, la nommée No..., un foyer très-nettement circonscrit occupait cette portion de l'axe racliidien qu'on nomme centre ciliospinal;il en était résulté des troubles oculo-pupillaires très-intéressants (3).

(1) Hallopeau, Arch. de méd., 1871 et 1872.

(2) Calmeil, Journal des progrès des sciences et institutions médicales. Paris, 1828, t. XI, p. 77 et t. XII, p. 133.

(3) Voy. Burlureaux, Thèse, Paris, 1874,

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