‹ Traité de la paralysie générale des aliénés [electronic resource]Chapitre 85 sur 137 · PNEUMONIE · texte numérisé non relu

PNEUMONIE

d'une maladie de poitrine qui liait par enipurter les malades devenus phthisiques au bout d'un certain temps.

Le même ordre de faits s'observe lorsque la fluxion due à la lièvre envahit le cerveau; elle donne lieu alors à un délire qui est le plus ordinairement passager, mais qui peut aussi devenir persistant. La fluxion le plus souvent se dissipe lorsque la lièvre a cessé, mais d'autres fois elle persiste et devient inflammatoire. De même que le travail pathologique a pu amener la phthisie quand c'était le poumon qui était en cause, de même il peut amener la méningo-encéphalite (juand c'est le cerveau qui est en jeu. Dans l'un comme dans l'autre cas il est permis de penser que la prédisposition joue un rôle, et qu'il faut compter avec la partie douée de moins de résistance {pars minoris resistentiœ) ou habituée à l'excitation.

Cette influence est généralement admise lorsqu'il s'agit de maladies cérébrales. C'est ainsi que Trousseau prétendait (jue le rhumatisme ne portait son action sur le cerveau que lorsque l'individu était prédisposé à la folie soit par l'hérédité, soit par des habitudes d'alcoolisme. Quoi qu'il en soit, les faits prouvent de la façon la plus incontestable que le processus inflammatoire amenant la folie paralytique est parfois le résultat d'une afl'ection aiguë. (Nous n'admettons, bien entendu, comme folies paralytiques reconnaissant pour cause une maladie aiguë, que celles qui surviennent immédiatement après la guérison de la maladie aiguë ou même pendant son cours, de telle façon que les i clations de cause à eff'et soient indiscutables.)

Erysipèle. — Parmi les causes déterminantes de la paralysie générale il faut citer, d'après Baillarger (i), l'érysipèlede la face et du cuir chevelu. Cette affection agirait en produisant de la congestion cérébrale. Baillarger cite à l'appui de son assertion trois observations concluantes. J'ai un cas analogue dans mon service. La forme de la maladie chez cette dernière aliénée est la démence paralytique.

Pneumonie. — La pneumonie se complique quelquefois de méningo-encéphalite. Parent- Duchàtelet et Martinet (2), An-

(1) Baillarger, Annales méd.-psychol., 1849, p. 477.

(ï!) Parciit-Ducliàtclct et Martinet, Recherches sur l'inflammation de l' arachnoïde cérébrale et spinale, Paris, 1821.

336 ÉTIOLOGIE.

dral (i), Clioinel (2), BriqucL (3), Grisolle (4), Requin (5), Boiiillaud (6), Venieiiil (7), ont signalé ce l'ail. Vaillard (8) a cité une observation très-concluante de pneumonie compliquée de délire : le sujet avait perdu la conscience de sa personnalité, et présentait d'autres troubles intellectuels qu'on rencontre dans la paralysie générale aiguë. L'autopsie montra que, pendant les douze jours qu'avait duré la maladie, les méninges cérébrales avaient eu le temps de s'épaissir, de s'opacifier, de contracter des adhérences à certains points avec la substance grise sous-jacente; cette dernière était ramollie, plus rouge qu'à l'état normal. Pour l'interprétation de ces phénomènes congestifs, portant sur la périphérie de l'encéphale, nous adoptons les idées de Vaillard, c'est-à-dire que nous les attribuons à une modification réflexe du jeu des vaso-moteurs. C'est de la même façon qu'on peut se rendre compte de la rougeur, avec élévation de la température locale, que Gubler a signalée sur la joue, du côté correspondant à la pneumonie; c'est de la même manière qu'on peut expliquer la différence de température entre les deux côtés du corps chez les pneumoniques (Lépine) (9). Le trouble d'innervation est quelquetois même assez prononcé, du côté correspondant à la pneumonie, pour qu'on voie survenir des abcès (Lépine) (iO). C'est à des troubles réflexes, modifiant la circulation encéphalique, que de très-bons esprits ont attribué la mort subite à la suite de la thoracocentèse, les attaques d'épilepsie à la suite des injections faites dans la poitrine (il). L'analogie permet donc d'admettre l'hyperhémie encéphalique réflexe, à la suite de la pneumonie. Cette hyperhémie peut disparaître rapidement; le délire, dans ces cas, disparaît également vite. Elle peut être tellement intense, qu'elle cause une moi't très-rapide. D'autres fois elle pourra n'amener la mort qu'au

(1) Andral, Clinique, t. III, p. 444; t. V, p. 18.

(2) Choinel, Leçons de clinique méd., t. III, p. 327.

(3) Briquet, Arcii. gén. deméd., 1840, t. II, p. 25.

(4) Grisolle, Traité de la pneumonie, 1845.

(5) Requin, Traité de pathologie, 1846, t. II, p. 152.

(6) Bouillaud, Nosographie méd., 1846, t. Il, p. 37.

(7) Vcrncuil, Thèse de Paris, 1847.

(8) Vaillard, Recueil de mém. de méd. et de chir. mil., juillet 1876.

(9) Lépine, Mém. de la Soc. de biologie, 1867.

(10) Léynnc, Union méd., (é\r. 1876.

(11) Unisn méd., 1875 (juin, juill., oct., nov. 1876).

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