‹ Traité de la paralysie générale des aliénés [electronic resource]Chapitre 86 sur 137 · RHUMATISME · texte numérisé non relu

RHUMATISME

bout d'une dizaine de jours, et alors donner lieu aux symptômes de la paralysie générale aiguë; enfin il doit se renconlrer des cas où elle donne lieu à la paralysie générale chronique ; malheureusement nous n'en avons pas encore observé et nous ne pouvons qu'attirer l'attention sur ce sujet.

Fièvre tijphdide. — Une observation de Parchappe est relative à un homme atteint de fièvre typhoïde, à la suite de laquelle il resta mélancolique et mourut par congestion cérébrale. Les lésions trouvées à l'autopsie indiquent une paralysie générale d'ancienne date. Nous-mème avons recueilli plusieurs observations analogues. Cependant nous devons dire que la paralysie générale, à la suite de la fièvre typhoïde, n'a pas été rencontrée par Nasse (i) sur 2000 cas de fièvre typhoïde suivis 43 fois de folie. Nous avons fait remarquer ailleurs que ce que Beau considérait comme de la paralysie générale aiguë, à la suite des fièvres typhoïdes, n'appartenait pas à la paralysie générale des aliénés.

Rhumatisme articulaire. — On a déjà beaucoup écrit sur la folie rhumatismale. Bon nombre d'auteurs. Lorry, Guislain, Ferrus (2), Mesnet (3), Griesinger, Bail (4), Leloutre (5), Vaillard (5), considèrent la folie chez les rhumatisants comme une forme de l'affection rhumatismale, comme une complication viscérale du rhumatisme, méritant le nom de folie rhumatismale. D'autres affirment que les désordres de l'intelligence, observés dans le cours ou dans la convalescence du rhumatisme, n'ont absolument rien de caractéristique, et qu'ils sont dus, soit à la fièvre intense (Giraud) (7), (Simon) (8), soit à la douleur longtemps prolongée (Christian) (9), soit à l'anémie consécutive.

(1) AU. Zeil. fur Psycli., I87U, p. ±

{i} Ferrus, article RhUiMATisme du DicI . eu 30 vol.

(3) Mesuet, Arcit. de méd., 1856.

(i) Bail, Thèse d'agrégation, 1860.

(5) Leloutre, Thèse de Paris, 1866.

(6) Vailliird, Gai. hebdoin., 1876, cl Recueil de mémoires de médecine el de chirunjie mililaires, jauv. et uov. 1876.

(7) Giraud, Du délire dans le rhumatisme. Paris, 1871.

(8) Siuiou, Arcli. p'ir Psychiatrie und Nervenkrankh. Borlin, 1875.

(U) Christian, Folie consécutive aux maladies aiçjués {Arch. de méd., 1873).

A. VOISIN. Paralysie. 22

338 ÉTIOLOGIE. -

Sans vouloir pousser trop loin l'esprit d'éclectisme, nous u'hésitons pasà dire qu'à notre avis les deux opinions sont fondées en raison, parce que la folie chez les rhumatisants revêt divers aspects.

Dans certains cas, en effet, il faut compter avec l'élément rhumatismal ayant son génie propre, « produisant dans la substance nerveuse une modification obscure, insaisissable » (Trousseau). La fréquence relative de la folie chez les rhumatisants est le meilleur argument qu'on puisse apporter pour soutenir cette opinion; mais le plus souvent c'est à des lésions organiques indépendantes du vice rhumatismal qu'il faut rapporter le délire chez les rhumatisants. Tantôt c'est l'anémie cérébrale et l'épuisement nerveux qui sont enjeu; c'est lorsque la folie survient pendant la convalescence sans être accompagnée de lièvre, comme dans un cas rapporté par Delioux de Savignac (1) et dans un autre publié par Laveran (2). Ces formes sont susceptibles de guérison spontanée; une bonne alimentation en fait souvent justice. Dans d'autres cas, au contraire, et ce sont ceux qui nous intéressent ici, le délire est certainement lié à la congestion cérébrale : il y a alors de la fièvre, un amaigrissement rapide, et quand la mort survient on trouve, à l'autopsie, les lésions habituelles de la congestion cérébrale, comme dans les cas cités par Vaillard; quand la maladie au contraire évolue plus lentement, elle donne lieu à la méningite chronique de la convexité (Jaccoud), à la folie paralytique. Confesse (3) a insisté sur cette influence du rhumatisme au point de vue de l'étiologie de la folie paralytique.

Sidte de couches. — Chez les nouvelles accouchées, le délire a certainement pour cause un état congestif de l'encéphale; le plus souvent ce délire disparaît avec l'état congestif dont il était symptomafique. Parfois il revêt d'emblée les caractères de la folie paralytique : ce fait n'a rien d'étonnant; parfois il ne les revêt qu'au bout d'un certain temps : on peut alors dire qu'il révèle la période intermédiaire. Parchappe en a cité un bel

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