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CONGESTION CÉRÉBUALE DANS LA FOLIE VÉSANIQUE

au bout de trois jours, parce que La fièvre avait reparu (38% i). Nous n'étions pas dans de bonnes conditions pour cnlroprendre le traitemnut par La morphine ; ce retour de la fièvre, bien que passager, l'état général do la malade, qui se refusait à manger et qu'on était obligé de nourrira la sonde, nous imposaient une grande réserve. Cependant le 7 juin, nous reprîmes à très-petites doses le traitement antispasmodique; le 5 juillet, nous ne pouvions encore donner que G centigrammes par jour. Mais le IS juillet, la malade était plus calme, mangeait seule, la dose rie morphine fut portée à 9 centigrammes ; en août, la dose quotidienne était de 24 centigrammes, l'état général était meilleur, mais il y avait encore beaucoup d'incohérence. A la fin d'août, elle reconnut avoir été malade, dit qu'elle « voyait des morts qui chantaient », qu'elle se rappellait tout ce qui lui était arrivé depuis son accouchement : diminution de la dose de morphine. En septembre, elle allait de mieux en mieux, je lui laissai voir son enfant qu'elle embrassa comme une mère raisonnable. A la fin de septembre, cessation du traitement, sortie fin d'octobre. J'ai revu cette femme en janvier 1875, bien portante; elle est revenue me voir tout récemment, février 1877 et juillet 1878, elle a pu avoir un autre enfant sans accidents.

Réflexions. — Il est certain que cette femme, lors de son entrée, avait une folie inflammatoire; l'inflammation encéphalique s'observe assez fréquemment en effet, à la suite des couches, tout comme la pneumonie, la néphrite, etc. D'ailleurs son délire se rapprochait beaucoup du délire qu'on rencontre plus spécialement dans la paralysie générale. Il est infiniment probable que si cet état inflammatoire n'avait pas été combattu et dès le début, cette folie inflammatoire aurait abouti à la folie paralytique. Il s'agissait dans ce cas de folie puerpérale inflammatoire.

Un certain nombre d'auteurs considèrent la folie des nouvelles accouchées comme liée à l'anémie qu'enti^aîne nécessairement la gestation, quelques autres font de la folie des nouvelles accouchées une l'orme spéciale d'aliénation mentale; je crois que ces auteurs sont dans l'erreur (je ne parle ici que de la folie des nouvelles accouchées, je ne parle pas de celle des femmes en gestation). Pour être conséquents avec euxmêmes, les accoucheurs qui considèrent la folie des nouvelles accouchées comme due à l'anémie cérébrale, s'empressent de donner de l'opium à hautes doses; ils ont absolument tort, aussi il faut bien dire qu'ils perdent beaucoup de malades. Ce qui convient, dans ces cas de folie inflammatoire puerpérale, c'est tout d'abord un ti^aitement antiphlogistique, les émissions sanguines doivent être faites avec beaucoup de réserve, à cause de l'état généi^al, mais il faut employer le bromure de potassium, les purgatifs, l'ergotine et les révulsifs locaux. Ce n'est que lorsque tout état inflammatoire est dissipé qu'il faut s'adresser à la médication antispasmodique.

ÉTIOLOGIE.

Observation XLIV. — Folie avec délire général, idées religieuses. Hyperthermie crânienne, guérison par V application de résicatoires et par la morphine.

La née D..., âgée de trente-trois ans, est entrée dans mon service le 15 mai 1875, dans un état de manie aiguë survenue sans cause connue. Il y a quinze ans, accès de folie semblable.

Au début, survenu il y a quinze jours, elle dil à son mari qu'elle avait de l'ennui : elle s'est perdue dans Paris ; le lendemain, elle s'est exaltée sans raison et dit qu'elle allait mourir, a voulu se couper les cheveux.

Ses conversations roulaient sur la religion, les sœurs, la communion.

A son entrée je constatai une exaltation excessive, une incohérence extrême d'actes, de paroles : elle parlait de .Jeanne d'Arc, de fantômes, de momies d'h^gypte,etc. Température axillaire, 37°, 8. Aucun signe somatique de paralysie générale; je fais appliquer à l'occiput rasé un vésicatoire volant. Trois jours après, la température était descendue cà37 degrés, et l'agitation était la même.

20 mai. — Commencement des injections sous-cutanées de chlorhydrate de morphine, 3 milligrammes (matin et soir). — 23 mai. Dose, 12 milligrammes (matin et soir). ■ — 24 mai. Calme depuis hier; elle se rappelle avoir été agitée, avoir entendu des voix qui lui parlaient distinctement, qui lui disaient qu'elle était heureuse d'avoir un mari comme le sien : dose, 18 milligrammes (matin et soir).

8 juin. • — Dose, 3 centigrammes (matin et soir).

A la fin de juin j'ai suspendu les injections de morphine, parce que la température de la tête m'indiquait l'imminence d'une nouvelle poussée congestive; la température prise derrière l'oreille a, en effet, été pendant plusieurs jours de 37", 4 alors que la température axillaire n'était que (le 37%7.

Cette sorte de fièvre locale céda à l'emploi d'un autre vésicatoire et du seigle ergoté. Quand la température derrière l'oreille fut revenue à son chifl're normal, 32 degrés et quelques dixièmes, c'est-à-dire au commencement de juillet, je pus reprendre le traitement par la morphine, et la dose fut montée progressivement à 13 centigrammes (matin et soir).

7 août. — Les injections déterminent de l'assoupissement et ont amené un calme complet. N'a plus d'hallucinations; peut être considérée comme guérie.

La dose est abaissée peu à peu à partir du 8 septembre, et la malade sort le 20 octobre, reconnaissant bien qu'elle a été malade, et racontant toutes les particularités de son délire. Elle nous remercie de nos soins et sort le 27. Je la revois bien portante le 17 avril 187(3 et en février 1877.

Observation XLV. — Folie générale, hallucinations, délire de richesses, de satisfaction, caractères de la démence aiguë. Phénomènes congestifs compliquant l'état nécropatliique. Traitement initial par les révulsifs et les antiphlogistiques ; médication secondaire par la morphine. Guérison. Dose maximum, "ii cen tigrammes par jour. Scarification des conjonctives.

La nommée R..., âgée de vingt ans, journalière, est entrée le 10 avril 1874, dans mon service, dans un état de manie aiguë. Pas d'antécédents héréditaires. La maladie date de quinze jours et paraît être le résultat d'un chagrin de cœur. Pas d'attaques convulsives antérieures ; elle a commencé à dire qu'elle était riche, qu'elle voulait se marier avec un homme riche, qu'elle n'avait plus besoin de travailler, et qu'elle pouvait pisser son temps à lire

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