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CHAPITRE CLXII

Des couleurs.

L'azur et le vert ne sc^nt pas d'eux-mêmes des couleurs simples , parce que l'azur est composé de lumière et de ténèbres , c'est-à-dire d'un noir très-parfait et d'un blanc très-pur, comme il parait par l'azur de l'air , le vert se compose d'une couleur simple , et d'une autre composée, qui sont l'azur et le jaune. Une chose représentée dans un miroir , tient toujours de la couleur du corps qui lui sert de miroir , et le miroir réciproquement se teint aussi en partie de la couleur qu'il représente, et l'un pailicips' d'autant plus à, la couleur de l'autre, que l'objet représenté a plus ou moins de force que la couleur du nâroir;

DE LA PEINTURE. ïS?

et l'objet paraîtra crime couleur d'autarit plus vive et plus forte , qu'il aura plus de conforuillé et de rcsseniblauce avec la couleur du miroir. Des couleurs des corps j celle-là se fera voir de plus loin , qui sera d'un blanc piu3 éclatant; par conséquent, celle qui sera la plus obscure, disparaîtra dans une moindre distance ; enlre les corps d'égale blancbeur, et également éloignés de l'œil, celui qui sera environné d'une plus grande obscurité, paraîtra le plus blanc; et au contraire, l'obscurité qui paraîtra la plus grande, sera celle qui sera environnée d'une blancheur plus éclatante. Entre les couleiu's d'une égale perfection; celle-là paraîtra plus excellente, qui sera vue auprès de la couleur qui lui est directement contraire , comme le rouge , avec ce qui est pale , le noir avec le blanc ( quoique ni l'une ni l'autre de ces deux: ne so ent au rang des couleurs ) , le jaune doré avec l'azur, et le vert av'ec le rouge ; parce que cliaque couleur paraît davantage auprès de celle qui lui est contraire , qu'auprès de celle qui a de la conformité avec elle. Une chose blanche qui sera vue dans un air obscur et plein de vapeups , paraîtra pliss gninde qu'elle n'est en eiVet; ce qui arrive, parce que, comme je l'ai dit auparavant, une chose claire semble s'augmenter dans un champ obscur, pour les raisons que j'ai apportées. L'air (jui est

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entre Toeil et la chose vue , communique sa j)ro})rc couleur à celle chose , comme l'air i)leuàlre (]ui t'ait que les montagnes vues de loin paraissent tic couleur d'azur. Le verre rouge fait que tout ce qu'on regarde au travers paraît rouge; la lumiùre que font les éloiîes autour d'elles, esl toute oiîusquée par les ténèbres de la nuit , qui sont entre l'œil et ces étoiles. La vraie couleur de toute sorte de corps paraît dans l'endroit où il n'y a aucune ombre et aucune lumière éclatante. Dans toutes ces couleurs , je dis que les clairs qui viennent terminer avec les ombres , l'ont qu'aux extrémités où ils se rencontrent, les ombres paraissent plus obscures et plus noires, et les clairs plus blancs et plus éclatans. ( Koyez Vobsermtion du cJiap. CXXJ, )

CHAriTRE CLXÏIL

De la couleur des montaones»

Une montagne qui est éloignée de l'œil, si elle est d'une couleur obscure, paraîtra d'un plus bel azur qu'une autre qui sera moins obsciu'c , et la plus obscure sera la plus haute et la plus couverte de bois ; parce que sous les grands arbres il s'y trouve encore d'autres ])elits arbrisseaux qui paraissent obsciu's , le jour d'en haut

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leur étant uté par les plus grands; outre que les arbres sauvages des forets sont d'eux-mêmes encore plus sombres que les arbres cultivés ; car les chênes , les fouteaux , les sapins , les cyprès , les pins 5 et tels autres arbres champêtres, sont beaucoup plus sombres que les oliviers que nous cultivons. Vers la cime des hautes montr;gnes oii l'air est plus pur et plus subtil, l'azur paraîtra plus pur et pUiS noii' que vers le pied des montagnes où l'air est grossier. Une plante paraît moins détachée de son champ , lorsqu'elle est sur un autre champ , dont la couleur approche de celle de la plante ; le contraire arrivera si ces deux couleurs sont contridres l'une à l'autre. Dans Uii objet blanc, le coté qui approchera plus près du noir paraîtra plus blanc; et au contraire, le coté qui sera plus éloigné du noir ou de l'ombre , paraîtra moins blanc , et la partie du noir qui sera plus près du blanc paraîtra plus obscure; et le contraire arrivera, si elle en est

éloignée.

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