CHAPITRE CLXIV
Comment un Feintre doit iiiellrc en -pratique la perspectii^e des couleurs.
Pour bien mettre en pratique cette perspective dans le changement , l'aifaiblissement et la
ï6o TRAITE
tléoTadation des couleurs , vous prendrez , de cent en cent brasses , quelque termes fixes dans la campagne , comme sont des arbres , des maisons , des hommes ou quelqu'aulre lieu remarquable ; et si c'est, par exemple , un arbre , vous aurez un verre arrêté bien ierme , et votre œil demeurant ferme dans la même situation, dessinez sur ce verre un arbre , suivant le contour de celui que vous av ez devant les yeux , puis retirez-vous en arrière jusqu'à ce l'arbre naturel vienne presqu'à paraître égal à celui que vous avez dessinez ; après quoi colorez votre dessin de telle sorte, que par sa couleur et par sa forme il ressemble à l'arbre naturel que v ous voyez au travers de votre verre, et que tous les deux , en fermant un œil , vous paraissent peints, et également éloignés de voire œil ; continuez cette même règle à l'égard des autres arbres de la seconde et de la troisième distance de cent en cent brasses , d'espace en espace , et que ces études vous servent comme une chose fort utile, à quoi vous devez avoir recours en travaillant ; cela vous sera d'un grand usage pour ;es lointains : mais je trouve, par l'observation que j'en ai faite , que le second objet diminue de 4 cinquièmes du j)reniier, lequel en serait éloigné de vingt brasses. ( Fof, Vobseiy. du chap. xxxfi. )
CILVPITRE
P] . 2 . CliapiLre CL XV,
DE LA PEINTURE. j6i