‹ Traité de la peintureChapitre 4 sur 298 · LE POUSSIN A M. BOSSE · texte numérisé non relu

LE POUSSIN A M. BOSSE

tt J'ai eu quelquefois du plidsir et ai profité >i des divers jugemens que l'on a faits de moi » ainsi à la hastc , comme accoustumé de faire » nos François qui en cela se trompe souvent ; » je vous suis redevable d'en avoir jugé favo- » rablement : si vous me régalez de vos derniers :p ouvrages , j'en ferai le mesme estime que des 5i> autres que j'ai de vous, que je tieqs très-. ï> phers,

PREFACE. vij

« Pour ce qui concerne le livTe de Léonard

» de Vinci , il est v ray que jay dessiné les figu-

» res humaines qui sont en celui que tient Mou-

» sieur le chevalier Dupuis ; mais toutes les

>» autres , soit geométrales ou autrement , sont

» d'un certain Gil-Alberti , celiiy la mesme qui

1) a tracé les planches qui sont au livre de la

» Rome sousterraine ; et les Gaiifes paysages qui

» sont au derrière des figures humaines de la

y> copie que Monsiem' de Ghambray a (îiit impr;-

» mer y ont esté ajouts par un certain Ernu^d ,

» sans que j'en aye rien sceu, etc. »

Ce n'est point ici le cas de donner de la publi cité à la fin de la lettre du Poussin ; elle est ter minée par une diatribe contre le livre de Léonard, qu'on ne peut raisonnablement attribuer de la part d'un homme aussi moral, qu'à l'amourpropre fondé d'un vieillard qu'on olîense , ou à un mouvement d'humeur bien pardonnable > auxquels le jugement ne participait en rien. On ne peut d'ailleurs douter du cas que le Poussin faisait de Léonard , puisque dans une aub'e lettre de lui, adressée à Stella, en lui envoyant son tîibleau de la Manne ^ qui décore aujourd'hui L'

viij PRÉFACE.

Muséum, il justifii; la conduite qu'il a tenue clai)| la dislribution de ses figures, dans l'exprès^ sion et la variété , en s'appuyant des préceptes de Léonard de Vinci. Cette lettre adressée à M. Bosse , ainsi que plusieurs autres pièces dont j'ai connaissance , prouve qu'on avait singulièrement désobligé le Poussin dans la publication du Traité de la Peinture; ou au moins je crois avoir découvert qu'il avait été consulté , lui et plusieurs habiles gens de son temps avec qui il étiiit en relation , et qu'on ne suivit en rien leurs

En M. D. ccxvi on publia une petite édition in-12^ copiée sur la version en français que M. de Chaml)ray avait donnée du Traité de la Peinture ; l'éditeur annonce , flans la préface , que les ligures de cette édition sont gravées d'après les dessins originaux du Poussin , qui sont à la fin d'un manuscrit dont il a eu communication. Il ignorait apparemment les détails dans lesquels nous sommes entrés sur les éditions de i65i, et les jui.icieuses critiques qu'on en fit dans les temps ; car , au lieu de corrections , les défauts sont plus sensibles et les figures d'optique et géomélrales 7 très-défectueuses, d'ailleurs

PREFACE. k

gravées en bois et souvent inintelligibles pour le texte.

En l'an iv (1796 ère vulg. ) on en publia une nouvelle édition in-^.^ ; elle fut annoncée comme ayant été revue par des professeurs ; nous l'avons confrontée avec les anciennes éditions , notamment celle de m. d. ccxvi ; excepté quelques changemens dans l'ortographe du temps 5 on n'y voit aucune confection dans les figures ; ce sont les mêmes planches , la même préface , avec la vie de l'auteur , que l'on trouve à la tête de l'édition in-12. , traduite d'après celle que Trichet-Dufresne a composée en italien , et qu'il a jointe à l'édition itîdienne de i65i.

Mes observations et mes recherches sur Léonard de Vinci , ayant donné lieu à cette nouvelle édition du Traité de la Peinture , j'ai profité de la direction qui m'en a été confiée pour revoir toutes les figures avec le plus gi'and soin , et corriger les fautes qu'on reprocfiait dans les anciennes éditions, et d'après même de nouvelles observations qui ont échappé aux critiques du temps. J'ai encore profité de la critique du Poussin , au sujet des paysages ; car en les traitant de GoJJ'es , il entend par cette expression

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