‹ Traité de la peintureChapitre 5 sur 298 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

qui veut dire mal-fait, grossier , lourd ^ que leur motif, qui doit être la démonstration de la perspective aëiienne et l'explication des ettets de la lumière dans l'air et sur les corps éclairés , ils ne sont plus que des images superflues , s'ils ne répondent pas aux instructions de l'auteur.

Pour cette fin, j'ai eu l'honneur de trouver un manuscrit du Traité de la Peinture en italien , où sont intercèdes les dessins originaux du Poussin. A travers le lavis et les coups de plume dont ils sont couverts par le sacrilège Errard , on reconnaît encore la main savante qui les a tracés. Ce manuscrit porte pour premier titre : Opinione di Lionardo da Vinci circa il moda di dipignere prospective , oinbre , lontananzze , alezze , lassezze , d'apresso , et da discosto , et altro ; le second titre : Régale e precetti délia Pitura di Lionardo da Viuci, A la tôle du manuscrit se trouve la Vita da Vinci descrita da Giorgio Vasari Aretino ne lihri délie vite de pittori.

C'est sur ce manuscrit , et sur les grandes éditions de i65i , que j'ai fait toutes les corrections dans les figures et le texte pour cette nouvellti édition.

J'ai préféré au fini extrême dans les paysages,

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qui aurait entraîné à des frais consitîérables , rendre avec intelligence ce ton diaphane et d'urgence qui démontre les phénomènes de la vision et l'effet de l'optique , par les ressorts de la perspective aérienne, qne l'auteiu' développe sur cette partie intéressante de la Peinture , et qu'il répète souvent dans plusieurs chapitres , avec diverses applications pour en faire connaître l'iniportruice. Jai corrigé plusieurs contre-sens dans les fig. d'optique, notamment dans \<ifg. 5, jfl. 35. ( V. la note i , p ag, 97. ) A la suite de plusieurs conférences av^ec plusieurs habiles gens , je me suis trouvé presque autorisé à ajouter quelques leçons , pour rendre ce livre élémentaire et classique, parce qu'il ne saurait être trop tôt entre les mains de la jeunesse : c'est à elle que je l'adresse , elle y trouvera des préceptes de Peinture et de morale ; elle apprendra à se former 1 esprit, à mûrir son jugement, et un gii'de sûr pour diriger avec fruit les études du bel art de la Peinture. Je l'adresse aux pères de famille, pour régler leur conduite et celle de leurs enfans , lorsqu'ils les destinent aux arts. Je Tadresse encore aux instituteurs , pour former lie bonne heure le goût de la jeunesse aux beaux-

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arts , et préparer des amateurs éclairés qui nous rappellent un jour ces beaux temps deranliquilé où Ion voyait les grands et les magistrats, dans leur repos , cultiver , honorer les arts , et faire briller leur luxe , en acquérant , à grands frais , les tableaux de la main des Peintres célèbres.

La vie de Léonard , que je donne , est une refonte de toutes celles qui ont paru jusqu'à présent , et de tous les écrits , tant en italien qu'en français , que j'ai pu me procurer. Celle que Raphaël Triche t-Dufresne avait composée en italien, et qu'on trouve dans l'édition de i65i , est très-belle ; j'en ai traduit beaucoup de morceaux; mais on y trouve de grandes fautes, tant sur les ouvrages que sur les faits liistoriques qui le concernent. Son traducteur a suivi les mêmes erreurs. Vasari , qui est la source où ont puisé long-temps ceux qui en ont écrit , n'a pas cependant tout dit , parce qu'il n'était pas luimême à la hauteur des connaissances de Léonard; et c'est la raison qui autorise le reproche bien fondé que lui fait M. Mariette. « Il semble, dit- » il, que Vasari affecte de relever certaines 3> minuties qui ne sont guères dignes de Léo- « nard , peut-être pour faire paraître plus grand

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r> Micliel-Ange qui est le principal objet de ses ?> louanges. » M. Mariette qui a eu l'avantage de posséder plusieurs manuscrits précieux sur Léonard , nous en apprend plus que tous ceux qui l'ont précédé ; il est entré dans les plus grands détails sur sa vie et sur les pièces qui ont été gravées d'après ses ouvrages. Il en a fait un catalogue qui se trouve actuellement incomplet depuis la belle gravure d'après la cène, que vient de puljlier Piapliael Morghen. Ce chefd'œuvre nouveau doit y figurer, pour venger la mémoire de Léonard , d'avoir été presque toujours mal gravé.

M. J.-B. Yentm'i , professeur de physique à Modènè , est un de ceux qui ont écrit sur Léonard , de la manière la plus distinguée : en lui conservant sa gloire en Peinture , il le fait encore connaître aussi glorieusement sous d'autres rapports ; et bientôt , à la f iveur des recherches qu'il se propose de faire sur cet homme extraordJîiaire , Léonard de Vinci , après trois siècles de réputation en Peinture, sera encore placé au rang des savans du premier ordre (i).

(i) Les sciences attendent avec empressement les fe-avaux de Léonard sur la mécanique , l'hjdrauli<jue et

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J'ai indiqué les tab'eaiix et les dessins tle Lconard, leur destinée dans la succession des temps : ceux dont on n'a connaissance que par l'histoire, et ceux qui ornent aujoui'd'hui la galerie du Muséum.

Ne laisser à désirer que le moins possil^le sur la vie et les ouvraîies de ce si'and honune , comme Peintre , voilà toutes mes prétentions ; si le public daigne accueillir mon zèle , je me trouverai assez récompensé.

Je profite de cette occasion favor'able pour tendre publique la reconnaissance que je dois à ?kJM. Fragonard , Vincent , membres de rins»tltut 5 MM. Dutliell et Gaperoimier , conservateurs des imprimés et des manuscrils à la Biblio^ théque nationale , Morel , conservateur des des'-

l'optique, que M. J.-B. Venturi a promis de publier. Ce savant professeur de physique à Modènc , de l'Institut de Bologne , s'en est déjà montré digne dans un Essai sur les ouvrages phjsico-maihcinaticjnes dé Léonard , avec des fragmens tirés de ses manusciits-, et d'une notice sur la partie de ses travaux qui appartiennent aux sciences et aux arts mécaniques et à la.' Peinture, publié à Paris, an v. ( 1797. )

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