DE L'AUTEUR. XXV
les regards. Dans la chimie , il trouva les moyens danaljser les matières et les rendre assez suhtilts pour peindre aux yeux l'espace et la lumière. Dans l'étude de l'anatomie , il trouva l'art de caractériser toutes les actions animales et toutes les passions qui se manifestent par les mouvemens divers que les affections de Tâme font agir en dehors ; et dans ses profondes méditations en mathématiques, il réduisit à l'unité et à la régularité la composition et la scène en Peinture. Fidèle disciple d<* la nature , il ne fut jamais ingrat envers elle, parce qu'il la considérait comme le plus parfait original des belles choses^ ainsi que dit Platon.
Pour faire l'éloge d'un si grand homme, il faudrait réunir la science à l'éloquence, cai' la Peinture ne fut, pour ainsi dire, qu'une partie de ses occupations (i) 5 il est aussi prodigieux «dans ses » spéculations sur les branches de la science natu- » relie qui tiennent de plus près à la géométrie » (2). Ses manuscrits , qu'on a conservés avec soin , ont cependant été long-temps ignorés des sciences, parce qu'ils n'ont jamais été vus pai' des savans au niveau de ses connaissances. Ne serait-ce point encore
(i) Les tableaux de Léonard sont très-rares, on eu a perdu yjlusieurs ; il paraîtrait cependant assez vraisemblable qu'il n'en a pas fait un grand nombre; car, comme il e'tait trèsdiflicilc dans 1rs objets qu'il se proposait de soigner , il employait un temps considérable à finir ses ouvrages. Il jïcignaic même très-peu à fresque , parce que cette manière de peiudcs exige une grande promptitude dans l'exécution.
("ï) Vcaturi, p. .[.