‹ Traité de la peintureChapitre 86 sur 298 · CHAPITRE LXXVi · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXVi

Des endroits oii la lumière ne peut être réJJêchiei

Les superficies des corps épais sont cilvirorH nées de lumières et d'ombres qui ont des qualitésl différentes. On dislingue deux sortes de limiières^ l'une quoii appelle originale , et Fautre cju on. appelle dérivée : la lumière originale est ceUef d'un corps , qui ne la reçoit point d'ailleurs, et qui l'a dans lui-même , comme le feu , le soleil et môme l'air, qui en est pénétré de tous cotés, quoiqu'il la reçoive du soleil. La lumière dérivée" est une lumière réfléchie, une hniiière qii'ui^ corps reçoit d'ailleurs , et qu'il n'a point «le lui^ même. Venons maintenant au sujet de ce cïïapitre. Je dis qu'un corps ne réllécliira point tlcj lumière du cùté qu'il est dans l'ombre , c'est-à-^ dire , du côté qui est touriK; vers quelque lievl

sombre , à cause des arbres , des bois , des herbes qui l'empêchenl de recevoir la himière ; et quoique chaque branche et chaque feuille reçoive la lumière vers laquelle elle est tournée , cependant la quantité de feuilles et de branches forme un corps opaque que la lumière ne peut pénétrer : elle ne peut pas même être réfléchie sur un corps opposé, à cause de l'inégalité des surfaces de tant de feuilles et de tant de branches ; tellement que ces sortes d'objets ne sont guère capables de réfléchir la lumière et de faire des reflets.

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