XIV INTRODUCTION
constants, immanquables, qui caractérisent la vraie Pellagre, afin de pouvoir la distinguer, dans tous les cas, d'autres maladies qui peuvent lui ressembler et ne plus tomber dans l'erreur. » Mon but sera atteint si j'ai enfin répondu aux conditions de ce programme, en présentant, dans les Tableaux descriptifs de ce Traité, la Pellagre telle qu'elle est, c'est-à-dire débarrassée, quant à ses symptômes, de tout élément étranger et débarrassée aussi, quant aux lois de son évolution, des fausses interprétations suggérées par des théories arbitraires.
Je n'ai plus que quelques mots à ajouter. L'Académie des Sciences s'est saisie de la question de la Pellagre, au moment où les Pseudo-pellagres françaises avaient mis le comble aux obscurités de ce sujet. D'après le programme du Concours institué pour 1864, Y Histoire de la Pellagre, telle que la Commission académique la comprenait, devait être étudiée : 1° dans les faits propres à la maladie de ce nom, endémique dans diverses contrées ; 2° dans les faits publiés en France sous le nom de Pellagre sporadique ; 3° dans les laits plus récemment introduits dans la science sous le nom de Pellagre des aliénés.
Cette division dans le programme laissait subsister une question préalable : celle de savoir si les faits de ces trois catégories étaient identiques, s'ils appartenaient à une seule maladie. On a déjà vu que, pour moi, cette question se résolvait négativement : que les faits des deux derniers groupes n'appartiennent pas à la Pellagre et ne constituent pas une unité nosologique ; que ceux du premier groupe, au contraire, se rattachent à un type nosologique défini et à une cause définie aussi expérimentalement.
J'ai présenté au jury de l'Institut, à l'appui de ces conclusions, non pas un livre achevé, mais plutôt un dossier préparé en conscience et accompagné des preuves nécessaires au succès d'une cause, par laquelle d'ailleurs 'je me sentais mieux soutenu que par mes propres forces. C'est cette cause, c'est-à-dire la vérité scientifique, qui a protégé mon œuvre, malgré son insuffisance et lui a assuré le prix du Concours.
L'illustre Rapporteur delà Commission a proclamé : « Que les cas recueillis par M. Landouzy forment une catégorie de faits dont la nature indéterminée pourra être éclairée par de nouvelles recherches. » En attendant, il admet : « Que la Pellagre de M. Landouzy a des ressemblances plus apparentes que réelles avec la Pellagre endémique, et ne peut exercer aucune influence sur la doctrine étiologique de celle-ci. »
Quant aux faits publiés par M. Billod, le Rapporteur s'exprime