‹ Traité de la pellagre et des pseudo-pellagresChapitre 11 sur 68 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

encore plus clairement, en disant : « Que, dans l'opinion de la Cornmission, ce que ce médecin a nommé Pellagre des aliénés na pas de rapport avec la maladie qui, sous forme endémique, ravage plusieurs contrées. »

Enfin à l'égard de la Pellagre endémique, M. Rayer déclare : « Que si elle est due à un empoisonnement lent par un épiphyte délétère, on a le moyen de la guérir ou de la prévenir et de faire disparaître une endémie qui afflige d'une façon cruelle de beaux pays. » La suite du rapport prouve que la Commission a pleinement accepté les démonstrations que j'ai tenté de donner sur ces points, à l'aide de faits qui lui ont paru décisifs, et qui prouvent péremptoirement, suivant elle, que la Pellagre a sa cause circonscrite dans V alimentation et dans V alimentation avec le maïs altéré. »

Il y a quelques années, un critique anglais, ému par le contraste des discussions où la science paraissait s'égarer et du délaissement auquel une des classes les plus utiles de la Société était abandonnée, au cœur de l'Europe civilisée, a dit « que la Pellagre était l'opprobre de la médecine. » Personne n'est tenu plus que moi au respect pour le jugement de la Commission dont M. Rayer a été l'organe. C'est pourquoi je regrette davantage qu'en faisant cesser la déplorable confusion de faits et d'opinions qui semblait justifier ce mot trop dur, elle n'ait pas réclamé plus instamment la solution définitive des questions pratiques, par l'action combinée de la science et de l'autorité administrative.

Puissé-je du moins, démontrer aux lecteurs de cet ouvrage, qu'il n'y a point de question d'bygiène publique et de médecine sociale mieux éclairée que celle de la Pellagre, dans son origine et son histoire, ni plus avancée dans les moyens de traitement et de prophylaxie. Je ne connais, pour mon compte, aucune question plus propre à établir que la médecine n'est pas toujours réduite, comme on le lui reproche, à opposer aux souffrances humaines les ressources d'un art conjectural, mais qu'elle rend à la société les services les plus positifs, en découvrant les causes matérielles de certaines maladies populaires et signalant aux pouvoirs publics des moyens pratiques d'un effet certain pour supprimer ces fléaux.

Théophile Roussel.

Paris, décembre 1865.

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