INTRODUCTION. XIII
symptômes qui expriment directement l'intoxication alimentaire par le maïs de ceux qui n'en sont que les effets éloignés et peuvent être des effets complexes de causes accessoires , c'est-à-dire qu'il faut distinguer la pellagre proprement dite de là cachexie despellagreux.
On verra, dans les tableaux tracés d'après les faits cliniques, dans la Première Partie de ce Traité, que la Pellagre proprement dite n'est pas plus une cachexie qu'elle n'est une Triade, mais qu'elle est constituée par une série de symptômes dont les plus essentiels sont des désordres nerveux de nature spasmodique. C'est seulement par le retour des intoxications alimentaires, dont la fréquence et l'intensité règlent la marche de la maladie, qu'on voit s'ajouter de nouveaux traits dont l'ensemble constitue la Pellagre cachectique ou Cachexie pellagreuse.
Cette Pellagre cachectique étant celle qu'on observe le plus souvent dans les Hôpitaux, il était naturel qu'on y prît le type de la maladie; et ce type, une fois accepté, les méprises devenaient inévitables. Les cachexies, en effet, qui ne sont pas des maladies ni des états simples , mais des résultats secondaires et complexes de maladies, se rapprochent, malgré les différences de leur origine, par une certaine physionomie commune, liée au dépérissement général. Ordinairement les individus arrivés à cet état, ont le système nerveux très-débilité ; ils présentent assez souvent des dispositions diarrhéiques, et tous les agents physiques, notamment l'insolation, deviennent facilement pour eux des causes de maladies. Qu'un coup de soleil ou toute autre altération cutanée, se produise dans ces conditions, et l'on aura une de ces cachexies pella* groïdes ou pseudo-pellagres, qui naguère ont fait tant de bruit sous les noms de Pellagre sporadique et de Pellagre des aliénés.
J'ai consacré la Deuxième Partie de ce Traité à l'analyse critique de ces derniers faits et à l'étude des causes d'erreur auxquelles ils se rattachent. Ces Pseudo-pellagres n'ont jamais été rares en Italie, et n'ont pas toujours échappé à l'œil sagace de nos compatriotes qui ont visité les Hôpitaux de Lombardie. On sait que M. le docteur H. Larrey en est revenu, il y a peu d'années, avec la conviction qu'on donnait trop d'extension à la Pellagre, en appliquant ce nom à des états morbides mal déterminés, liés à des apparences plus ou moins cachectiques. C'est un juste sentiment de la fréquence et des inconvénients de ces méprises, qui dictait encore au Dr A. Bassi ce vœu auquel aucun ouvrage, que je sache, n'a répondu : «Je voudrais, disait-il (1), que l'on indiquât quels sont les symptômes
(1) Loc. cit., p. 25.