‹ Traité de la pellagre et des pseudo-pellagresChapitre 2 sur 68 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

poursuivant : d'abord, que rien n'a changé dans les éléments du milieu extérieur; ensuite, que les pays à pellagre présentent, entre eux, les différences les plus tranchées quant aux conditions atmosphériques, aux dispositions physiques et à la structure géologique du sol, en un mot, à toutes les circonstances qui peuvent influer sur la santé des populations.

Il fallait tirer de là cette conclusion : que la maladie populaire dont le nom' lombard de Pellagre (1) a prévalu en nosologie, n'est pas une maladie endémique, à proprement parler, puisqu'elle n'a pas sa cause directe dans l'air, ni dans les eaux, ni dans les lieux, ni dans aucun des éléments dont se compose la topographie médicale d'une contrée.

En avançant dans l'étude, j'étais frappé de voir ceux qui ont observé les faits de très-près, accuser tous l'alimentation, et les plus judicieux s'attacher, avec une conviction plus forte que des objections en apparence invincibles, à désigner le maïs comme Y aliment pellagrogénique. Une confirmation remarquable a été apportée à cette manière de voir par l'histoire des faits économiques. Elle a prouvé que la pellagre n'a paru sur aucun point de son domaine actuel qu'à la suite d'un changement dans le régime alimentaire des classes rurales, changement consécutif â l'introduction du maïs dans les cultures et à l'abandon des céréales indigènes moins fécondes qui avaient fourni jusque-là aux cultivateurs leur principale nourriture; que partout les invasions de cette maladie, ses disparitions, ses retours sous forme épidémique ou sa persistance sous forme sporadique, tous ses déplacements et ses vicissitudes se montrent étroitement liés aux vicissitudes du régime alimentaire à base de maïs.

Malgré ce qu'ont de très-frappant ces concordances entre une révolution de l'ordre économique et le grand fait pathologique dont il est question, on pouvait trouver des arguments pour n'admettre que des coïncidences là où tout semblait indiquer un rapport de cause à effet. Mais un autre ordre de preuves, vraiment expérimentales et qui sont décisives, a été fourni par la thérapeutique et la prophylaxie. Elles se résument en cette proposition qu'aucun fait n'a contredite jusqu'à ce jour, savoir: que la guérison de la pellagre est constamment obtenue, à tous les degrés où ce mal est curable, par la seule soustraction des malades à l'action de leur aliment prédominant tiré du maïs; que cette soustraction devient un préservatif

(1) Le véritable nom est Pdagra. C'est ainsi qu'on le trouve dans l'ouvrage de Frapolli.

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