INTRODUCTION. VII
infaillible; qu'il n'y a point de remède, ni de préservatif assuré sans cette condition.
Telles sont les principales données de l'étude historique, de l'observation directe et de l'expérience pratique qui, dans ce Traité, sont désignées sous le nom de zéisme, expression usitée en Italie, dans les polémiques, quoiqu'elle n'y ait pas représenté jusqu'ici une doctrine complète.
Comment le maïs est-il devenu en Europe la cause de la pellagre? Quelques lignes empruntées (1) au docteur Agostino Bassi répondent bien à cette question : « Tous ceux, disait ce médecin, qui ont écrit sur la pellagre, à l'exception de quelques-uns qui ont mal raisonné, attribuent cette terrible maladie à l'usage continuel du maïs comme aliment ; mais en vérité c'est à tort que l'on condamne cette précieuse céréale, elle est entièrement innocente; la faute est tout entère à l'homme qui en fait mauvais usage. »
D'après l'opinion zéiste la plus ancienne et longtemps la plus répandue le maïs agirait surtout comme aliment insuffisant à la réparation organique. Mais cette opinion, même avec les formes rajeunies que MM. Lussana et Frua lui ont données, satisfait mal aux conditions du problème à résoudre et l'on est forcé, par l'analyse des phénomènes pathologiques, de chercher une altération quelconque dans la matière alibile du maïs pour expliquer les effets délétères de ce grain.
Des analogies d'un haut intérêt se sont révélées dans cette recherche. Il se trouve que les grains des graminées indigènes employés à l'alimentation des masses peuvent aussi, comme ceux du riz et du maïs, donner lieu à des maladies populaires; que ces maladies, fréquentes autrefois, sont devenues plus rares en Europe, par suite de diverses améliorations ; qu'elles ont disparu de quelques contrées où la pellagre s'est introduite à la suite du maïs ; qu'elles ont surtout leur domaine dans les pays froids ou humides où les récoltes sont plus facilement compromises; qu'ainsi : dans les mauvaises années, après des intempéries, on les a vues prendre les proportions d'épidémies terribles, comme celles dont Linnée, et beaucoup d'autres, ont laissé les tableaux, sous les noms de Raphanie, Mal de la crampe, Convulsion céréale, Fièvre maligne spasmodique, Maladie du fourmillement (Kriebelkrankheit), etc.; qu'elles ont régné presque en permanence dans certains milieux; enfin, que ces maladies populaires ontdécru et même disparu tout à fait par l'effet de certaines réformes et l'adoption de procédés d'économie domestique dont le plus impor-
(1) Discorsi sulla natura e cura délia Pellagra, etc., p. 1.