CHAPITRE VI
Suite de l'étiologie. — Étude du régime alimentaire. — Salaisons. — Manque de vin. — Aliments divers. — Alimentation avec le maïs. — Coup d'œil sur l'Histoire du Zêisme en Italie. — Zanetti. — Thouvenel. — Fanzago. — Doctrine de Marzari sur l'alimentation privée de gluten. — Opinion de Guerreschi sur l'action toxique du maïs altéré. — Phase nouvelle de la doctrine zéiste depuis 1845. — Travaux du docteur Balardini et de l'auteur. — Corrélations historiques et géographiques entre les progrès de la culture du maïs en Europe et les développements de la pellagre. — Caractères positifs et pratiques du zéisme actuel. — Discordances et inconséquences des opinions antizéistes. — Théories particulières du zéisme : 1° Théorie de l'action spécifique du verderame ou sclérotisme ; 2° théorie de l'insuffisance de la réparation nervéo-musculaire par défaut d'aliment protéinique.
Il a été démontré, dans les chapitres qui précèdent, que la pellagre ne doit pas être appelée un Mal de misère, et l'on voit déjà que s'il fallait chercher un nom applicable à l'ensemble des faits, on pourrait l'appeler un mal de mauvaise nourriture ; mais cette expression elle-même manquerait de précision.
Dans la série des travaux dont la pellagre a été l'objet en Italie depuis le règne de Joseph II, on remarque une espèce de conflit permanent entre l'imagination médicale enfantant des théories écologiques et l'observation des praticiens établissant incessamment, par des faits, que la cause de la pellagre ne doit pas être cherchée dans l'air, ni dans les eaux, ni dans les lieux, mais qu'elle réside dans de mauvais aliments.
Les observateurs ne sont pas arrivés du premier coup à la vérité. Un champ d'observation trop étroit en a condamné un grand nombre à d'inévitables méprises. Ainsi, Jacopo Penada crut trouver la cause du mal dans le manque de vin et l'usage des viandes salées. Il ignorait que les populations qui font le plus grand usage des salaisons ne connaissent pas la pellagre; que beaucoup de pellagreux consomment peu de ces viandes et font du sel marin une si faible consommation que cette dernière circonstance a pu être considérée comme un défaut important de l'alimentation des pellagreux.
Le manque de vin est un fait général parmi les populations pella-
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greuses, et il y a là incontestablement un élément d'étiologie, dont les faits énoncés au second chapitre de ce livre montrent l'importance; mais ces faits établissent que cet élément, impuissant par lui seul à produire la maladie, n'agit que comme cause prédisposante, et qu'il faut chercher la cause efficiente spéciale dans le mauvais régime qui se combine avec lui.
On a cherché cette cause dans tous les mauvais aliments qu'on rencontrait dans les chaumières des pellagreux, les uns accusant le mauvais pain de seigle, d'autres les pâtes faites avec le sarrasin, d'autres le millet, d'autres le riz; mais le plus grand nombre s'est obstiné à accuser les pâtes ou le pain de maïs.
Zanetti, qui, le premier en Lombardie, a étudié la pellagre dans les campagnes, déclara plus nettement que ne l'avait fait Casai, dans les Asturies, que l'une des principales sources du mal résidait dans la nourriture des paysans et^ en particulier, dans le grand usage qu'ils faisaient des aliments tirés du maïs.
Avant la fin du siècle dernier, cette opinion, née de l'observation des faits, s'imposa à l'esprit de plusieurs auteurs qui avaient précédemment soutenu d'autres manières de voir. On la trouve, en 4778, dans le Traité du climat d'Italie, où Thouvenel avait développé son hypothèse d'un changement dans les conditions atmosphériques de la vallée du Pô. Le médecin français indique deux arguments contre le maïs : il le montre constituant partout l'aliment principal des pellagreux; il remarque, déplus, une concordance entre l'époque où la culture de cette céréale s'était étendue dans l'Italie septentrionale et l'époque où la pellagre avait commencé à y régner.
Cette idée, qu'il fallait chercher dans le maïs la nourriture pellagrogénique, suivant une expression italienne, devait trouver un accueil peu favorable dans les grandes villes, devant les corps savants et parmi tous les hommes qui faisaient surtout de cette question une étude spéculative et auxquels ne manquaient pas des arguments spécieux et, à première vue, péremptoires, pour absoudre la belle céréale américaine, qui avait, disait-on, porté avec elle l'abondance dans les campagnes italiennes. Cependant, beaucoup d'esprits attentifs, qui ne subissaient pas à l'aveugle le joug d'une idée préconçue, se ralliaient à cette opinion reproduite obstinément par les médecins ruraux. Déjà Titius, quoique engagé dans les entraves d'une hypothèse étiologique de son invention, avait admis, à côté d'un vi* rus spécial, l'alimentation avec le maïs comme cause de la maladiet Mais le retour d'esprit le plus remarquable fut celui de Fanzago. Après avoir été longtemps éloigné de cette opinion, le professeur de
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Padoue finit par lui accorder une telle valeur, qu'on le vit, sur la fin de sa vie, disputant à Marzari la priorité de ses doctrines zéistes. En réalité, il avait considéré le maïs, non comme un aliment insalubre, mais comme un aliment insuffisant (1) ; il n'osait pas accuser cet aliment de produire à lui seul la maladie, puisqu'on ne l'observait pas partout, notamment dans les villes. Toutefois, il reconnaissait que dans les villes on l'associe toujours à d'autres aliments nourrissants, ce qui n'a pas lieu à la campagne; que les viscères digestifs doivent être d'autant plus facilement lésés chez les campagnards qui se nourrissent exclusivement de polenta, qu'ils ne joignent à cette mauvaise nourriture qu'un peu de mauvais vin et des eaux mauvaises; qu'il arrive enfin très-souvent que le maïs ne parvient pas à maturité parfaite dans l'Italie septentrionale et qu'alors il fournit une nourriture tout à fait malfaisante.
C'est sous cette forme vague que le zéisme se présentait au commencement de ce siècle, lorsqu'il trouva, dans un médecin qui avait observé les pellagreux pendant plus de vingt ans dans les campagnes du Trévisan, un promoteur intrépide qui lui donna la consistance d'une doctrine. Il a été question, dans un précédent chapitre, du rôle qu'ajoué, dans l'histoire de lapellagre, Y Essai médico- politique publié en 4810 par Marzari. g L'apparition de la maladie, y est-il dit, est précédée de l'usage continuel, ininterrompu de la nourriture végétale pendant la longue saison d'hiver. Cette nourriture se compose presque entièrement de blé de Turquie, presque toujours cinquantain, presque jamais mûr, parfois moisi, transformé chez nous en polenta et dans d'autres pays en pain toujours mal cuit, presque sans sel pour l'assaisonner. A cet aliment toujours le même, qui l'orme au moins les dix-neuf vingtièmes de la nourriture des paysans pendant tout l'hiver et une partie du printemps, on ajoute à peine des légumes cuits à l'eau, des choux, etc. »
Après avoir décrit ce déplorable régime du cultivateur des contrées subalpines, Marzari concluait qu'une nourriture exclusivement fournie par le maïs et privée de gluten, pendant tout l'hiver et le printemps, engendre la pellagre; que l'insolation en provoque le développement, et que la misère, qui condamne à ce régime funeste, est le point de départ de tous ces maux.
Les travaux de Marzari, auxquels il faut ajouter ceux de Facheris, de Vincenzo Sette, de Guerreschi, etc, ont fait vivre le zéisme dans la science, jusqu'en 1845. Il y a vécu, il faut le dire, d'une vie tou-
(1) Mémoire sur les causes de lapellagre.
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jours combattue, par moments discréditée, mais renaissant toujours de l'observation comme d'un foyer inextinguible. Le mémoire de Guerreschi tendait à lui donner une direction nouvelle en attribuant au maïs une action toxique, analogue à celle du seigle ergoté; mais les esprits ne s'engagèrent pas dans cette voie et l'opposition antizéiste soutenue par le scepticisme ou les spéculations théoriques de savants qui n'observaient pas, et par les intérêts qui se croyaient menacés, continua de produire, comme des arguments décisifs, ces faits exceptionnels, dont les plus importants ont toujours été les cas de pellagre rencontrés par Strambio, chez quelques individus vivant bien, chez des ivrognes ou des débauchés qui consommaient peu ou point de maïs.
En présence des éloges donnés par les agronomes à la céréale américaine, du rôle immense, qu'elle tient depuis longtemps dans l'alimentation de tant de peuples et dans la culture des plus belles parties du globe, on semblait faire preuve d'une fâcheuse obstination d'esprit, en attribuant à un aliment populaire répandu sur une aussi vaste étendue de la terre, des effets nuisibles, limités aux seuls pays subalpins. N'avons-nous pas vu, en 1846, le docteur Trompeo parler encore des partisans du zéisme, comme de redoutables ennemis de l'agriculture italienne et de la prospérité publique?
Aux grands exemples d'apparente immunité dans laquelle se trouvent, par rapport à la pellagre, les nombreuses populations zéophages de l'ancien et du nouveau monde, on a pu joindre longtemps des exemples plus rapprochés et plus frappants : celui de la Grèce, où Holland avait, dit-on, inutilement cherché la pellagre ; celui de l'Italie méridionale ; ceux de l'Espagne, des Provinces du Danube, et de la France elle-même. Un savant piémontais, l'auteur du plus important ouvrage dont l'histoire naturelle du maïs a été l'objet, M. Bonafous, déclarait avoir cherché vainement des pellagreux dans le midi de la. France, dans les Landes, pays qu'il avait parcourus plusieurs années après les premières observations du docteur Hameau.
Les moyens de répondre à de pareilles objections manquaient encore lorsque je publiai mon ouvrage en 1845, et je crois pouvoir dire avec vérité que cet ouvrage, en apportant à la géographie de la pellagre des éléments nouveaux, donna aux idées zéistes un appui qui leur avait toujours manqué.
Lorsqu'en 1842, j'avais rencontré à l'hôpital Saint-Louis, le fait que je publiai, comme le premier cas de pellagre sporadique
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observé à Paris, la question étiologique avait peu arrêté mon attention. Le hasard de mes relations en Italie et de mes premières lectures, m'avait prévenu contre l'opinion qui mettait en cause l'alimentation avec le maïs. La pensée que la pellagre, par ses phénomènes multiples et protéiformes, devait échapper en beaucoup de lieux à l'observation, formait ma préoccupation dominante, qui me stimula, pendant deux ans, dans une recherche infructueuse de nouveaux cas de pellagre dans nos hôpitaux et nos asiles d'aliénés. Le vrai profit de ces recherches fut d'apercevoir les analogies d'expression symptomatique, qui, à un moment donné, rapprochent divers états cachectiques liés à la profonde misère, à la démence, etc., de la pellagre arrivée aux degrés avancés. J'ai été mis ainsi sur la voie de ces pseudo-pellagres qui ont pris, depuis lors, en France, un développement inattendu.
Pendant que l'expérience ébranlait mes premières opinions, la lecture de l'ouvrage de Casai fut une sorte de révélation de la pellagre espagnole. Elle provoqua sur le mal de la Rosa des recherches dont l'Académie des sciences a bien voulu apprécier (!) honorablement les résultats et qui démontraient enfin l'identité absolue de la maladie des Asturies et de la pellagre italienne. Bientôt après (23 juillet 1844), la pellagre des Landes se révélait à l'Académie de médecine dans le rapport alarmant du médecin des épidémies de la Gironde, M. Léon Marchand. Enfin, en 1845 , M. Calés, de Villefranche, et M. Roussilhe, de Castelnaudary, annonçaient l'existence de la pellagre dans le Lauraguais, et peu de temps après M. Suberbielle, de Saint- Abit, m'écrivait la lettre qu'on a lue dans un des chapitres précédents sur l'existence de la même maladie dans les campagnes du Béarn.
Les premiers résultats théoriques et pratiques auxquels les nouvelles données me conduisaient, si loin de mon point de départ, je veux dire de mon observation de l'hôpital Saint-Louis , furent exposés d'abord dans ma Thèse pour le doctorat (2) en mai 1845 et], d'une manière plus complète, dans mon ouvrage qui parut le mois suivant.
J'y exposais comme un point capital, pour la question étiologique,
(1) En accordant (dans la séance du 4 mars 1850), au nom de l'Académie, une récompense à mes premières études, la Commission des prix de médecine, par l'organe de M. Lallemand, son rapporteur, citait d'abord les résultats de mon étude du mal de la Rosa. Cette étude avait été l'objet d'une communication particulière à l'Académie le 17 juillet 1843, sous ce titre : Études nouvelles sur le mal de la Rosa établissant Videntité de cette maladie et de la pellagre, etc.
(2) Thèse pour le doctorat en médecine, soutenue à la Faculté de Paris, le 17 mai
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ce fait qu'en Espagne et en France, comme en Italie, la pellagre se rencontrait dans les conditions les plus variées sous les rapports de l'air, des eaux, des lieux, des professions, du genre de vie ; mais qu'elle ne s'observait partout que dans une même condition de régime alimentaire : l'alimentation à peu près exclusive pendant une partie de l'année avec du maïs de mauvaise qualité. La recherche, dont l'origine remonte à Thouvenel, des corrélations qui peuvent exister historiquement et géographiquement entre l'introduction du maïs comme aliment populaire et l'apparition de la pellagre, fut, de ma part, l'objet d'investigations très-attentives. «Historiquement, disais-je, il faut chercher si la pellagre n'a paru en Europe que postérieurement à l'introduction du maïs ; si, dans chacun des pays où elle existe, elle a suivi de plus ou moins près la généralisation de la culture de cette céréale ; si, dans chacun de ces pays, elle a fait des progrès en rapport avec l'importance de la culture dont il s'agit et surtout de son rôle dans l'alimentation des classes inférieures. Géographiquement, il faut démontrer que la pellagre n'existe que dans les pays à maïs; qu'elle ne sévit que sur des individus se nourrissant principalement de cette céréale; que tous les faits de pellagre non douteux se rattachent à cette alimentation. »
Je ne crois pas nécessaire de recommencer les démonstrations que je tentai (1) à cette époque. Les éléments en furent acceptés par la critique scientifique.Ils n'ont pas été contestés depuis sérieusement, pas plus que les conclusions suivantes qui en résultaient, à savoir :
1° Que le maïs n'a été connu en Europe qu'à partir du seizième siècle et ne s'y est naturalisé, comme grande culture que postérieurement.
2° Que pendant le seizième siècle tout entier et la première moitié du dix-septième siècle le maïs ne figurait parmi les grandes cultures dans aucun des pays où existe la pellagre, et qu'il n'y était pas l'objet d'une consommation alimentaire importante.
(1) Dans l'analyse de mon ouvrage, insérée dans les Annales d'hygiène publique, t. XXXV, M. Ambr. Tardieu disait, en parlant de la partie étiologique : « Cette opinion (le zéisme) est loin d'être nouvelle. .. Cependant elle avait été ébranlée par tant d'objections que M. Roussel, après s'être convaincu de son exactitude et de son importance, a compris qu'il fallait l'appuyer de nouvelles preuves. Celles qu'il a présentées et qui, outre la sûreté d'érudition, le talent de discussion et la chaleur de conscience, assurent l'originalité de son livre, lui ont été principalement fournies par les rapports qu'il a pu établir entre la maladie observée à la fois en Italie, en Espagne et en France, et par ce fait que, dans ces trois pays, l'apparition du mal a coïncidé avec l'introduction de la culture du maïs et qu'il est resté borné aux provinces où cette céréale forme la principale nourriture des habitants. »
3° Qu'en Espagne c'était peu à peu, durant le cours du dix-septième siècle, que le maïs avait commencé à remplacer le millet, le seigle et d'autres grains dans l'alimentation des classes rurales des provinces àpellasrre, entreautres desAsturies oùles premières observations de la maladie datent de 1735 et peuvent remonter aux premières années du dix-huitième siècle.
4° En France, je trouvais le maïs connu des agronomes dès le milieu du seizième siècle; mais son rôle dans les cultures du midi n'apparaissait que dans le cours du dix-huitième siècle, et c'est seulement vers la fin de ce siècle qu'il avait transformé le régime alimentaire d'une parlie des classes rurales. Les plus anciens faits de pellagre observés ou indiqués avec quelque précision, dans nos provinces du Midi, ne remontaient pas au delà de cette époque.
5° Pour l'Italie, m 'appuyant sur un grand nombre de recherches antérieures, j'établissais que, pendant la première moitié du dixseptième siècle, le maïs ne figurait pas parmi les denrées de consommation dans les provinces septentrionales. « Ce n'est, disais-je, que vers la fin du dix-septième et dans la première moitié du dixhuitième, que la culture de cette céréale s'est étendue, tant dans la Lombardie que dans les provinces vénitiennes, d'où elle a pénétré dans le Tyrol italien. Ce n'est que vers le milieu du dix-huitième siècle que ce grain a commencé à opérer une révolution dans le régime alimentaire du peuple de certains districts; ce n'est enfin que pendant la seconde moitié du dix-huitième siècle que cette révolution elle-même s'est étendue dans presque tout le nord de la péninsule. Or, on a vu, par les faits déjà exposés, que c'est exactement aux mêmes époques, suivant la même progression, que s'est opérée, dans l'état sanitaire des populations, la révolution caractérisée par l'apparition, la généralisation et l'aggravation de la pellagre, dont les premières observations remontent en Lombardie en 1771 et en Vénétie quelques années plus haut. »
Tandis que je traitais ce sujet, dans ses applications générales à tous les pays à pellagre, l'ouvrage que M. Balardini publiait, dans ce même moment (avril et mai 1845), l'épuisait, en quelque sorte, dans ses rapports avec la haute Italie. Je traduisis une grande partie de cette savante étude.
J'ai examiné, en 1845, avec le même soin, si les limites géographiques des endémies pellagreuses concordaient aussi exactement que les dates historiques, avec celles de la culture du maïs en Europe.
Le résultat général de cet examen établissait, que les endémies
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pellagreuses connues sous différents noms, occupaient une longue zone de territoires européens, dans des conditions de climat tempéré, zone à peu près limitée au sud par le 42e degré de latitude et remontant, au nord, jusque vers le 46e degré, c'est-à-dire jusqu'à la limite même de la culture du maïs. Je pouvais montrer qu'au nord de cette zone, où la culture du maïs n'existe pas, la pellagre n'a été constatée nulle part comme maladie populaire ; d'autre part, au midi de cette zone, en avançant vers les climats plus chauds, où la végétation du maïs acquiert son plus beau développement, où son grain arrive régulièrement à une entière maturité et à sa plus grande richesse de principes nutritifs, je trouvais que la pellagre devenait déplus en plus rare et semblait disparaître entièrement.
Depuis 1845, de nouvelles découvertes ont considérablement allongé, de l'est à l'ouest, la zone des pays à pellagre et l'ont étendue, d'une part, des montagnes des Asturies jusqu'au littoral de la Galice, et, d'autre part, depuis les Alpes Juliennes jusqu'au delà des monts Carpathes; mais les limites essentielles, au nord et au midi, ont peu varié et n'ont dépassé, sur aucun point, les limites de la culture du maïs.
En examinant l'intérieur de la zone géographique des pays à pellagre, on constatait deux points intéressants : d'une part on trouvait que, dans la plupart des contrées atteintes par la maladie, la culture du maïs est défectueuse, qu'on y cultive surtout des variétés dont la maturation est presque toujours incomplète; d'autre part, je notais que certaines provinces, quoique dans des conditions de climat peu favorables, échappaient à la pellagre, et j'étais frappé de voir que ces pays, tels que la Bourgogne, la Bresse, la Franche- Comté, quelques cantons du Jura et de la Suisse, différaient principalement des pays à pellagre, en ce qu'on y consommait le maïs dans des conditions spéciales, avec des préparations et surtout avec des précautions inconnues dans ces derniers pays.
Pour l'Espagne, je ne trouvais la pellagre, en 1845, que dans les Asturies, pays à maïs : « Elle existe peut-être dans la Galice, » disais-je, et on sait que ce soupçon, puisé dans une lettre du savant Feijoo, est devenu une réalité, démontrée parles observations de M. Batalla et conforme aux données établies dans mon ouvrage. Il s'est produit, plus récemment, l'endémie de Flema Salada d'Aragon, considérée par quelques-uns comme une négation et par M. Gostallat comme une confirmation du zéisme. Cette question, malheureusement, reste un fait indéterminé pathologiquement; mais, en écartant même l'interprétation de M. Costallat, on ne voit
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plus quelle atteinte elle pourrait porter désormais aux preuves si positives du zéisme.
Le zéisme, en effet, tel que j'entends ce mot depuis 1845, n'est pas une théorie étiologique. C'est l'expression d'un fait pratique, dont la théorie peut varier, mais que l'observation et l'expérience ontmis, en tant que fait, au-dessus de toute contestation; qui se démontre tous les jours sur des milliers d'individus, chez lesquels l'invasion de la pellagre, sa guérison, ses retours, n'ont pas d'autre explication possible que la présence ou l'absence du maïs dans la nourriture. Cet ordre d'arguments, tirés de la thérapeutique et de la prophylaxie, sont si clairs et si concluants que les faits négatifs, en ' admettant qu'ils fussent prouvés, resteraient sans valeur contre de tels faits positifs. L'existence même, en Aragon, d'une pellagre sans maïs, sous le nom de Flema Salada, en la supposant démontrée, ne prouverait pas plus contre la pellagre à maïs que les fièvres périodiques sans marais ne prouvent contre les fièvres périodiques desmarais.
Aussi, est-ce plutôt encore dans le champ des observations pratiques et des faits individuels, que dans les données générales de l'histoire et de la géographie, que résident les preuves irrésistibles du zéisme. Ce point de vue m'avait frappé déjà en 1845 : « L'histoire de chaque maiade, disais-je, le degré du mal, les variations qui surviennent dans sa marche, les améliorations, les guérisons ou les recrudescences, enfin l'aveu unanime des auteurs sur les résultats des moyens thérapeutiques, tout rentre dans la loi indiquée; tout s'explique et ne se peut expliquer que par elle. Voici quelques exemples :
« Cerri, chargé en 1735, par le gouvernement de Milan, de faire des expériences, fit nourrir, pendant un an, dix pellagreux avec de bons aliments, pris en partie au règne animal, et avec du bon pain au lieu de pain de maïs et de polenta, dont ces individus se nourrissaient auparavant. L'état de ces pellagreux s'améliora rapidement, et l'année suivante l'éruption cutanée et les autres accidents ne parurent pas. » Cette expérience, répétée souvent et toujours avec un résultat identique, permet de juger quel aurait été, en France, le résultat de l'expérience proposée par M. Costallat, si cette expérience avait pu être pratiquée.
« En étudiant, ajoutais-je, la manière dont agissent des moyens dont l'efficacité a été jusqu'ici infaillible : l'émigration des pellagreux, le changement de profession et de genre de vie, on s'assure que tout se résume dans le changement d'alimentation qui en est la conséquence. Cerri et Nardi rapportent l'observation d'un paysan
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gravement attaqué de pellagre, et qui fut pris comme domestique dans une maison riche de Milan. Au bout de quelque temps, sous l'influence de bons aliments, il se trouva si bien délivré de ses maux qu'il prit le parti de rentrer dans son pays. Il reprit la vie de cultivateur et revint à l'usage de la polenta et du pain de maïs : la maladie ne tarda pas à reparaître. Cet individu reprit alors son ancien service dans la maison Daverio, et, grâce au régime qui l'avait déjà sauvé, il retrouva une seconde fois la santé. Plus tard, s'étant encore retiré dans son village et s'étant soumis de nouveau aux mêmes aliments que ses compatriotes, la maladie le ressaisit encore, et il ne guérit qu'en retournant chez ses anciens maîtres, où il vivait en d 826, âgé de quatre-vingt-six ans.
« Il en est de même des exemples cités par Sabatti et par d'autres, d'individus appartenant à des familles fortement entachées de pellagre, et qui se sont maintenus exempts, sans que l'on puisse trouver entre eux et le reste de la famille d'autre différence que la nourriture; ces individus, en effet, sont ceux qui vont au marché, à la ville, pour la vente des denrées, et qui se nourrissent souvent à l'auberge.
« L'immunité dans laquelle se maintiennent des familles entières est due à des circonstances analogues : le docteur Vajarini, qui exerçait à Edolo, assurait au docteur Balardini que, dans ce district montueux où l'usage du maïs n'était pas encore très-répandu, les familles qui restaient fidèles à l'antique pain de seigle et au laitage étaient toutes épargnées par la maladie; tandis que celle-ci sévissait sur plusieurs familles de la plaine qui avaient adopté la polenta.
« On a vu la pellagre paraître et disparaître dans un même pays, suivant certains changements de régime. Le docteur Barcella, qui exerçait à la fin du siècle dernier au bourg de Bagalino, dans une des vallées voisines du Tyrol italien, rapportait qu'à son arrivée dans le pays, la pellagre et la polenta étaient également inconnues : le peuple se nourrissait alors de pain de froment et de bouillie de millet. Plus tard, le millet étant devenu très-rare, on .commença à y ajouter de la farine de maïs dans la bouillie, et ce fut peu de temps après l'introduction de cet usage que les premiers indices de pellagre se manifestèrent çà et là. Plus tard encore, le millet disparut complètement, et la polenta ne se fit plus qu'avec de la farine de maïs; en même temps le docteur Barcella reconnut manifestement une aggravation dans les accidents pellagreux (1).
(1) Balardini, Armait universali di medicina, CXIV. Milan, avril 1845, p. 24C.
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« Le docteur Zantedeschi rapportait le fait suivant au docteur Balardini : « La pellagre que je trouvai dominante à Bovegno et dans les lieux voisins (province de Breseia), dès 4804, disparut pendant les années 1816 et 1817, lorsque, dans ces pays montueux (le Valtrompia supérieur), la hausse du prix des grains amena les basses classes à remplacer le maïs par les pommes de terre et les légumes de toute espèce. En 1819, après une baisse considérable des grains, qui amena le retour à une consommation démesurée de maïs, la pellagre reparut et a persisté depuis. »
Ainsi, plus l'histoire et la géographie ont pu être mises à contribution; plus on a pu avancer dans l'étude analytique des faits particuliers, multiplier les points de vue sous lesquels ces faits pouvaient être examinés, et plus l'influence pellagrogénique de l'alimentation avec le maïs s'est montrée évidente.
Après avoir réuni, en 1845, tous les éléments nouveaux que je pouvais, dans cette question, ajouter aux résultats de l'observation italienne, je disais : « On peut prédire que, lorsque les faits rassemblés dans ce livre et tous ceux que l'avenir ne tardera pas à révéler, seront bien connus au delà des Alpes, il n'y aura plus qu'une opinion pour placer la cause de la pellagre dans l'alimentation avec le maïs. »
Il n'est pas sans intérêt de voir aujourd'hui, à vingt ans de distance du moment où ces lignes étaient écrites, ce que l'avenir a révélé.
En France, le zéisme a eu à subir ses plus redoutables épreuves. Il s'est élevé d'abord contre lui la pellagre sporadique, qui a dû au talent de iM. Landouzy, une importance éphémère ; puis on a vu surgir la pellagre propre aux aliénés, soutenue jusqu'à cette heure par le talent de M. Billod. Ces faits seront appréciés dans la seconde partie de ce traité, et le nom de pseudo-pellagres, sous lequel ils y sont désignés, annonce qu'à nos yeux des erreurs de diagnostic, aujourd'hui palpables, y sont presque tout et que la pellagre elle-même n'y est pour rien.
A côté du fait indéterminé de la Flema Salada, il s'est produit vers les Landes quelques faits négatifs, ou plutôt l'annonce de faits négatifs, car la valeur et la signification de ces faits n'auraient pu être établies que par la publication d'observations précises.
En regard de ces objections, le zéisme n'a pas cessé de recevoir d'éclatantes confirmations: à partir de 1846, la révélation successive de la pellagre dans la région subpyrénéenne où M. Costallat, a si bien mis en évidence, en 1857, l'action toxique du maïs altéré;
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depuis 1858, la découverte d'un nouveau et vaste domaine de la maladie, en Moldavie et en Valachie ; en 1859, les révélations du docteur Batalla sur l'existence de la pellagre dans la Galice; enfin, dans l'Italie centrale et la Campagne de Rome, ces pellagres récemment découvertes et qui ont marché à la suite de la culture du maïs, comme l'ombre après le corps. Mais ce ne sont pas là les plus importants succès du zéisme en Italie. Son plus beau triomphe, c'est la pellagre diminuant et disparaissant de diverses localités par suite de la mise en pratique des préceptes posés en 1845. En 18561e docteur Zambelli, d'Udine, ne citait pas moins de dix districts où ce résultatavait été obtenu et, commepreuve de la simplicité des moyens de réussite, ce médecin a rapporté les exemples suivants : « Est-ce que, disait-il, à Savonara, on n'a pas détruit la mauvaise semence de lapellagre, en corrigeant la mauvaise culture du maïs, en en restreignant l'usage alimentaire et en adoptant la pomme de terre providentielle ?Est-ce que, pour atteindre le même but, il n'a pas suffi, àLecate, au lieu de cette nourriture quotidienne avec de la mauvaise bouillie et du pain encore pire, d'établir une cuisine commune pour y faire une bonne soupe? A Leinate, n'a-t-il pas suffi d'amener des paysans à se conformer à de bonnes règles de panification? Et dans la Brianza n'a-t-on pas vu le cruel fléau se mitiger par l'effet de l'instruction hygiénique que les curés de ces villages, sous l'impulsion du docteur Triberti, ont donnée à ces malheureux colons et ont réussi à leur faire mettre en pratique? Et dans notre Paradiso, n'at-il pas suffi d'opérer des réformes analogues et de faire alterner l'usage de la polenta de maïs, avec celui des soupes de riz? Et dans la Valtrompia et dans le haut Comelico, ne s'est-on pas heureusement ressenti d'avoir changé le maïs indigène contre d'autre maïs importé et d'avoir consacré à la culture d'autres céréales les terres qui se montraient peu favorables à la production de la céréale exotique? »
Passant à un ordre de faits observés partout en grand nombre, le docteur Zambelli s'adresse en ces termes à ceux qui semblent croire si difficile d'extirper la pellagre : «Et tous ces jeunespellagreux, dit-il, qui, reçus dans les milices, deviennent aussitôt des hommes sains ! et ces jeunes filles émigrantes que nous voyons quitter pelîagreuses le toit natal pour aller se mettre au service de familles urbaines et qui, au bout de quelques mois, sont guéries ! et les nombreux agriculteurs de ces mêmes contrées que nous voyons rester
(1) Sulïa peïlagrn e sui mezzi di prevenirla, etc., in-8. Udine, p. 21 .
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exempts de la cruelle maladie, qui sévit à côté d'eux, est-ce parce qu'ils se nourrissent de mets recherchés, qu'ils passent les jours dans l'oisiveté, qu'ils ne vont pas au soleil, qu'ils habitent des maisons somptueuses? Est-ce qu'ils vivent, en un mot, dans ces conditions qu'on a prétendues nécessaires pour échapper à la pellagre? Non certes ! pour tous au contraire, mêmes fatigues, mômes peines: d'un côté seulement de la polenta et du pain meilleurs, du laitage dans les cantons montagneux; un peu de vin et de poisson dans la partie littorale ! »
Tels sont les faits positifs, innombrables aujourd'hui, contre lesquels ne peuvent rien, ni les subtilités de dialectique, ni les faits négatifs cités depuis Strambio. Les résultats accumulés de ces expériences incessantes ont, sinon subjugué, au moins désarmé en grande partie l'esprit de système. Les opinions négatives, qui se prévalent encore des prétendus faits exceptionnels et des erreurs de l'observation, trop faciles dans cette question, résistent encore sans doute dans des écrits récents, mais il est évident que la résistance est à bout. Après avoir repoussé le zéisme comme doctrine, les opposants lui font place à chaque instant dans le détail des faits et finissent par lui abandonner complètement la question pratique. Aucun ne (1) conteste plus que le maïs ne soit une cause de la pellagre; qu'il n'y ait pas lieu de prendre des mesures contre cette cause. Ils maintiennent seulement que là n'est pas toute l'étiologie.
En définitive, malgré les oppositions, on peut dire désormais que le zéisme est en Italie, comme partout, la doctrine dominante, universelle et qu'il n'est aucune voix un peu autorisée, qui s'élève pour proclamer une négation absolue et soutenir une doctrine contraire aux faits qui constituent pour ainsi dire la tradition presque séculaire de l'observation pratique. M. Lussana, dans sa dernière publication, a résumé, dans les termes suivants, l'histoire du zéisme scientifique, de ses divisions et la situation des opinions qui sont encore enprésence : «Depuis les premières années, dit-il, où lapellagre a surgi et s'est manifestée parmi nous, on a vu paraître et grandir rapidement la doctrine qui, d'une manière générale, imputait à l'usage ou à l'abus du maïs la production du mal, et une telle doc-
(I) M. Balardini rapporte les lignes suivantes, sorties de la plume du docteur Verea : « La pellagre se développe au milieu des privations et des fatigues épuisantes, et c'est pour cela qu'on l'a appelée Mot-bus miseriœ. Elle atteint de prédilection le? paysans, et parmi ceux-ci, les plus misérables, ceux qui se nourrissent habituellement de maïs, souvent mal mûri et gâté, et de lait aigri, qui ne restaurent pas suffisamment leurs corps affaiblis par la fatigue sous les ardeurs du soleil. »
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trine, toujours plus fortifiée par un croissant suffrage, au milieu des nombreuses luttes et des défaites de tant d'autres opinions disparates et changeantes (1), résiste avec une telle opiniâlreté que, comme l'écrivait très-bien le jeune Gaetano Strambio, elle semble l'héritage de la vérité et que, tout au moins, elle honore l'esprit et le savoir de qui s'en est fait le défenseur.
a Mais aujourd'hui la doctrine s'est divisée en deux partis : les uns ont accusé le maïs comme aliment insuffisant à la nutrition humaine, et les autres en ont accusé exclusivement la dégénérescence mycétoïde connue sous le nom populaire de verderame (sporisorium maidis).
« Morelli s'est élevée contre l'un et l'autre parti, combattant l'influence étiologique du maïs sur la génération de la pellagre, se faisant bouclier de tous les arguments qu'ont pu lui fournir l'économie sociale, la médecine, l'hygiène et les sciences accessoires. »
L'ouvrage auquel ces lignes sont empruntées, établit avec force combien, malgré le talent de M. Morelli, toute cette argumentation antizéiste est faible et stérile. L'antizéisme en effet n'est pas même une doctrine. Ce n'est qu'une opposition chaque jour affaiblie, soutenue par quelques hommes qui ne s'accordent entre eux ni sur les principes, ni sur les faits, ni sur les conclusions, et qu'on voit également impuissants à tirer du nihilisme dans lequel ils se débattent, une affirmation acceptable, une doctrine étiologique quelconque, reposant sur un principe et pouvant aboutir à des résultats pratiques différents de ceux du zéisme.
C'est donc dans le sein du zéisme lui-même que roulent forcément les discussions auxquelles l'étiologie de la pellagre peut encore donner lieu. M. Lussana le dit avec raison, « il n'y a plus aujourd'hui en présence que deux théories: celle qui fait reposer l'étiologie sur V alimentation insuffisante avec le maïs, et celle qui la fait reposer sur Yaction délétère, spécifique, du sporisorium maïdis (verderame). »
Il reste maintenant à examiner ces deux théories, qui ont, l'une etl'autre, leurs précédents historiques. La théorie de l'insuffisance alimentaire du maïs, ou plutôt, suivant la formule scientifique que MM. Lussana et Frua lui ont donnée, de l'insuffisance de la réparation nervéo-musculaire par suite de V insuffisance de l'aliment protéinique dans le maïs, cette théorie, dis-je, se rattache à celle de Marzari sur les effets du manque de gluten, dans le maïs.
(1) J'avais résumé l'histoire du zéisme en termes presque identiques en 1845. Voir notamment p. 162.
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De même la doctrine qu'on appelle aujourd'hui en Italie le sclérotisme, c'est-à-dire la doctrine de V action spécifique du verderame, peut remonter aux opinions de Guerreschi et jusqu'aux accusations portées par Gherardini sur les mauvaises graines toxiques (le zizzanie tossicose) qui entraient dans V alimentation des paysans pauvres.