‹ Traité de la pneumonieChapitre 101 sur 157 · PNEUMONIE TRAUMATIQUE · texte numérisé non relu

PNEUMONIE TRAUMATIQUE

En résumé, ies faits nouveaux ont pleinement confirmé ce (pie je disais déjà dans la première édition, savoir : que la pneumonie traumatique est généralement circonscrite autour de la lésion qui l’a fait naître et qu’elle n’a pas la tendance extensive de l’inflammation spontanée; sa marche aussi est plus simple, sa durée plus courte, sa terminaison le plus souvent heureuse. Ceci s’applique surtout aux pneumonies qui succèdent à une contusion, à une déchirure, à une plaie par instrument piquant ou tranchant ; mais nous avons dit qu’il n’en était pas de même de celles qui, consécutives à la pénétration de corps étrangers mus par la poudre à canon, venaient compliquer un état traumatique déjà des plus fâcheux. Ces der- • nières sont à peu près les seules qui se terminent par abcès ; ce sont les seules aussi après lesquelles on voit persister un état morbide qui rappelle la pneumonie chronique. Je suppose ici que le corps étranger est resté dans les tissus; car s’il a été expulsé, la pneumonie rentre à peu près dans la catégorie des pneumonies traumatiques ordinaires; lorsque les malades succombent, c’est communément bien moins par la pneumonie que par d’autres complications, et par les désordres d’un traumatisme très-étendu. Cette bénignité ordinaire des pneumonies traumatiques n’est pas un fait exceptionnel, mais général, s’appliquant à un grand nombre de phlegmasies. Tl importe, en effet, de remarquer ici que la pneumonie qui survient par le fait d’une violence extérieure est en quelque sorte un acte physiologique, un acte réparateur se produisant chez un individu en général bien portant, et dans un organe qui n’a communément aucune prédisposition morbide. Ii n’en est plus de même de la pneumonie spontanée ou de celle qui éclate après l’impression d’une de ces causes banales dont l’individu avait nombre de fois subi les atteintes sans aucun dommage. Dans ce cas, on ne saurait méconnaître l’intervention nécessaire d’une cause interne, d’une inconnue dont l’action ne s’épuise pas tout de suite, mais ge prolonge souvent bien au delà, de manière à modifier d’une manière fâcheuse la marche, la durée et l’issue delà maladie.

Nous avons vu que les pneumonies traumatiques se caractérisent communément par les mômes signes que les pneumonies spontanées. Je rappellerai pourtant encore que l’expectoration caractéristique manque plus souvent dans les premières, et qu’elle y est en outre très-fréquemment remplacée par une hémoptysie plus ou moins abondante, qui s’explique par la violence exercée sur l’organe. Quant aux signes physiques fournis par l’auscultation, il importe de remarquer encore que la crépitation peut être voilée et même

FORMES

complètement masquée par ries râles muqueux, parfois même par un véritable gargouillement qui se passe dans les bronches ou dans un foyer résultant de la blessure. L’emphysème si commun après les plaies du poumon et les épanchements sanguins qui ont lieu si fréquemment dans la plèvre peuvent également masquer la crépitation ; si les crachats caractéristiques font également défaut, on ne peut guère que soupçonner la complication ; et on le fait en raison surtout de l’intensité du mouvement fébrile qui se déclare.

ARTICLE IL

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