DE LA MU UT DANS LA PNEUMONIE
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suivies d’une issue funeste, sans que nous puissions nous rendre compte de la mort par le nombre et par l’étendue des altérations organiques ; c’est ce que j’ai vu pour deux individus, et M. Louis a trouvé lui-même que sur trente-quatre pneumonies qui s’étaient terminées d’une manière funeste, quatre fois la mort ne pouvait être expliquée par l’état de l’organe primitivement affecté, et même chez deux d’entre eux, il n’était pas possible de se rendre compte de la terminaison de la maladie au moyen des lésions de quelque organe que ce fùt(l). M. Louis a judicieusement fait remarquer que lorsqu’on recherche la cause de la mort, on doit non-seulement avoir égard aux lésions matérielles des organes, mais encore au trouble des fonctions. C’est ainsi que les pneumonies peuvent faire périr par suite d’une dyspnée devenue assez considérable pour intercepter quelque temps la respiration. C’est ce que j’ai vu chez une vieille femme qui était à la fois rachitique, emphysémateuse et affectée d’un rétrécissement des orifices du cœur ; sous l’influence de cette triple lésion, elle avait habituellement une dyspnée assez considérable ; une pneumonie s’étant déclarée dans ces conditions, bien que la phlegmasie fût limitée à un espace circonscrit, l’oppression néanmoins augmenta d’une manière disproportionnée, et la malade parut succomber par l’interruption de la respiration, ou par asphyxie. Dans des cas pareils, on devrait toutefois, avant de conclure, examiner l’artère pulmonaire dans son tronc comme dans ses ramifications principales, pour voir si le vaisseau ne serait point obstrué par un caillot venu de plus ou moins loin, ou bien formé sur place. C’est là une recherche que je n’ai point faite.
Dans quelques cas, ce serait par la violence du délire, par l’épuisement qu’il produit, qu’il faudrait expliquer la mort des individus ; C’est ainsi que plusieurs des malades qui eurent un délire violent, tombèrent à la suite de cette surexcitation dans un collapsus profond, et succombèrent réellement comme si chez eux l’innervation était éteinte.
Bichat a dit que si l’on étudie les phénomènes de l’agonie, on ne tarde pas à se convaincre que dans le plus grand nombre des cas de morts produites par les divei’ses maladies, la vie commence à s’éteindre par le poumon. Celui-ci, en effet, s’embarrasse, la respiration est pénible, l’air sort et entre avec peine, la coloration du sang ne se fait que très-difficilement, il passe presque noir dans les artères ; il y a ici une sorte d’asphyxie lente (2). Ces idées de Bichat
(1) Fièvre typhoïde, 2e édit., t. I, p. 399.
(2) Recherches sur la vie et ta mort, édition de Magendie, p 456.
INFLUENCE UE LA PNEUMONIE
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sont surtout vraies pour un grand nombre de cas de pneumonie. J. Frank avait aussi signalé l’oblitération des bronches, comme une cause de mort dans les inflammations pulmonaires (1). Plus récemment, M. le professeur Piorry a étudié ce sujet plus complètement (2) et a prouvé l’influence que pouvait exercer l’accumulation dans les bronches d’une grande quantité de mucosités qui, s’opposant à l’entrée de l’air, finissaient par produire une véritable asphyxie. Ces conditions se trouvent souvent dans la pneumonie, spécialement chez les enfants et chez les vieillards. Aux deux extrêmes de la vie, les mucosités sécrétées dans les bronches ont une grande tendance à s’accumuler dans ces conduits à cause de la difficulté de l’expectoration; cette difficulté dépend de ce que les forces s’épuisent plus vite chez ces sujets ; et d’ailleurs, le décubitus dorsal, qui est presque habituel, explique aussi pourquoi les liquides engouent si souvent les tuyaux aériens. Il n’est donc point nécessaire de supposer avec W. Stokes, une paralysie des muscles circulaires de Resseissen. Ce sont ces liquides ainsi accumulés et non expulsés qui produisent le râle trachéal qu’on entend pendant l’agonie. Convenons, en terminant, que l’écume bronchique ne fait qu’accélérer le moment fatal et le rendre peutêtre plus pénible pour les malades comme pour les assistants; mais elle ne le provoque point à elle seule, et presque toujours on trouve dans les poumons ou ailleurs assez de lésions matérielles, ou bien, pendant la vie, on a observé des troubles fonctionnels assez graves pour s’expliquer, même sans son intervention, l’issue fatale de la maladie. La présence de l’écume bronchique me paraît être presque toujours un phénomène d’agonie commençante.