CHAPITRE XIII
INFLUENCE DE LÀ PNEUMONIE SUR LÀ PRODUCTION ET SUR LÀ MÀRCUtE DE PLUSIEURS MALADIES.
Une pneumonie survenue chez un sujet bien portant peut devenir la cause occasionnelle d’une autre maladie, soit dans le poumon, soit dans un autre organe; d’autres fois, la pneumonie, sur-
(!) l’raxcos medicœ, pars second., vol. II, p. 375.
(2) Procédé opératoire, p. 323, et Médecine pratique, 7e livraison, 1835,
venant dans le cours d’une autre affection déjà bien caractérisée, exerce sur celle-ci une influence, tantôt favorable, tantôt fâcheuse. Ce sont là des questions très-importantes, communément fort négligées, a l’examen desquelles je dois consacrer quelques instants.
.1 étudierai successivement l’influence de la pneumonie sur la production et sur la marche des maladies du poumon et du cœur; je rechercherai ensuite si, comme on l’a dit, la pneumonie peut quelquetois produire ou guérir des maladies affectant des organes plus ou moins éloignés; enfin, je terminerai par indiquer ce qu’on doit craindre lorsqu’une inflammation pulmonaire affecte une femme enceinte, et l’influence que la maladie peut exercer sur la marche de la grossesse, et sur le produit de la conception.
ARTICLE PREMIER
INFLUENCE DE LA PNEUMONIE SUR LA PRODUCTION ET SUR LA MARCHE DES MALADIES DU POUMON.
Lorsqu’on réfléchit aux changements que l’inflammation apporte dans la structure du tissu pulmonaire, aux modifications intimes que subit la nutrition de ce viscère, on conçoit facilement que, sous l’influence de dispositions organiques spéciales et préexistantes, la * pneumonie devienne la cause occasionnelle de plusieurs altérations consécutives plus ou moins graves. C’est ainsi qu’on a regardé l’inflammation comme pouvant donner lieu à l’emphysème et à l’œdème des poumons, à la dilatation des bronches et aux tubercules. Je vais examiner successivement la valeur de ces différentes opinions.
§lor. — Influence de la pneumonie sur l'emphysème pulmonaire et sur la dilatation des bronches.
Il semble à priori que l’emphysème pulmonaire dût être une suite fréquente et même presque forcée de la pneumonie. En effet, lorsque le poumon est hépatisé, les vésicules sont agrandies, leurs parois sont épaissies, et leur cavité est obstruée par un liquide plus ou moins visqueux; il semblerait donc rationnel de croire qu’à l’époque de la résolution, quelques-unes des vésicules frappées d’atonie dussent conserver une ampleur plus considérable qua d’ordinaire. Cependant il n’en est rien, car aucun des malades dont j’ai recueilli l’histoire, et dont plusieurs étaient affectés de pneu monie pour la troisième, la quatrième ou la cinquième Ibis,