EMPHYSÈME PULMONAIRE
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n’avaient éprouvé, dans l’intervalle de leurs récidives, aucun des symptômes de l’emphysème pulmonaire. Il faut en outre remarquer que, chez la plupart des malades, l’emphysème occupe d’abord le bord tranchant des poumons ; c’est là du moins qu’il a son maximum de développement, et pourtant c’est précisément cette portion de l’organe qui est le plus rarement frappée de phlegmasie. M. Louis (1) pense également que la pneumonie, malgré la dilatation des vésicules qui l’accompagne, semble étrangère au développement de l’emphysème. Le même auteur a cité l’histoire d’un emphysémateux chez lequel l’oppression ne fit pas de progrès sensibles après une pneumonie dont il fut affecté (2).
J’ai cru reconnaître aussi que la pneumonie qui survenait chez un individu atteint d’emphysème ne paraissait pas aggraver cette dernière maladie; parmi les emphysémateux dont j’ai recueilli l'histoire, il en est trois , peut-être même quatre, qui furent atteints une ou deux fois de pneumonie, sans que ces individus aient remarqué que la dyspnée ait augmenté d’une manière notable à la suite de cette dernière affection. Nous pourrions donc conclure de ce qui précède que la pneumonie n’a qu’une influence douteuse ou nulle dans le développement de l’emphysème pulmonaire, et que même, lorsqu’elle survient chez un sujet déjà atteint de cette dernière maladie, elle ne paraît pas, le plus souvent, l’aggraver du moins d’une manière notable. Cependant, pour que la dernière conclusion fut rigoureuse, il faudrait posséder un certain nombre de faits dans lesquels la pneumonie aurait envahi les portions mêmes du poumon dont les vésicules étaient dilatées. Or, c’est ce qu’il m’est impossible d’affirmer pour mes malades. Je prie pourtant le lecteur de se rappeler ce que j’ai dit à l’anatomie pathologique (page 56), où j’ai donné quelques résultats en opposition avec ce que j’indique actuellement. J’ai avancé, en effet, que l’emphysème vésiculaire n’était pas rare sur le cadavre des enfants morts de pneumonie ; j’ajouterai que tout prouve que cette lésion était récente. Toutefois il n’est pas encore certain que la dilatation des vésicules soit réellement l’effet de la pneumonie; il nous a paru, au contraire, qu’elle se liait plus directement à l’existence de la bronchite capillaire qui précède ou qui accompagne si souvent la pneumonie du jeune âge. Quoi qu’il en soit, c’est là une question qui reste encore à élucider. Tout ce que nous pouvons affirmer, d’après les observations que nous possédons, c’est que, lorsqu’un
(1) Mémoires de la Société médicale d’observation, t, I, p. 253.
• (2) Id., 2* observ., p. 186.