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CARACTÈRES ANATOMIQUES DE LA PNEUMONIE EN RÉSOLUTION

il existait en moyenne une différence d’une année. Je crois donc que l’âge n’a pas sur le siège de la pneumonie toute l’influence qu’on lui avait attribuée.

On voit par là que pour résoudre ces questions comme beaucoup d’autres, il faut opérer sur de grands nombres, et il importe en outre que l’observation s’étende à plusieurs années, car il arrive parfois qu’exceptionnellement et en vertu de certaines constitutions médicales, les pneumonies du sommet prédominent et qu’elles affectent préférablement les sujets âgés : il faut donc de toute nécessité, pour contre-balancer ces influences occultes, que l’observation embrasse plusieurs années.

On a cherché depuis longtemps pourquoi la phlegmasie, contrairement aux productions tuberculeuses, envahit plus souvent les lobes inférieurs des poumons que les lobes supérieurs; on a invoqué tour à tour le volume plus considérable des premiers et surtout leur position déclive qui favoriserait les congestions. Celte dernière cause, vraie pour les pneumonies secondaires, l’est beaucoup moins pour celles qui sont primitives.

Dans l’état actuel de la science, il n’y a donc aucune raison plausible qui puisse expliquer pourquoi l’inflammation envahit plus souvent la base que le sommet des poumons. Il nous est tout aussi impossible de trouver la raison, quant à la fréquence, d’une aussi grande disproportion entre l’inflammation du lobe supérieur du poumon droit et celle du lobe correspondant du poumon gauche.

De toutes les parties du poumon, c’est le bord antérieur ou tranchant que la pneumonie envahit le plus rarement et cela à tous les âges de la vie. Eu effet, dans les cas où l’inflammation débute par le lobe supérieur ou inférieur, elle n’a gagné le bord tranchant dans la plus grande partie de son étendue que trois fois, et ce n’est que chez deux individus que j’ai vu la pneumonie débuter par ce dernier point pour s’étendre ensuite ailleurs.

ARTICLE V

CARACTÈRES ANATOMIQUES QUE PRÉSENTE LA RÉSOLUTION DES TROIS PREMIERS DEGRÉS DE LA PNEUMONIE.

Il est tellement rare de voir succomber des individus pendant la convalescence ou quelques semaines après la guérison complète d’une pneumonie, que nous ignorons encore la plupart des changements qui surviennent dans le tissu pulmonaire lorsque, l’inflammation dont il était le siège venant à se résoudre, les parties re-

GKISOU.K.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

prennent peu à peu leur état physiologique. Laennec, pourtant, nous dit qu’il avait eu de fréquentes occasions d’étudier la résolution des engorgements pulmonaires chez des individus qui. guéris depuis peu d’une pneumonie, succombaient aux progrès de la maladie chronique dont ils étaient affectés depuis longtemps et que la pneumonie était venu compliquer.

Suivant l’illustre auteur du Traité de l' auscultation, si la résolution commence avant que la pneumonie ait dépassé la période d’engouement, on voit le sang infiltré se résorber, et le tissu pulmonaire, plus sec qu’à l’état normal, paraît rougi comme par une teinture; quelquefois une infiltration séreuse, un véritable œdème, remplace, pendant quelque temps, l’infiltration sanguine; c’est ce que j’ai constaté, le plus souvent, dans les cas peu nombreux qu’il m’a été permis d’examiner. Lorsque l’inflammation est parvenue au degré d’hépatisation, la résolution présente les caractères suivants : les parties endurcies pâlissent, passent du rouge ou du violet au gris-violet, puis au gris de lin rougeâtre, puis enfin à la couleur rougeâtre pâle, naturelle au poumon ; mais souvent aussi, elles conservent une nuance rouge, même quelque temps après l’époque où elles sont devenues perméables à l’air. En même temps que ces changements de couleur se succèdent, le tissu pulmonaire perd de sa dureté; il devient plus humide; il en suinte plus de sérosité que de sang. Cette sérosité, mêlée d’abord à quelques bulles d’air très-petites, devient peu à peu plus spumeuse : l’état granuleux du tissu pulmonaire s’efface, et fait place à l’aspect cellulaire des vésicules; enfin le tissu pulmonaire redevient sec; il a repris sa couleur ordinaire, mais il reste pendant quelque temps plus ferme, plus élastique, plus pesant que dans l’état naturel, ce que Laennec attribue à un reste d’épaississement des parois des vésicules aériennes, ce qui dépend plutôt d’une résorption encore incomplète des produits exsudés. Comme la résolution marche rarement d.’une manière égale dans tous les points enflammés, on trouve disséminés çà et là des noyaux plus denses présentant encore tous les caractères de l’hépatisation à leur centre, tandis que leur circonférence se confond, par une dégradation insensible de l’engorgement inflammatoire, avec les parties du tissu pulmonaire où déjà la résolution est parfaite. Souvent une légère coloration violette ou gris-violet, ou rougeâtre, semblable à un coup de pinceau qui aurait été appliqué sur la surface des incisions faites au poumon, marque encore le point affecté, même après que les vésicides aériennes sont devenues entièrement perméables à l’air. Laennec, qui admettait comme possible la guérison de la pneu-

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