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SAISONS

lorsque la pneumonie sévit sur des organismes affaiblis ou chez des sujets déjà malades; il en est ainsi pour tous les pays.

Pour terminer ce qui est relatif à l’influence des localités, je dirai qu’il parait résulter de quelques relevés, entre autres de ceux du docteur W. Farr, que la mortalité de la pneumonie serait plus considérable de près de moitié dans les grandes villes que dans les campagnes, résultat qu’on pouvait prévoir d’après l’influence connue que la misère et que les privations exercent sur la mortalité, dans toutes les maladies et dans la pneumonie en particulier.

§ 9 . — Saisons.

Les saisons exercent-elles quelque influence sur le plus ou moins de mortalité de la pneumonie? Sestier (1) a cru pouvoir conclure que la pneumonie était plus grave pendant l’été que pendant l’hiver; mais pour arriver à cette conclusion, cet auteur a réuni indifféremment tous les faits, sans avoir égard aux circonstances, telles que l’àge, etc.* qui peuvent, par elles-mêmes, influer sur le degré de mortalité de la maladie. Par conséquent les relevés donnés par ce médecin ne sauraient servir pour résoudre la question. En analysant mes propres observations, je trouve que dans les six mois les plus froids, c’est-à-dire d’octobre jusqu’au mois de mars inclusivement, les malades atteints d’inflammation pulmonaire ont péri dans la proportion d’un cinquième à peu près, tandis que la mortalité des pneumonies survenues dans les autres six mois chauds fut à peine de un sur huit. Mais avant de conclure que la saison froide exerce une influence fâcheuse sur la marche et sur la terminaison de la pneumonie, j’ai dû rechercher si les deux catégories de malades étaient parfaitement semblables entre elles sous le rapport des autres conditions qui influent ordinairement sur la mortalité. Or, j’ai trouvé que les sujets atteints de pneumonies pendant l’hiver comptaient parmi eux un plus grand nombre de vieillards que ceux qui étaient affectés pendant la saison chaude, puisque l’âge moyen des premiers était de cinquante-neuf ans, tandis que celui des seconds ne dépassait pas quarante.

Cette différence d’àge expliquerait à elle seule la différence de mortalité. On se rappelle, en effet, que de cinquante à soixante ans la mortalité commune a été d’un cinquième, et qu’elle ne s’est élevée qu’à un septième chez les sujets compris entre trente et quarante ans. Je conclus donc que les saisons n’ont sinon aucune part, du

(1) Leçons de clinique médicale, p. 445.

PRONOSTIC

moins n'ont qu’une part douteuse et Tort minime dans le plus ou moins de gravité des pneumonies. Si les saisons exerçaient réellement quelque influence, les faits qui précèdent indiqueraient que dans la saison chaude la pneumonie serait un peu moins meurtrière qu’en hiver, et cela indépendamment des conditions d’âge, de constitution, etc".

Il résulte aussi des relevés faits par M. Briquet, que la mortalité a été quatre fois plus forte l’hiver que l’été, mais je dois observer que cela dépend en grande partie de ce que la pneumonie a été trois fois plus fréquente dans la première de ces saisons que dans la seconde. Cependant M. Briquet reconnaît aussi que le froid a exercé une influence, soit en faisant naître des phlegmasies plus graves, soit en exaspérant les maladies déjà produites, soit en occasionnant des rechutes. Je crois que l’auteur eût parlé avec un peu plus de réserve de l’influence que les saisons exercent sur la mortalité des pneumonies, s’il s’était rappelé ce qu’il avait dit ailleurs, que la plupart des individus âgés de soixante à soixantedix ans avaient été reçus dans les mois de décembre, janvier et février (1), circonstance qui explique suffisamment les résultats plus favorables que l’auteur a obtenus pendant l’été; nouvelle preuve que dans l’emploi de la statistique, si l’on veut arriver à des conclusions rigoureuses, il ne faut pas seulement compter les faits, mais il faut aussi les analyser et les comparer.

En résumé, la considération des saisons n’a pas grande importance pronostique; la mortalité, en effet, est très-variable, nonseulement d’un pays à l’autre, mais encore dans le même pays d’une contrée à une autre. Toutefois, je crois qu’il est vrai de cjire que la pneumonie est généralement un peu plus meurtrière pendant la saison froide.

§ 10. — Constitution régnante. — Épidémie.

Quiconque a observé avec soin et persévérance, aura remarqué qu’à certaines époques, les maladies et les pneumonies en particulier, offrent une bénignité remarquable; beaucoup, quoique trèsétendues, guérissent spontanément, et il suffit des moyens les plus simples, les moins énergiques, pour amener la convalescence. À d’autres époques, les phlegmasies pulmonaires sont plus graves, et celles qui cèdent résistent davantage aux moyens les plus énergiques. C’est là d’ailleurs ce qu’on observe pour toutes les mala-

(1) Archives générales de médecine, 3e série, t. VII, p. 679.

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