‹ Traité de la pneumonieChapitre 20 sur 157 · CAUSES PRÉDISPOSANTES. — CONSTITUTION, TEMPÉRAMENT · texte numérisé non relu

CAUSES PRÉDISPOSANTES. — CONSTITUTION, TEMPÉRAMENT

elles ; c’est ce qui eut lieu, eu particulier pendant l’année 1830, à la Maternité, où, dans un seul trimestre, on en observa onze cas (1). C’est là un fait exceptionnel et qui n’empêche pas d’établir que les femmes récemment accouchées et les nourrices ne sont point spécialement prédisposées aux plilegmasies pulmonaires, comme on l’avait prétendu; il en est de même des femmes grosses.

Je reviendrai plus tard sur ces faits, et je rechercherai quelle est l’influence que la pneumonie a pu exercer sur la marche de la grossesse et celle que l’état puerpéral a imprimée également à la pneumonie elle-même.

§ 3. — Constitution, tempérament.

Hippocrate a noté (2) que les individus robustes étaient plus souvent affectés de pneumonie que ceux qui ont une constitution contraire. Cette opinion du père de la médecine, adoptée par la plupart des pathologistes, est peut-être vraie pour les adultes; les laits que j’ai recueillis semblent la confirmer, puisque sur 30à sujets atteints de pneumonie, 222 avaient une constitution forte ou moyenne, et 82 seulement une constitution grêle et chétive. Cependant, pour conclure légitimement, il faudrait connaître exactement la proportion relative des individus forts et des sujets faibles; ce renseignement nous fait complètement défaut. Ce que je dis des adultes s’applique aussi au jeune âge : les enfants atteints de pneumonie primitive sont généralement forts. Il n’en est pas de même pour les pneumonies lobulaires et pour celles qui sont consécutives.

Un degré d’embonpoint (plus ou moins considérable a été regardé parfois comme une sorte de préservatif contre les inflammations pulmonaires; Triller (3), puis Morgagui (à), ont adopté cette opinion un peu étrange, contredite d’ailleurs par deux faits de pneumonie mortelle, rapportés par l’illustre médecin dePadoue. Quand on considère l’anhélation, la gène plus ou moins grande de respiration chez les sujets obèses, la tendance qu’ils ont à transpirer au moindre exercice, et, par conséquent, à se refroidir, on doit être porté à croire que les individus chargés d’embonpoint doivent être plus prédisposés que d’autres à contracter une pneumonie.

Il est difficile de déterminer l’influence qu’exerce le tempérament

fl) Compte rendu de M. Deplay ( Journ . hebdom., 1830, t. VII, p. 369).

(2) Des airs, des lieux cl des eaux. Traduction Littré, Paris, 1840, t. II, p. 1.

(3) Morgagni, 20e lettre, p. 308, édition de Désormeaux et Destonuet.

(4) Même lettre, §§ 9 et 61.

ÉTIOLOGIE.

sur le plus ou moins d’aptitude à être atteint de pneumonie. Chomel pensait que la maladie frappe indistinctement tous les tempéraments, et si, de 1812 à 1813, ce professeur a trouvé que sur 81 pneumoniques il y en avait 60 qui présentaient les attributs du tempérament sanguin pur ou mixte, il pense que la prédominance de l’affection chez les sujets ayant un même tempérament doit être regardée comme une particularité propre à l’épidémie qu’il observait; circonstance qui avait été notée également dans une autre constitution épidémique qui régna en 1751, et que Brambilla a décrite. Ce savant médecin avait remarqué que les personnes faibles, valétudinaires ou avancées en âge en étaient rarement atteintes, tandis que la maladie sévissait fortement sur les personnes jeunes, pléthoriques, sur les soldats pleins de vigueur et de santé (1).

M. Bouillaud dit que des faits multipliés l’ont conduit à considérer le tempérament lymphatique ou lymphatico-sanguin comme constituant une véritable prédisposition organique pour contracter la pneumonie (2). En analysant mes observations, on pourrait être conduit à admettre la même opinion ; car plus de la moitié des pneumoniques dont j’ai recueilli l’histoire avaient un tempérament lymphatique ou lymphatico-sanguin. Chez un quart, on reconnaissait les traits du tempérament sanguin pur; enfin les autres appartenaient aux tempéraments bilieux ou nerveux ; mais celui-ci, le plus rare de tous, se remarquait à peine dans un douzième des cas. Cependant, malgré la prédominance du tempérament lymphatique ou lymphatico-sanguin chez mes malades, je ne reconnaîtrai pas dans cette circonstance une cause prédisposante de la pneumonie ; car le même fait se retrouve pour toutes les maladies. Il faut donc ne voir ici qu’une influence du climat sous lequel nous observons , où le tempérament lymphatico-sanguin est de beaucoup le plus commun. C’est ce qui explique peut-être d'une manière assez satisfaisante pourquoi Hippocrate, qui observait sous une latitude plus chaude que la nôtre, a prétendu que la pneumonie affectait plus souvent les hommes secs et robustes (3).

§ U. — Conformation thoracique.

Quarin (ù) dit avoir reconnu que les bossus, que les individus

(1) Quarin, Traité des fièvres et des inflam., traduit par Emonnot, t. Il, p. 151.

(2) Clinique de Thôpilal delà Charité , t. II, p. 145.

(3) Loc. cil.

(h) Traité des fièvres et des inflam., t. II. p. 150.

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