CAUSES PREDISPOSANTES. — PAYS MARÉCAGEUX
part un si grand nombre et une si grande variété de pneumonies que parmi les paysans livrés à la culture du riz, dans le canton du Tessin (1). Une pareille opinion est-elle fondée pour tous les pays à marécages?
Afin d’arriver à un résultat un peu positif', j’ai recherché les statistiques que j’ai crues les plus exactes sur les maladies observées pendant un temps plus ou moins long, dans diverses contrées marécageuses; or voici ce que j’ai trouvé. Dans les Antilles anglaises et à l’ile de la Jamaïque, dont le sbl est couvert d’eaux stagnantes, les fièvres intermittentes et rémittentes forment à elles seules près de la moitié des maladies qu’on y observe, et cependant nous avons vu précédemment que la pneumonie, quoique plus fréquente quelle ne l’est dans les îles environnantes, n’avait pus pourtant une fréquence en rapport avec celle des maladies marématiques. Dans la Guyane française, et surtout à Cayenne, si insalubre par le grand nombre de marais qu’on y trouve, les maladies graves des organes respiratoires, malgré l’assertion de Campet (2), s’y rencontrent rarement, ainsi que cela résulte des recherches de Segond, qui a exercé longtemps la médecine dans ce pays (3).
Dans la province du Canada, on observe à la fois et beaucoup de pneumonies, et beaucoup de fièvres intermittentes. Ce fait parait d’abord favorable à l’opinion d’IIippocrale et de J. Frank, mais si l’on étudie séparément et comparativement la fréquence de chacune de ces maladies, dans le Canada supérieur et dans le Canada inférieur, on trouve que, dans le premier, couvert par d’immenses étangs, les fièvres rémittentes et intermittentes existent en beaucoup plus grand nombre que dans le second, et cela dans l’énorme différence de 178 à 26, tandis que la pneumonie, suivant un ordre inverse, est une fois plus fréquente dans la province méridionale que dans celle qui est au nord (comme 60 esta 130); de sorte que ce fait, qui, tout d’abord, semblait favorable a l’opinion du père de la médecine, lui est, au contraire, entièrement opposé. Ou sait aussi, d’après un compte rendu publié par M. Maillot, que les pneumonies sont excessivement rares à Bone (Afrique) ( lx ). 11 en est de même dans la province d’Oran, au rapport de M. Haspel (5), et personne n’ignore pourtant que, dans ces possessions françaises, les fièvres
(1) Praxeos medic., vol. II, partie XI, p. 315.
(2) Maladies des pays chauds. Paris, an X, p. 211.
(3) Aperçu sur le climat et les maladies de Cayenne (thèse de Paris, 1831, n» 133).
(à) Traité des fièvres intermittentes, p. hlU (tableau synoptique).
(5) Maladies de l’Algérie, t. I, p. 18.
ETIOLOGIE.
intermittentes et snbcontinues sont des plus communes. Citons encore l'Egypte, fertile- en fièvres palustres et où la pneumonie, comme nous l’avons dit plus haut, fait si peu de victimes (1).
Si nous recherchons ce qui se passe dans des pays tempérés, patrie en quelque sorte de la pneumonie, nous voyons Monfalcon (2), tout en signalant la fréquence des catarrhes pulmonaires dans les pays marécageux, ne parler nulle part de la pneumonie comme y étant une affection commune. M. Nepple (3) dit bien que la pneumonie est urfe des maladies les plus fréquentes chez les indigènes des pays d’étangs; cependant, si l'on consulte le tableau du mouvement de l’hôpital de Montluel (Ain), que ce médecin a publié (4), on voit que, dans l’espace de quatre ans et demi, sur 1352 individus admis, les fièvres intermittentes et rémittentes formèrent à peu près les trois septièmes des maladies qui furent traitées, tandis que les pneumonies figurent pour un seizième, proportion sans doute considérable, mais qui pourtant n’a rien d’excessif, eu égard à notre climat.
Si, faisant maintenant une contre-épreuve, nous parcourons les pays où la pneumonie est fréquente, tels que la Nouvelle-Écosse, Gibraltar, Malte, les îles Bermudes et beaucoup de nos départements, nous voyons que, dans toutes ces contrées, sons aucune exception, les fièvres intermittentes et rémittentes doivent être considérées comme rares, ou du moins comme peu communes.
De tout ce qui précède, il faut conclure, contrairement à l’opinion d’Hippocrate et de J. Frank, que, dans les pays marécageux, les pneumonies ne sont pas généralement plus fréquentes qu’ailleurs ; il semble môme que les faits qui précèdent nous autoriseraient à renverser la proposition d’Hippocrate et de .1. Frank, et à dire que les pneumonies sont d’autant plus rares dans un pays que celui-ci présente un plus grand nombre de fièvres intermittentes et rémittentes. Cependant une proposition formulée de cette manière pourrait bien être exacte pour les pays chauds et intertropicaux; mais elle cesserait d’être vraie quand on l’appliquerait aux régions septentrionales, au Canada par exemple, où nous avons trouvé beaucoup de pneumonies et beaucoup de fièvres intermittentes. J’ai démontré que la cause qui engendre celle-ci n’est pour rien dans la production des inflammations pulmonaires ; ces dernières dépendent du climat; les autres, au contraire, ne sont que l’effet
(1) Schnepp, Du climat de l’Égypte. Paris, 1862.
(2) Histoire médicale des marais, 2e édition, p. 500.
(3) Essai sur les fièvres intermittentes et rémittentes. 1828, p. 15,
(4) Ibid., p. 397 et seq.
CAUSES l’UÉ DISPOSANTES. — PAYS MAUECAGEUX.
des émanations marécageuses, qu'il est toujours au pouvoir de rhomme de détruire.
Voilà ce que je disais dans la première édition de ce livre, et cependant un auteur allemand, le docteur Hirsch, de Leipsig (1), m’a prêté une opinion bien différente : il m’a accusé d’avoir établi un antagonisme entre la pneumonie et les fièvres intermittentes, et d’avoir soutenu l’idée fort étrange que le pays marécageux excluait la pneumonie. Il n’en est rien ; j’ai soutenu seulement que, contrairement à ce qu’on aurait pu croire à priori, la pneumonieyétait souvent moins commune qu’ailleurs. Mais la proportion eùt-elle été renversée, qu’on n’aurait pas dû en conclure nécessairement à une influence directe exercée par le miasme marécageux; il eût fallu invoquer plutôt l’humidité et les refroidissements auxquels on est davantage exposé dans ces localités; ces causes doivent être d’autant plus actives, qu’elles se trouvent aux prises avec des constitutions plus affaiblies.
Cependant, si l’intoxication marématique ne prédispose point aux pneumonies ordinaires, elle seule peut faire naître, ainsi que nous l’établirons ailleurs, une espèce particulière de pneumonie qui constitue une forme de la fièvre pernicieuse.
L’intoxication palustre peut aussi modifier le caractère des pneumonies spontanées ou de celles qui se déclarent à l’occasion des causes habituelles. C’est ainsi que, dans certains pays, les phleg-1 masies pulmonaires, comme la plupart des maladies aiguës, peuvent se compliquer, habituellement ou à certaines époques de l’année, d’un élément intermittent qui ne constitue pas, il est vrai, le fond de l’affection, mais qui n’en mérite pas moins l’attention du médecin; car la médication spécifique par le sulfate de quinine devient nécessaire, et elle a souvent pour effet, en faisant cesser un simple élément, ou plutôt une complication, d’imprimer à l’affection première une allure plus décidée, une marche plus régulière.
Enfin, la*pneumonie qui survient spontanément à la suite de fièvres prolongées sur des organisations épuisées, peut offrir, dans ses symptômes et dans sa marche, les modifications que nous étudierons ailleurs, en traitant des pneumonies secondaires. C’est ce que M. Catleloup a souvent vu en Afrique (2); mais il n’y a là rien qui soit spécial à l’intoxication marématique ; c’est une pneumonie qui survient sur un organisme affaibli, épuisé, et qui subit des modifications comme toutes celles qui se déclarent dans le cours de
(1) Ilandbuch der histor. geographischen Pathologie , 2° volume. Erlangen,
(2) De la pneumonie d'Afrique. Paris, in-8, 1853.
ETIOLOGIE.
beaucoup d’autres maladies ou bien après des intoxications trèsdiverses. Suivant que celles-ci sont plus ou moins graves, suivant que l’altération subie par l’organisme est plus ou moins attaquable par les moyens dont nous disposons, la pneumonie sera plus ou moins sérieuse; mais, le plus souvent, il n’existe aucune indication spéciale résultant de la cause qui a produit l’état cachectique.
§ 11. — Lieux élevés.
On a encore prétendu que la pneumonie était fréquente dans les lieux secs et élevés. Cependant je ferai observer, avec Chomel, que, jusqu’à présent, il n’existe aucun fait qui démontre cette influence. On a môme dit que si à l’élévation du sol il s’y joignait une saison rigoureuse, l’inflammation des poumons atteignait un haut degré de fréquence; on cite, à ce sujet, l’exemple des troupes françaises qui, ayant séjourné sur le mont Cenis du 15 décembre au 15 mai, furent affectées d’un grand nombre de pneumonies, puisque celles-ci formèrent le quart des maladies qu’on observa à cette époque.
Mais de pareils faits, en les supposant exacts pour le diagnostic, sont encore insuffisants pour démontrer l’influence qu’on suppose avoir été exercée par la localité. Il n’y a rien d’impossible, en effet, que le grand nombre de pneumonies qu’on a observées pendant six mois sur le mont Cenis dépendit de circonstances tout à fait fortuites de constitution médicale. Pour démontrer que l’élévation du sol joue un rôle dans la production des phlegmasies pulmonaires, il faudrait connaître exactement le degré habituel de fréquence de cette maladie, comparativement à ce qu’elle est dans les vallées voisines. Jusqu’à ce qu’un pareil travail ait été fait, on doit considérer comme n’étant pas encore prouvée l’opinion de ceux qui font de la pneumonie une maladie plus commune dans les lieux élevés que dans ceux qui ont une exposition différente.
§ 12. — Saisons.
Quoique la pneumonie puisse se déclarer dans toutes les saisons, presque tous les auteurs cependant ont reconnu qu’il y a, dans l’année, certaines époques où la maladie devenait beaucoup plus fréquente. Depuis Hippocrate, la majorité des médecins a indiqué la pneumonie comme étant une maladie particulière à l’hiver. Cependant Sydenham dit qu’elle a plutôt son maximum de fréquence entre le printemps et l’été (1), opinion que Van Swieteu a soute-
(1) Tome I, p. 398, édition de Baupies.
CAUSES PRÉDISPOSANTES. — SAISONS. 139
nue (1). Il est donc probable que ces auteurs plaçaient le maximum de fréquence de la pneumonie pendant les mois d’avril et de mai. Suivant Chomel (2), la pneumonie régnerait particulièrement à la fin de l’hiver, au printemps et dans le commencement de l’été ; elle serait fort rare dans la deuxième moitié de cette saison et pendant l’automne. A l’appui de cette proposition, il cite une statistique de 97 pneumonies observées par lui et par M. Louis, à l’hôpital de la Charité; or, sur ce nombre, 81 s’étaient montrées de février en août, et 16 seulement dans les cinq autres mois de l'année.
Mes résultats sont conformes à ceux qu’ont obtenus la plupart des médecins qui m’ont précédé. Voici, en effet, comment se sont réparties, dans chacun des mois de l’année, les 553 observations de pneumonies pour lesquelles il a été tenu compte expressément du mois auquel elles se sont déclarées.
Janvier. . .
Février . . .
Mars
Avril. ....
Mai
Juin
Juillet. . . .
Août
Septembre Octobre .. .
Novembre .
Décembre .
Il résulte de ce tableau qu’à Paris la pneumonie aurait son maximum de fréquence dans le mois d’avril; viendraient ensuite, dans leur ordre de fréquence, mars, mai, février, janvier, décembre, novembre et juillet; les mois d’août, d’octobre, de juin et de septembre seraient par contre ceux pendant lesquels la maladie serait la plus rare. J’ai étudié l’influence des saisons sur les deux sexes, et j’ai obtenu pour chacun d’eux en particulier les résultats généraux que je viens d’indiquer. Il n’y a pas non plus pour les âges des différences bien notables; la pneumonie, en effet, sévit, à Paris, chez les vieillards et chez les enfants, à peu près dans les mêmes mois qui sont les plus pernicieux pour les adultes (3). Je
(1) Aggredior imprimis aulem ilia parte anni quæ inter ver algue œslatem ambigens utriusque quasi fihula est, in Aphor, § 879, t. III.
(2) Loc. cil., p. 210.
(3) Durand-Fardel, Maladies des vieillards, p. 510, et Hilliel et Barthez, Ma-
ET10L0UIH.
parle de Paris et des pays tempérés de l’Europe, mais on comprend que la proportion des pneumonies dans les divers mois de l’armée peut changer suivant quelques latitudes.
Des faits qui précèdent, on doit conclure qu’à tous les âges de la vie, la pneumonie primitive a son maximum de fréquence à la fin de l’hiver et pendant le printemps, surtout durant les mois d’avril et de mars; elle devient ensuite plus commune pendant l’hiver, et elle a son minimum de fréquence durant l’été et l’automne. Cependant on a vu par les tableaux qui précèdent que les phlegmasies pulmonaires ne sont pas des affections rares, même dans la saison la plus chaude. Ce que nous voyons ici, à Paris, a été constaté de même par J. Frank dans la Lombardie, en Autriche et dans la Lithuanie (1).
11 est probable que les résultats que j’ai précédemment indiqués doivent assez peu différer dans les divers climats où la pneumonie se montre du moins comme affection commune. A Malte, par exemple, la maladie a, comme chez nous, son maximum de fréquence au printemps, l’hiver vient ensuite, mais l’automne parait y prédisposer davantage que l’été. Dans des climats plus froids, la prédominance de la pneumonie pendant le printemps paraît exister encore. J. Frank dit, en effet, qu’à Wilna il est rare d’observer des inflammations pulmonaires pendant les fortes gelées. Enfin, d’après un relevé publié en Angleterre (2), on dirait que la fréquence de la pneumonie dans chaque saison ne serait peut-être pas très-exactement la même à Edimbourg qu’à Paris ; cependant la différence n’est pas assez considérable pour modifier l’opinion que j’ai émise. Les résultats généraux que je viens d’indiquer semblent aussi devoir être peu modifiés par les constitutions épidémiques. C’est ainsi que sur treize épidémies de pneumonie dont Y authenticité ne soit pas trop contestable, sept ont commencé au printemps, quatre en hiver, une en automne et une pendant l’été.
Le froid doit-il seul être invoqué pour expliquer le grand nombre des pneumonies pendant l’hiver et pendant le printemps? S’il en était ainsi, la fréquence de la maladie devrait être en rap-
ladies des enfants , t. I, 2e édition, p. 536. — M. Despine, dit que dans le canton de Genève les mois se classent dans l’ordre suivant, eu égard aux décès par pneumonie : mars, janvier, avril, février, décembre, mai, novembre, juin, octobre, juillet, septembre, août.
(1) Loc. cit., p. 311 .
(2) Cyclopedia of praclical medecine, t. III, p. 607.
(3) Archives, t. VIII, 3e. série, p. 682.
CAUSES PRÉDISPOSANTES. — VENTS.
Ut
port direct avec l’abaissement de la température. Or, il n’en est rien. Invoquerons - nous plutôt les vicissitudes atmosphériques? dirons-nous que les changements dans la température sont beaucoup plus brusques et plus fréquents dans la première moitié de l’année que dans la deuxième? Cette influence est incontestable, car le froid seul, quand il est constant, soutenu, n’agit pas plus dans la production de la pneumonie qu’une température élevée. 11 n’en est plus de môme des vicissitudes ou du passage subit du chaud au froid, et surtout au froid humide. Cependant avouons qu'il n’y a pas toujours un rapport exact entre la fréquence des pneumonies et les variations atmosphériques. Nous avons vu tantôt que, dans des pays où celles-ci sont bien autrement intenses que chez nous, les pneumonies pourtant sont beaucoup plus rares. L’influence des saisons dans la production des maladies dépend donc très -probablement d’une action complexe, et que nous n’avons pu encore pénétrer tout entière. Nous pouvons aisément saisir à l’aide de la statistique les rapports de fréquence des maladies avec les différentes saisons; mais donner la raison entière, complète, pour laquelle la pneumonie et la rougeole prédominent au printemps, la scarlatine en automne ou dans l’été, etc., c’est là un de ces mystères que nous n’avons pu encore pénétrer.
§ 13. — Vents.
Existe-t-il des vents qu’on puisse considérer comme favorisant le développement rie la pneumonie? Est-il, par exemple, exact de dire, avec J. Frank (1), que les inflammations de poitrine sont communes lorsque les vents du nord ou nord-est viennent à souffler? Je crois qu’il est impossible d’émettre à ce sujet une règle fixe, invariable. Il faut ici avoir égard aux climats dans lesquels on observe. Si, en effet,. J. Frank a vu dans la Lombardie et en Allemagne les pneumonies sévir en plus grand nombre pendant que les vents du nord venaient à souffler, il n’en est plus de môme pour certains pays, puisque, comme je l’ai dit précédemment, à Gibraltar le vent d’ouest est celui qui prédomine pendant les mois où règne le plus grand nombre de phlegmasies pulmonaires. Cependant, à part quelques autres rares exceptions, on peut dire que presque partout les vents nord et nord-est ou nord-ouest sont ceux qui coïncident avec le développement du plus grand nombre de pneumonies; c'est ce qu’on observe en particulier aux îles Bermudes et à la Nou-
(I) Lnc. cil., p. 312.
Ià2
ÉTIOLOGIE.
velle-Écosse. A Paris, voici quelle a été la direction des vents pendant le développement de 5'i pneumonies :
15 pneumonies sont survenues avec le vent nord-est.
avec le nord-ouest, avec le vent nord, avec le sud.
avec le sud-est.
avec sud-ouest, calme parfait.
11 semble résulter de là qu’à Paris les vents du nord sont ceux qui coïncident le plus souvent avec le développement des pneumonies, et que de tous les vents c’est celui du nord-est qui semble exercer le plus d’influence sur la production des inflammations pulmonaires. Mais le nombre de laits est encore trop peu considérable pour avoir une opinion bien arrêtée sur ce sujet. Je dois dire pourtant que mes résultats ont été confirmés par les recherches de Hourmann et de M. Dechambre (1). Ces observateurs ont remarqué pendant trois années de suite à la Salpêtrière, que pendant tout le temps qu’une augmentation considérable eut lieu dans le nombre des pneumonies, la flèche de l’église avait pris la direction du nord-est et s’y était maintenue invariablement. Le Pecq de la Clôture (2) avait fait la même remarque pour la Normandie.
Cependant l’influence qu’exercent les vents du nord dans la production des pneumonies n’est pas absolue, elle peut être modifiée plus ou moins, annulée même par diverses circonstances. C’est ainsi qu’à Genève, pendant l’année 1838, le maximum de mortalité et probablement aussi de fréquence des pneumonies eut lieu en mai, et le minimum en septembre, bien que les vents du nord eussent également prédominé pendant ces deux époques (3).
On conçoit que des changements survenus dans la pression atmosphérique doivent, surtout s’ils sont brusques, amener une perturbation dans la circulation des liquides de l’économie, spécialement dans la circulation pulmonaire; aussi la théorie porterait à admettre que, sous leur influence, on devrait voir survenir beau-
(t) Loc. cit., p. 32.
(2) Maladies épidémiques. Paris, 1776, ire partie, p. 15.
(3) Despine, Annales d’hygiène, t. XXIII . Les vents du nord ont soufflé vingt-deux jours en mai et vingt et un en septembre.
§ là. — Variations barométriques