RAPPORT ENTRE LA CAUSE ET LE SIÈGE
sous l’influence d’une disposition intérieure dont l’essence nous échappe (1).
§ 7. — Ilapport entre la cause occasionnelle et le siège.
Après avoir apprécié à sa juste valeur la part d’influence qui revient à la cause occasionnelle dans la production des pneumonies, je dois rechercher s’il y a quelque rapport entre l’action de la cause excitante et le siège même de la pneumonie. On conçoit aisément que ce rapport doit exister dans un certain nombre de cas. C’est ainsi que lorsque la maladie survient consécutivement à une contusion thoracique, à une plaie pénétrante de poitrine, c’est dans le point même du poumon, qui a été contus et déchiré, qu’on voit la phlegmasie débuter. On comprend aussi que, dans les cas, fort rares, où la pneumonie succède à l’inspiration de vapeurs irritantes, l’inflammation doit spécialement atl'ecler les points où la substance toxique s’est portée en plus grande quantité; c’est ce qui explique peut-être pourquoi, chez les animaux que Bretonneau a exposés aux vapeurs de l’acide chlorhydrique, on a trouvé, à l’autopsie, des noyaux d’hépatisation lobulaire disséminée. Mais les causes occasionnelles qui agissent sur tout le poumon ou sur toute l’économie, comme l'influence du froid par exemple, ont-elles quelque influence sur le siège que la pneumonie occupe? M. Briquet a résolu cette question par l’affirmative (2). De ce que sur lîi pneumonies du sommet observées par ce médecin U fois seulement le refroidissement avait été senti, tandis que sur 50 pneumonies des autres parties de ce viscère il y avait eu 19 fois un refroidissement appréciable, l’auteur en conclut que, relativement à l’influence des causes occasionnelles, les pneumonies du sommet ne suivent pas la loi qui régit les autres phlegmasies pulmonaires, et il est porté è regarder cés inflammations comme ayant un mode de production particulier, lié à l’existence de tubercules pulmonaires. J’examinerai plus tard la valeur de cette dernière opinion; mais, relativement à l’influence que le refroidissement exerce sur le siège de la pneumonie, je dirai qu’elle me semble tout à fait nulle, M. Briquet a eu tort sans doute de tirer une conclusion un peu générale d’un trop petit nombre de faits. Mes observations, plus nombreuses que les siennes , devraient me faire admettre peutêtre une proportion toute contraire. En effet, sur 60 pneumonies
(1) Dictionnaire de médecine, art. Pneümonie.
(2) Archives, t. Vtl.
du sommet, dans lesquelles on a recherché avec soin si quelque cause occasionnelle avait agi, U'S lois il fut démontré que les malades n’avaient été soumis à aucun refroidissement appréciable, chez 15 l’action du froid avait été évidente ; enfin, 2 malades avaient été placés dans des conditions où un refroidissement pouvait, à la rigueur, avoir eu lieu; mais ils ne pouvaient affirmer que cette cause eût réellement agi. Ces faits ayant été comparés à des cas de pneumonie de la base, il en est résulté que chez les malades qui eurent une inflammation du sommet du poumon, il yen avait un plus grand nombre qui s’étaient refroidis que parmi ceux dont la maladie occupait le lobe inférieur. Je ne prétends tirer aucune conclusion de ces faits; je pense qu’il n’y a eu ici qu’une coïncidence toute fortuite, et que le refroidissement, qui, en définitive, est une cause fréquente de pneumonie, n’exerce aucune influence sur le siège spécial de la maladie dans le lobe supérieur ou dans le lobe inférieur.
ARTICLE III