‹ Traité de la pneumonieChapitre 37 sur 157 · PRODROMES DES PNEUMONIES PRIMITIVES · texte numérisé non relu

PRODROMES DES PNEUMONIES PRIMITIVES

La pneumonie débute tantôt tout à coup, surprenant l’individu au milieu de la santé la plus parfaite; d’autres fois, au contraire, elle est précédée, pendant un temps plus ou moins long, par divers troubles fonctionnels qui constituent alors les prodromes de la maladie. J’ai recherché avec le plus gi-and soin, chez la plupart de mes malades, si l’inflammation pulmonaire avait été précédée de quelque phénomène précurseur. J’y suis aisément parvenu en les interrogeant en particulier sur chacune de leurs fonctions dans les jours qui avaient précédé l’invasion des symptômes caractéristiques, ou du moins des symptômes qui avaient été assez intenses ou assez graves pour fixer leur attention. C’est ainsi que je leur ai demandé des détails sur les douleurs qu’ils avaient pu éprouver, sur l’appétit, sur la soif, sur les digestions, sur l’état des forces, etc. La plupart des malades interrogés, en effet, sur l’époque où leur affection a commencé, ont assigné généralement comme en étant le début l’instant où une douleur vive s’était fait sentir au côté, ou bien le moment où la fièvre s’était allumée, le moment encore où ils avaient cessé de pouvoir travailler, négligeant tout à fait de parler des petits malaises qui avaient précédé et préparé le développement des symptômes principaux. C’est parce que les médecins se contentent des premières réponses des malades, qu’ils ont négligé généralement, surtout dans l’histoire de la pneumonie, l’étude des phénomènes prodromiques. Cependant cette connaissance est importante pour l’étiologie et pour le pronostic; elle est indispensable surtout pour fixer exactement la durée de la maladie. En procédant comme je l’ai indiqué plus haut, je suis convaincu que, de seize à soixante-dix ans, on observe des symptômes précurseurs chez près du quart des individus. Je les ai, en effet, constatés chez 50 des 205 individus que j’ai interrogés sous ce rapport. La proportion est restée à peu près la même pour chacune des années 1836, 1837 et 1860. C’est de cinquante à soixante ans et de trente à quarante que j’ai rencontré le plus grand nombre de pneumonies ayant offert des phénomènes prodromiques. Ceux-ci ont consisté,

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