CHAPITRE IV
MODES D’iNVASION.
ARTICLE PREMIER
INVASION DES PNEUMONIES PRIMITIVES
La pneumonie primitive débute généralement, chez les adultes, par un frisson plus ou moins violent et d’une durée variable, bientôt suivi d’une douleur de côté plus ou moins vive, avec toux et oppression; les malades accusent en même temps un malaise général, du brisement dans les membres, de la fièvre et une céphalalgie plus ou moins intense : beaucoup vomissent. Étudions les principaux de ces symptômes sous le rapport de leur fréquence, de leur intensité et de leur mode de succession entre eux.
1° Frisson. — Tous les auteurs ont indiqué le frisson comme étant un des symptômes qui marquaient le plus constamment le début des pneumonies franches. Mes observations justifient complètement cette opinion, puisque sur 182 sujets chez lesquels j’ai recherché avec soin ce phénomène, je l’ai vu apparaître \h 5 fois dans les douze premières heures de la maladie, et chez 110 de ces malades le frisson fut le symptôme tout à fait initial. Cette proportion ne diffère guère de celle que M. Louis avait trouvée déjà (1) ; sur 79 pneumonies dont ce médecin illustre a recueilli l’histoire, il en a noté 61 qui avaient présenté un frisson plus ou moins intense dès le premier jour; le plus souvent ce phénomène avait même marqué le début de l’affection. Ainsi 110 fois sur là5, c’est-à-dire dans près des quatre cinquièmes des cas, le frisson a marqué l’invasion de la’maladie; il en a été le premier phénomène. Chez les autres malades, au nombre de 35, le frisson survint consécutivement à quelque au Ire symptôme, il fut postérieur au point de côté, à l’oppression, à la toux, aux vomissements, à la céphalalgie. Le frisson n’a pas toujours été le même ni d’une égale durée. Sur 103 malades chez lesquels j’ai noté son intensité, je l’ai trouvé violent chez /i6. Le corps fut agité d’un tremblement, souvent avec claquement des dents, comme on le voit dans le premier stade des fièvres intermittentes; chez 37 autres malades, le frisson fut peu intense; enfin, chez les 20 sujets qui restent, il n’y eut que quelques
(1) Fièvre typhoïde, 2e édit., t. II. Paris, 1841.