‹ Traité de la pneumonieChapitre 48 sur 157 · MOITIÉ INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

MOITIÉ INFÉRIEURE

Il y a eu de 20 à 30 respirations par minute

De 30 à AO

De AO à 50

De 50 à 52

Chez A

Chez 7

Chez 9

Chez 2

Chez 3

Chez 8

Chez 9

Chez 2

J’ai également recherché si, dans les pneumonies qui se terminaient par la mort, la dyspnée et la fréquence des respirations étaient plus grandes dans l’inflammation du sommet que dans celle de la base. J’ai précisément observé le contraire. Ainsi, chez ti individus qui succombèrent à une pneumonie bornée au lobe supérieur des poumons, la dyspnée fut médiocre, et le nombre des respirations ne dépassa jamais ââ; tandis que, chez 6 autres sujets qui moururent avec une inflammation du lobe inférieur d’un des poumons, la dyspnée fut beaucoup plus intense que chez les premiers, les mouvements respiratoires s’élevèrent deux fois à 58, et, chez les lx autres, à 52 et à 65. 11 semble même, à priori, que l’inflammation des lobes inférieurs doive produire beaucoup plus de trouble dans les phénomènes respiratoires que la pneumonie des lobes supérieurs, par cela seul que les premiers sont plus volumineux que les seconds, car nous avons vu précédemment que la dyspnée et le nombre des respirations étaient proportionnées le plus souvent à

(1) Archives générales de médecine, 2e série, t. XII, p. Al.

roux.

l’étendue de l’altération. En général, les sujets qui ont succombé ont eu, terme moyen, h ou 5 respirations de plus que ceux qui ont guéri, différence tout à fait insignifiante.

Ce que je viens de dire de la dyspnée et de l’accélération de3 mouvements respiratoires s’applique aussi bien aux adultes qu’aux vieillards. Chez les enfants, surtout dans les deux premières années de la vie, la gêne et l’accélération de la respiration sont des symptômes bien importants, car on les observe pour peu que l'hépatisatiou occupe une certaine étendue. La fréquence de la respiration est beaucoup plus considérable dans le jeune âge que chez les adultes et chez les vieillards. Ainsi, rien de plus commun que de compter de /i0 à 60 respirations et parfois davantage chez les enfants de six mois à deux ans. A un âge plus avancé, de cinq à dix ans, la fréquence de la respiration est moindre que précédemment, mais elle est plus considérable pourtant que chez l’adulte, puisque, en moyenne, elle s’élève au chiffre de h 0 par minute.

Quel que soit l’âge des sujets, il est certaines conditions, telles qu’une grossesse avancée ou une vicieuse conformation du thorax, qui, indépendamment de l’étendue de la pneumonie, rendent la dyspnée plus forte et plus pénible. On conçoit en effet que lorsque l’abdomen est distendu par l’utérus, par une tumeur quelconque, ou par un épanchement liquide, la dyspnée soit toujours plus forte que chez d’autres individus sains dont la pneumonie n’offrirait pas une étendue plus considérable; car, chez les premiers, l’ampliation de la poitrine se fait plus difficilement dans son diamètre vertical. Un surcroît de dyspnée se remarque aussi chez les personnes dont le thorax est vicieusement conformé. Les bossus éprouvent une dyspnée habituelle, qui s’explique facilement par le volume moindre de leurs poumons, par la plus petite quantité d’air qu’ils contiennent, par la difficulté avec laquelle s’opère la dilatation du thorax, à ca’use du rapprochement et du changement de direction des côtes. On conçoit, d’après cela, qu’une pneumonie qui survient chez ces rachitiques, doit beaucoup aggraver la dyspnée habituelle qu’ils éprouvent, alors même que l’inflammation serait limitée à une petite portion du poumon.

S 3. — Toux. i

La plupart des malades ont commencé à tousser dès le début de la maladie. Sur 90 individus chez lesquels la pneumonie est survenue an milieu d’une santé parfaite, sans être précédée de bronchite aiguë ou chronique, la toux a commencé, chez 80 d’entre

SYMPTOMATOLOGIE DE LA PNEUMONIE AIGUE

eux, dans les douze premières heures ; 6 ont toussé pour la première fois à la fin du premier jour, et Zi à la fin du deuxième. En général, le point de côté et la toux sont deux symptômes qui s’excitent l’un l’autre, et qui se suivent de très-près. Beaucoup de malades, en effet, éprouvant le besoin de tousser, s’aperçoivent qu’ils souffrent dans un des côtés de la poitrine; d’autres, au contraire, ressentant d’abord le point de côté et forcés de respirer de temps en temps un peu plus profondément, sont arrêtés par la vivacité de la douleur, et cette circonstance éveille en même temps le besoin de tousser. Après avoir fixé avec soin le début de la toux, j’ai négligé, dans la plupart de mes observations, de décrire ses caractères, sa fréquence, son intensité comparative le jour et la nuit; aussi, lorsque j’ai voulu analyser ce symptôme, je n’ai guère trouvé que trente observations sur l’exactitude desquelles je pouvais compter, et qui seules ont dû me servir pour cette étude. Sur ces 30 malades, il y en a 23 chez lesquels la toux avait une fréquence médiocre, se répétant à des intervalles plus ou moins éloignés ; elle ne constituait pas par elle-même un symptôme fort incommode, elle était néanmoins pénible pour la plupart des malades, chez lesquels elle réveillait la douleur pleurétique. Chez sept individus, les secousses de la toux, plus rapprochées que dans les cas précédents, se répétaient rapidement un grand nombre de fois sous forme de quintes, ordinairement suivies d’expectoration. Il est rare que celles-ci soient aussi fréquentes, aussi pénibles qu’elles le sont dans le catarrhe pulmonaire; elles ne m’ont pas paru, comme celles qui appartiennent à cette dernière affection, augmenter le soir ou pendant la nuit, à l’exception pourtant d’un malade chez lequel elles furent tellement opiniâtres, que, pendant trois nuits consécutives, elles empêchèrent le sommeil complètement. Il est très- rare aussi de voir les quintes de toux de la pneumonie produire, dans la poitrine, derrière le sternum et dans la direction des bronches des douleurs vives, brûlantes, parfois déchirantes, à moins qu’il n’y ait en même temps une bronchite intense, c’est ce que j’ai constaté chez quelques malades.

Le siège de la pneumonie ne m’a pas semblé exercer d’influence sur la fréquence de la toux; celle-ci, en effet, a existé avec quintes aussi souvent dans les pneumonies de la base que dans celles du sommet. Elle m’a paru être aussi d’autant plus fréquente que la phlegmasie pulmonaire était elle-même plus étendue. 11 y a pourtant d’assez nombreuses exceptions; c’est ainsi qu’elle n’a guère été plus fréquente ni [plus pénible chez les sujets affectés d’une pneumonie double que chez ceux qui n’ont eu qu’une pneumonie circon-

Page 1