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VIBRATION DES PAROIS THORACIQUES

I fois en vingt-quatre heures, de constater l’existence de la respira- I tion tubaire, ou de la crépitation. Il faut en conclure que la pneumonie est alors centrale, qu’elle est entourée de toutes parts par i une portion de poumon tout à fait saine, qui, par sa mollesse, son i élasticité et la quantité d’air qu’elle contient, doit être, en effet, un i mauvais conducteur des bruits pathologiques.

A l’article du diagnostic différentiel, je reviendrai avec quelques i détails sur ces faits. Je rechercherai alors s’il est possible de dia- I gnostiquer les pneumonies limitées à un petit espace ou situées à i une certaine profondeur.

8° Pulsations thoi'aciques. — Le docteur Graves a prétendu, id’après un fait qu’il avait observé, que dans les cas de pneumonie, ton pouvait percevoir par l’auscultation, au niveau des parties ma- I lades, la sensation d’un battement d’expansion, analogue à celui que donnerait une tumeur anévrysmale. On conçoit, dit Graves, i que dans les engorgements mous et demi-fluides du poumon, cet (organe uni au cœur par des vaisseaux larges doive être agité de ; pulsations fortes, presque égales à celles d’un anévrysme, ou bien (encore à celles qu’on voit dans certaines tumeurs fongueuses ou tcérébriformes. W. Stokes a adopté l’opinion de Graves, sans citer (pourtant aucun fait concluant en sa faveur (1). Je ne sais si Hournnann et M. Dechambreont voulu désigner un phénomène analogue à celui indiqué par Graves lorsqu’ils disent avoir perçu, dans un (cas de pneumonie, sur tonte la face antérieure gauche du thorax, i une sorte de vibration isochrone à l’impulsion du cœur (2). Quoi qu’il (en soit, c’est là un phénomène des plus rares, pouvant être perçu (pourtant dans des pneumonies qui sont très -étendues, lorsque l’hépatisation est complète et lorsque le poumon malade est en rap- Fport assez immédiat avec le cœur, pour que l'impulsion systolique (puisse être transmise dans la parenchyme pulmonaire. Je crois, en effet, qu’il n’y a ici que propagation de l’impulsion du cœur, et nullement, comme le croit Skoda, battement des artères qui trawersent la partie hépatisée.

§ 9. — Vibration des parois tlioraci€]ucs.

Chez la plupart des individus qui parlent, la main appliquée sur la poitrine perçoit, à l’état normal, des vibrations plus ou moins fortes. Hourmann avait pensé qu’on pourrait tirer parti de pe

(1) Loc. cil., p. 330.

(2) Archives, t. XII, 2“ série, p. 50,

SYMPTOMATOLOGIE DE LA PNEUMONIE AIGUE

phénomène pour diagnostiquer la pneumonie, surtout ?chez les enfants. Il dit, en effet, que si l’on applique la paume de la main au niveau d’une portion de poumon hépatisée, pendant que l’enfant crie, on sent aussitôt le frémissement vibratoire des parois thoraciques, beaucoup plus prononcé que du côté sain (1).

Lorsque je rédigeai la première édition de ce livre, je me livrai à quelques recherches pour savoir si dans la pneumonie de l’adulte le frémissement vibratoire des parois thoraciques était augmenté j comme la théorie semblait l’indiquer. Ayant étudié le phénomène chez des individus dont la pneumonie était parvenue au deuxième degré plus ou moins complet, je constatai que sur huit d’entre eux les vibrations thoraciques étaient sensiblement égales des deux côtés. Deux fois le phénomène était notablement plus marqué au niveau de l’hépalisation, mais la différence n’était pas très-considérable; d’ailleurs, comme la maladie siégeait alors à droite et comme le retentissement normal est communément plus fort du côté droit, la différence que je constatai en faveur de ce dernier avait bien moins d’importance.

Postérieurement à ces recherches, M. Monneret a étudié le phénomène des vibrations thoraciques plus complètement qu’on ne l’avait fait avant lui, et il est arrivé à des résultats confirmatifs de l’opinion exprimée vingt ans auparavant par Hourmann. Pour M. Monneret, en effet, quelle que soit la région que la pneumonie occupe, pourvu qu’elle ait de h) à 15 centimètres de surface, toujours elle donnerait lieu à un ébranlement si facile à constater, qu’on pourrait, d’après lui, arriver aisément à déterminer le siège de la pneumonie. Cette vibration morbide ne serait même point amortie i lorsque l’hépatisation est entourée de toutes parts par une portion i de poumon encore perméable, c’est ainsi que M. Monneret dit avoir pu dans trois cas reconnaître par ce seul signe une pneumo- i nie centrale complètement latente. C’est en raison de ces résultats I que M. Monneret, sans doute dans un moment d’enthousiasme I que peut-être il éprouverait moins aujourd’hui, a signalé la vibra- i tion thoracique comme donnant au diagnostic de la pneumonie des signes plus utiles que ne le font la percussion et l’ausculta- | tion (2).

Malgré toute la confiance que je pouvais avoir dans les résultats a q,ue j’avais obtenus, j’ai dû, en raison de la haute estime que il j’éprouve pour mon collègue et en face d’une opinion si diamétra- i

(1) Revue médicale, année 1838, t. II, p. 137.

(2) Revue médico-chirurgicale, t. IV, année 1848.

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