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EXAMEN DE L’URINE

être hypéréraiés. Dans d’autres cas de pneumonie, le même auteur a vu non-seulement l’albumine, mais encore tous les autres éléments du sang passés dans burine. 11 y avait encore alors probablement quelque grave complication rénale.

Il est plus probable encore que, dans ces cas, comme dans la plupart de ceux où l’on a constaté passagèrement de l’albumine dans l’urine, des vésicatoires avaient été appliqués et que la congestion rénale, purement accidentelle, était due à l’élimination de la cantharidine. Cette circonstance explique aussi pourquoi quelques médecins ont produit des précipités albumineux plus souvent que d’autres. Je citerai M. Becquerel qui, sur vingt et un cas de pneumonie, a trouvé neuf fois de l’albumine dans l’urine au commencement, au milieu ou à la fin de la maladie.

Dans une autre partie de cet ouvrage, je tâcherai de déterminer quelle est la valeur sémiotique des divers précipités de l’urine que je viens d’indiquer. Je renvoie aussi à l’article qui est consacré à la pneumonie bilieuse pour étudier les qualités physiques et chimiques de l’urine qui renferme quelques-uns des principes de la bile.

On n'a pas encore tenté beaucoup d’expériences pour connaître les modifications qui surviennent, pendant le cours des maladies, dans la pesanteur spécifique de l’urine; cependant M. Rayer (1) a publié le résultat de quelques essais faits sur l’urine de 5 pneumoniques. Il résulte de ces recherches que la pesanteur spécifique de ce liquide, calculée d’après l’aréomètre de Baumé qui, pour l’état normal, peut être fixée à 1,018, celle de l’eau étant 1000, était à l’époque de l’invasion de 1,0012; de l’état, 1 ,01M ; de l’hépatisation, 1,0248-1 , 030^1 ; de la convalescence, 1 ,0164-1,004. D’où il résulte que, dans la pneumonie, la pesanteur spécifique de l’urine aurait son maximum quand la maladie est arrivée à son plus haut degré d’intensité, tandis qu’elle serait au-dessous de l’état normal soit pendant la convalescence, soit pendant l’invasion.

Les modifications présentées par l’urine dans le cours de la pneumonie n’ont pas été dilférentes chez l’adulte et chez les vieillards. J’ignore si ce que j’ai dit précédemment peut s’appliquer à l’enfance, car je n’ai fait aucune expérience pour le vérifier, et les auteurs qui ont étudié la pneumonie dans le jeune âge n’en ont nullement parlé.

J’indiquerai dans l’article suivant les modifications qu’éprouve la sécrétion urinaire, lorsque la pneumonie survient consécutivement à une maladie des voies urinaires.

(1) Maladies des reins, t. I, p. 51.

SYMPTOMATOLOGIE DE LA PNEUMONIE AIGUE

§ 5. — Troubles du système nerveux.

L’inflammation pulmonaire excite, du côté du système nerveux, des troubles nombreux. Nous n’allons parler en ce moment que des symptômes les plus ordinaires, renvoyant à l’article Complications pour étudier ceux d’entre eux qui, comme le délire, le coma et les convulsions, impriment à la maladie une physionomie particulière, obscurcissent souvent le diagnostic, modifient le pronostic et sont la source d’indications nouvelles.

Je vais en ce moment me borner à étudier la céphalalgie , l 'insomnie, les troubles des sens et Y état des forces.

1° Céphalalgie. — ■ Parmi les phénomènes sympathiques de la pneumonie, la céphalalgie est un des plus fréquents : c’est ainsi que sur 125 malades chez lesquels la douleur de tête a été recherchée avec soin, il n’y en a que 20, ou un peu moins d’un sixième, qui n’ont jamais présenté ce symptôme à aucune époque de la maladie. Ce résultat diffère à peine de celui qui a été obtenu par M. Louis (1) qui, sur 57 pneumoniques dont il a recueilli l’histoire, vit la céphalalgie manquer tout à fait chez 8 seulement. La douleur de tête se manifeste toujours dès le début de la phlegmasie ; en parcourant toutes mes observations, je n’ai trouvé que 3 malades qui aient fait exception à cette règle. Dans les cinq sixièmes des cas, la douleur occupait tout le front ; chez les autres, elle était bornée, aux régions sus-orbitaires, syncipitale, ou bien enfin elle semblait envahir toute la périphérie du crâne. Dans les quatre cinquièmes des cas, la céphalalgie était vive, incommode, consistait en élancements ou en une constriction pénible; chez un cinquième des malades, elle était légère et en général gravative. Elle acquérait son maximum d’intensité du premier au quatrième jour, diminuait ensuite spontanément, de telle sorte que, chez les cinq sixièmes des malades, elle avait complètement cessé à la fin du septième jour, chez les autres elle a persisté jusqu’au huitième, neuvième et même dixième jour. Dans les faits rapportés par M. Louis, elle n’avait jamais dépassé huit jours. Je n’ai remarqué aucune différence bien notable'sous le rapport de l’intensité de la céphalalgie et de sa durée entre les malades qui ont guéri et ceux qui ont succombé ; toutefois, parmi ces derniers, la céphalalgie n’a manqué que chez un dix-huitième, c’est-à-dire beaucoup plus rarement que chez les autres. On peut établir, comme règle générale, qu’une céphalalgie très-intense

(1) Fièvre typhoïde, 2e édition. Paris, 1841, t. II, p. 4.

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