‹ Traité de la pneumonieChapitre 59 sur 157 · TROUBLES DU SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

TROUBLES DU SYSTÈME NERVEUX

coïncide avec un appareil fébrile violent; toutefois il serait impossible de rien établir d’absolu à ce sujet; il y a de nombreuses exceptions : il n’est pas rare,^n effet, de rencontrer des pneumonies bénignes, peu étendues, qui déterminent peu de fièvre et qui s’accompagnent pourtant d’une douleur de tête très-vive.

La céphalalgie ne m’a offert aucune différence, sous le rapport de la fréquence et de l’intensité, chez l’adulte et chez les individus compris entre soixante et soixante-quinze ans. J’ignore s’il en est tout à fait de même dans un âge plus avancé. Chez les très-jeunes enfants, la douleur de tète est un phénomène qu’on ne peut constater; plus lard, c’est-à-dire de trois à quinze ans, la céphalalgie est moins commune, moins intense et moins persistante que chez l'adulte.

2° Insomnie. — Il est rare que dans la pneumonie le sommeil fasse complètement défaut. L'insomnie est d’ailleurs presque toujours en rapport avec la douleur et avec l’agitation fébrile. Il en est de même de l’inquiétude et de l’irritabilité qu’on remarque surtout chez les enfants, et qui met parfois un obstacle invincible à toute exploration.

3° État des sens. — Ce n’est que dans des cas assez rares, et, pour ainsi dire, accidentellement, qu’on voit survenir dans le cours delà pneumonie un trouble notable des sens. Chez un sixième environ, j’ai noté quelques éblouissements, des étourdissements et des vertiges. Ces phénomènes coïncidaient généralement avec un appareil fébrile intense et avec une céphalalgie frontale violente. D’ailleurs ils étaient le plus souvent passagers, ils n’existaient que dans les cinq ou six premiers jours, et, sauf quelques rares exceptions, ils n’avaient jamais la même intensité ni la même persistance que dans la fièvre typhoïde.

Deux malades, chez lesquels on avait cru d’abord à l’existence d’une fièvre. continue, avaient présenté un bourdonnement trèsincommode ; mais ce phénomène est rare ; M. Louis ne paraît l’avoir noté qu’une seule fois (1).

Pour terminer l’étude des troubles que les^sens peuvent présenter, je dirai que j’ai noté l’épistaxis chez un huitième des malades compris au-dessous de trente-cinq ans. Cette hémorrhagie a toujours été peu considérable; elle a lieu passagèrement et ne s’est montrée que dans le premier septénaire. M. Louis (2) a observé des épistaxis chez 8 des 57 pneumonies dont il a analysé les observait) Fièvre typhoïde, 2e édit , t. I, p. 95.

(2) Ibid., 2e édit., t. II, p. 85.

SYMPTOMATOLOGIE DE LA PNEUMONIE AIGUE

tions dans son immortel ouvrage sur la lièvre typhoïde. L’épistaxis apparut du premier au onzième jour : unique chez 3 sujets, elle se répéta trois, quatre, six et huit jours de suite chez les autres; elle fut quelquefois très-abondante.

§ 6. — État des forces.

Les forces ont été constamment diminuées, et cette diminution était généralement en rapport avec l’étendue de la plilegmasie. Toutefois il y avait à ce sujet de nombreuses exceptions, sur lesquelles je reviendrai plus tard, lorsque je parlerai des pneumonies typhoïdes et grippales. Dans la pneumonie franche, exempte de complication, les malades conservent encore pendant assez longtemps un certain degré de force et d’énergie. Nous avons vu fréquemment se présenter au bureau central des individus qui, éprouvant, depuis cinq, six, sept jours et plus, les symptômes d’une pneumonie grave, venaient cependant seuls et à pied de quartiers très-éloignés ; ils attendaient quelquefois plusieurs heures avant qu’ils pussent être examinés par le médecin de service, et beaucoup, étant désignés pour des hôpitaux lointains, pouvaient encore entreprendre à pied et sans secours une course plus ou moins longue. En général, l’affaiblissement ne fut pas sensiblement plus considérable au début chez les sujets qui succombèrent que chez ceux dont la maladie eut une heureuse issue.

Si pendant les prodromes, des malades ont pu rester levés et continuer à se livrer à leurs occupations, il n’en a pas été généralement de même lorsque la pneumonie a été suffisamment caractérisée. Nous voyons, en effet, que sur 68 malades, 3 lx furent contraints de s’aliteiqtout de suite, moins peut-être à cause de la faiblesse que du malaise général qu’ils éprouvaient. C’est pour le même t motif que 20 autres sujets, sans être forcés de se mettre au lit immédiatement, ne purent cependant continuer à se livrer à leurs occupations ordinaires; enfin les lô malades qui restaient, purent I pendant plusieurs jours encore, vaquer à leurs travaux avec beaucoup de peine, il est vrai, et assez incomplètement. Dans la grande majorité des cas, l’abattement des forces n’existe guère qu’au degré qu’on observe communément dans laplupartdesmaladiespyrétiques 1 de moyenne gravité. Cependant, chez un quatorzième ou chez un 1 quinzième des malades environ, la faiblesse dépassa les limites ordinaires : les individus étaient alors incapables de marcher. Un peu de diarrhée pouvait bien à la rigueur expliquer, dans quelques cas, ce surcroît de faiblesse; néanmoins le plus souvent il était impos-

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