PASSAGE DE LA PNEUMONIE A L’ÉTAT CHRONIQUE
Le passage de la pneumonie à l’état chronique est le mode de terminaison le plus rare de la forme aiguë. Jusqu’à présëntje n’en ai guère obserVé que quatre exemples, et il est beaucoup de médecins qui, dans le cours d’une longue carrière, n’en ont point rencontré. Cependant quelques personnes, par l’interprétation fausse qu’elles donnent à certains phénomènes consécutifs, regardent la pneumonie chronique comme étant une suite beaucoup plus commune de la période aiguë qu’elle ne l’est réellement.^Umporte de rappeler ici un fait peu connu avant mes recherch^^Test la lenteur avec laquelle un poumon liepatisé revient à son état normal. Jai
dit déjà que, pendant une ou plusieurs s~emaines, et parfois pendant un, deux ou trois mois après la guérison apparente d'une pnëiP 'Tndnie, et nonobstant les apparences de" fa santé la plus parfaite, "['auscultation et 'là peTèllSSlOh' pouvaient démontrer qiieTê~pdumoh n’avait pas encore repris toute sa perméabilité. On ne saurait invo^ qtler de pareils faits comme des exemples de pneumonie chronique, pas plus qu’on ne serait autorisé à regarder" comme caractérisant une inflammation chronique la couleur violacée, l’épaississement, l’infiltration séreuse des téguments qui ont été affectés d’érysipèle, à une époque déjà plus ou moins éloignée. Ce sont là des suites, des reliquats de la maladie, ayant en général peu d’importance, et qui, en effet, disparaissent peu à peu, et spontanément; ils ne sauraient donc être assimilés à celte lésion de nutrition, caractérisant la phlegmasie chronique, et qui entretient fatalement, pour peu que l’organe affecté soit important, un trouble fonctionnel, un état morbide plus ou moins sérieux. Comment peut-on songer à rattacher à la pneumonie chronique une faiblesse persistante du bruit respiratoire, une respiration rude, une expiration prolongée, un retentissement exagéré de la voix, quelques râles sous-crépitants persistant parfois dans toute l’étendue d’un lobe, lorsqu’on voit d’ailleurs ces individus recouvrer tout à fait leur appétit, leur embonpoint et leurs forces? Souvent même ils ne toussent plus, et l’on croirait que l'organe est revenu à l’état le plus physiologique, si l’exploration par les moyens physiques ne révélait pas qu’il existe encore une modification dans la perméabilité du tissu. Une inflammation chronique du parenchyme pulmonaire, quelque circonscrite qu’elle soit, est incompatible avec l’intégrité des principales fonctions, c’est-à-dire avec une sauté parfaite.