PASSAGE DE LA PNEUMONIE A L ÉTAT CURONIQUE
ration de tissu et par les cavernes qu’il n’est pas rare de trouver dans celte forme de pneumonie chronique.
L’exploration du thorax démontre que dans la pneumonie chronique il existe une imperméabilité plus ou moins complète d’une partie du poumon. La matité, en effet, est comparable à celle qu’on constate dans les hépatisations rouge et grise. La main appliquée au niveau de l’altération perçoit en outre un frémissement considérable et très-exagéré. On comprend aisément pourquoi le frémissement thoracique est presque toujours augmenté dans l’état chronique, contrairement à ce que nous avons vu dans la forme aiguë de la maladie où tantôt il est augmenté, tantôt diminué, parfois tout à fait normal. C’est que dans la pneumonie aiguë le poumon, quoique induré, est néanmoins loin d’être homogène, tandis que dans la forme chronique il existe non- seulement une compacité plus grande, mais le tissu offre généralement une homogénéité qu’il ne présente que très-rarement dans la forme aiguë, à quelque degré d’ailleurs que l’affection soit parvenue.
En appliquant l’oreille au niveau de la partie malade, on constate presque toujours un souffle rude, très-bruyant, ayant parfois le timbre caverneux et même amphorique, c’est là un fait que MM. Hardy et Behier ont plus particulièrement nolé; cependant il m’existe dans ces cas ni cavernes, ni perforation pleurale. Il est probable que cette exagération du retentissement du bruit respiiratoire dépend d’un renforcement qu’imprime aux vibrations ; sonores la texture nouvelle du poumon. Le souffle peut être pur, i c’est-à-dire sans mélange de râle, mais soit d’une manière continue, ‘soit par intervalles, il existe des râles sous-crépitants ou muqueux | plus ou moins nombreux : les premiers indiquent encore la perméalbilité de quelques vésicules, les seconds se passent dans les broncches. Ces derniers peuvent devenir très-abondants, si abondants qu’ils simulent parfois un gargouillement véritable, sans qu’il existe ccependant dans le parenchyme aucune cavité.
Il peut arriver exceptionnellement, sans doute, qu'au niveau de la portion du poumon chroniquement indurée, et sans qu’il y ait (aucun épanchement pleural concomitant, l’auscultation ne fournisse que des résultats purement négatifs. Là, en effet, où la percussion donne une matité complète, absolue, là où le doigt qui
percute n’a plus aucune sensation d’élasticité, là où l’oreille applb quée ne distingue plus rien, ni murmure vésiculaire, ni bruits mor-
bides, la voix elic-inéme peut ne plus retentir dans ce point; c^st 'Ce qui* fut constaté sur un malade dont Béguin a recueilli l’histoire qui! m’a communiquée. Cet individu, âgé d’une quarantaine d’an-
TERMINAISONS
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nées, de constitution chétive, entra dans le service de Requin, après avoir éprouvé quelques accidents aigus vers la poitrine; il avait encore de la toux et de l’oppression. L’examen du thorax fit découvrir dans le quart ou dans le tiers inférieur du côté droit, une matité complète, avec absence de toute espèce de bruit normal ou morbide. 11 ri’y avait pas ou à peine de fièvre. On crut à l’existence d’un épanchement pleurétique simple; mais plus tard des accidents fébriles irréguliers et un amaigrissement progressif firent soupçonner une complication tuberculeuse. Le malade succomba dans le marasme deux ou trois mois environ après le début de l’affection. A l’autopsie, on ne trouva d’autre altération pour expliquer les symptômes observés pendant la vie, qu’une induration très-ferme, non granulée du lobe inférieur du poumon droit, sans épanchement dans la plèvre, sans tubercules; il n’y avait pas même de granulations miliaires.
Il est difficile d’expliquer l’absence de toute espèce de bruit dans les cas dont je parle. Peut-être alors doit-on supposer que si les bronches de la partie malade ne sont pas précisément oblitérées, elles sont au moins assez aplaties pour ne permettre l’entrée que d’une très-petite quantité d’air. Peut-être enfin un poumon chroniquement induré peut avoir subi une modification telle dans son tissu, qu’il ait perdu la propriété de vibrer, bien que l’air arrive encore dans les principales ramifications bronchiques. Ce sont là d’ailleurs des phénomènes dont on ne saurait encore donner aucune explication satisfaisante.
On conçoit que les phénomènes d’auscultation pourront offrir quelques modifications suivant certaines conditions anatomiques. Ainsi, dans cette forme de pneumonie chronique dans laquelle le parenchyme s’abcédant ou se ramollissant, se creuse de cavités plus ou moins vastes, on entendra le gargouillement, le souffle et une pectoriloquie plus ou moins parfaite, c’est-à-dire les signes qui caractérisent une excavation pulmonaire, quelle que soit la lésion à laquelle elle succède. Si, comme on le voit quelquefois, les parois sont partiellement mortifiées, les crachats et surtout l’haleine des malades exhaleront cette odeur infecte, putride, pénétrante, qui caractérise la gangrène pulmonaire; on pourra observer- a-t-ero-d eysignes d’infection septique, probablement con-
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