PNEUMONIES PÉRIODIQUES. M
intermittentes pernicieuses, accompagnées de phlegmasies thoraciques, assertion d’ailleurs en faveur de laquelle cet auteur n’a fourni aucune preuve précise (1). Le docteur A. Bonnet, de Bordeaux (2), cite deux faits comme étant des exemples de pneumonie intermittente pernicieuse ayant le type quotidien. MM. Delourmel (3), Grégoire (4), Roche et Bucquoi (5), Cazentre, de Bordeaux (6), F.-G. Maillot (7), Blaud (8), Chardon (9), Puntous(lO), Corbin (11), Mondière (12), Rouxeau (13), Saillard (iU), Catteloup (15), etc., etc., ont rapporté des faits analogues. J’ai étudié la plupart de ces observations, et je me hâte de dire que toutes ne sont pas convaincantes; pour beaucoup, le diagnostic est incertain. C’est ainsi que Morton, Arloing, Mouton, ont cru à l’existence d’une pneumonie, par cela seul que les malades avaient éprouvé pendant l’accès, et surtout pendant le frisson, une douleur vive dans un des côtés de la poitrine, accompagnée d’oppression, de toux, symptômes qui peuvent exister très-assurément dans toute autre affection que la pneumonie. Il est à regretter que des auteurs contemporains aient publié des observations presque aussi peu précises. C’est ainsi que si les deux faits rapportés par M. A. Bonnet sont des exemples de fièvre intermittente pneumonique, ils ont néanmoins perdu une partie de leur intérêt, parce que l’auteur a négligé de donner les résultats fournis par la percussion et par l’auscultation. Je n’attache pas non plus une haute valeur aux observations de Fleury et de Cazentre, ni à celles de
(1) Traité des in fl. internes. Paris, 1831, t. II, p. 253 et 255.
(2) Traité des fièvres intermittentes, observ. n° 28, p. 70, et observ. n° 118, p. 386. Paris, 1835, 2e édit., 1853.
(3) Archives, avril 1829, p. 255.
(4) Mémorial des hôpitaux du Midi, année 1829.
(5) Nouv. élém. de palhol. méd.-chirurg . , 3e édit. Paris, 1833, t. I, p. 440.
(G) Lancette, t. VIII, année 1834.
(7) Traité des fièvres. Paris, 1836, observ. 24, p, 126.
(8) Revue médicale, t. III, p. 7.
(9) Gazelle médicale, année 1834, p. 253.
(10) Revue médicale, année 1834, t. III, p. 55.
(I l) Gazette médicale de 1842, p. 426.
(12) Revue médicale, juin 1843, p. 183.
(13) Journal de la Société académique de la Loire-Inférieure, t. XXVII, p. 168.
(14) Thèse inaugurale de 1860, nu 100. Paris, observ. 1 et 2.
(15) Delà pneumonie d’Afrique. Paris, 1853, observ. 9 et 10. L’auteur pourtant a méconnu le véritable caractère de l’affection en regardant ces deux maladies en quelque sorte comme indépendantes et comme étant l’une la complication de l’antre.
formes.
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Blaud, de Chardon et de Pilotons, car elles manquent de renseignements indispensables. Il n’en est pas de même des faits publiés parles docteurs Grégoire, Roche, Maillot, Mondière, Rouxeau, Catteloup, Saillant ; ceux-ci prouvent, en etl'et, de la manière la plus incontestable, que certaines pneumonies peuvent se développer sous l'influence de la cause spécifique qui produit les fièvres intermittentes. Dans ces cas, les symptômes propres de la phlegmasie sont subordonnés, pour ainsi dire, au mouvement fébrile ; ils en suivent la marche, ils se développent, s’accroissent et cessent en même temps que lui. La pneumonie peut donc devenir une des formes de la fièvre pernicieuse. De toutes les fièvres intermittentes pernicieuses dont les manifestations caractéristiques sont fournies par les organes thoraciques, la forme péripneumonique paraît être la plus fréquente; cependant on a rarement occasion de l’observer, à en juger du moins par le peu d’exemples authentiques qu’on a rapportés, et par le silence qu’ont gardé sur elle plusieurs des auteurs qui ont écrit sur les fièvres de marais.
Comme la plupart des accidents pernicieux, la pneumonie peut quelquefois ne se développer que consécutivement à un ou plusieurs accès de fièvre intermittente simple, bénigne; cependant, d’après les faits qui ont été publiés, ce mode de développement serait assez rare. Dans la plupart des cas, on voit, dès le premier accès fébrile, quelques symptômes thoraciques spécialement une douleur pleurétique, fixer l’attention ; mais la maladie ne se caractérise tout à fait que dans les accès suivants. D’autres fois la pneumonie débute d’emblée, comme si elle était simple, par un frisson violent, suivi aussitôt des symptômes caractéristiques de la maladie; et ce n’est alors que par la marche ultérieure qu’on reconnaît la cause spécifique qui l’a produite.
L’accès débute presque toujours par un frisson communément plus violent et plus long que celui des pneumonies ordinaires; tout aussitôt survient une douleur de côté presque toujours très-vive; l’oppression est grande, l’anxiété extrême, les traits sont souvent profondément altérés, le pouls est fréquent, mais mou et dépressible dans beaucoup de cas. Bientôt les malades rejettent des crachats caractéristiques et l’auscultation fait entendre, dans une étendue plus ou moins considérable, une crépitation fine, sèche, nombreuse, mêlée parfois à du souffle. Il est inutile de dire qu’à ce niveau la sonorité est plus ou moins diminuée. Les phénomènes se suivent comme dans toute fièvre intermittente, c’est-à-dire qu’au frisson succède une chaleur ardente, et après six à douze heures arrive une détente complète. La fièvre tombant, les accidents thora-