‹ Traité de la pneumonieChapitre 91 sur 157 · PNEUMONIES PÉRIODIQUES. M · texte numérisé non relu

PNEUMONIES PÉRIODIQUES. M

tontes qui régnaient à Mayence au milieu du siècle dernier, cilc également quelques malades qui furent atteints de pneumonie et chez lesquels on observait des exacerbations plus souvent quotidiennes que tierces. Les faits rapportés par ce médecin célèbre méritent quelque confiance, car l’auteur paraît avoir établi le diagnostic d’une pneumonie, non-seulement d’après la toux et le point de côté, mais aussi d’après l’inspection des crachats qui furent, soit au début, soit à une époque plus avancée de la maladie, sanguinolents, roux, jaunes ou verdâtres (1). J. P. Frank (2) cite au moins sept observations de pneumonies présentant des exacerbations régulières, mais ces faits doivent inspirer quelques doutes : car si l’on excepte le sujet de la quatrième observation (3) chez lequel on nota quelques crachats sanguinolents, on reconnaît que chez tous les autres le diagnostic d’une pneumonie n’est établi que par la toux, par l’oppression, par le point de côté, phénomènes bien insuffisants. 11 en est de même de plusieurs observations rapportées plus récemment pardivers médecins, et en particulier celle que M. le docteur Gouzée a publiée sous le titre de Fièvre rémittente pernicieuse pleuro- pneumonique , puisque cet auteur, qui a incomplètement décrit l’aspect des crachats, a toujours négligé d’explorer la poitrine par l’auscultation et pal' la percussion (â). Au contraire, le fait rapporté par le docteur Chardon (5), bien que très-incomplétement décrit, est réellement un exemple de pneumonie rémittente à accès doubles quotidiens, car le diagnostic fut établi d’après l’existence du point de côté, de la matité, de la crépitation et des crachats rouillés. Ce dernier symptôme a également été constaté par M. Nepple (6) chez un prêtre qui éprouva une lièvre rémittente pernicieuse pneumonique à accès quotidiens. Grifoulière a donné aussi une relation intéressante d’une pneumonie rémittente épidémique qui fut observée par lui, pendant l’hiver de 1833, «à Aubin, département de l'Aveyron (7); l’auteur cite trois observations. C’est encore à une lièvre rémittente pneumonique que se rapportent les faits publiés par M. le docteur Marcé(8).

La pneumonie rémittente est une maladie en somme assez rare;

1 (1) Obs. med. de febribus int., p. 76 et 78.

(2) lnler. clin., obs. selcc. Tubing, 1812, p. 30, 33, 37, ti 1, 42, 56, 58, 61.

(3) Idem, p. 42.

(4) Archives generales de médecine , 2° série, t. IV, p. 71.

(5) Gazc le médicale , année 1834, p. 253.

(6) Fièvre inlermUlcnlc et rémittente, p. 124, 33e observation.

(7) Thèse de Paris, année 1833, n° 94, et Gazette médicale , même année.

(8) Journal de la Société de médecine de la Loire-Infcrieure, I. XVlIt et XXI.

t'OUMES.

elle l’est moins pourtant que l’intermittente. Comme celle-ci, on 11e la rencontre guère que dans les pays marécageux ; elle y est provoquée par l’infection qui produit les lièvres d’accès; on peut dès lors l’observer épidémiquement. Tantôt l’inflammation pulmonaire se présente avec les caractères d’une fièvre rémittente dès le début de l’épidémie, d’autres fois cela n’a lieu qu’après un temps plus ou moins long. Ainsi dans le commencement de l’année 1825, et surtout pendant les mois de février, mars et avril, on vit dans le canton de Montluel une pneumonie grave qui lit périr la moitié de ceux qu’elle atteignit; le règne de cette phlegmasie se prolongea une partie de l’été, et s’accompagna alors de phénomènes rémittents qui exigèrent un traitement spécial (1).

En général, la maladie commence avec les symptômes ordinaires d’une pneumonie franche. Les malades éprouvent un frisson violent, bientôt suivi de chaleur vive, de céphalalgie, et d’une douleur pongitive dans un des côtés de la poitrine. Ces accidents s’accompagnent en même temps d’oppression, de dyspnée et de toux ; les crachats qui sont rejetés offrent souvent dès les premières heures une teinte jaunâtre ou rouillée, et l’examen de la poitrine, à l’aide de l’auscultation et de la percussion, permet de reconnaître et de circonscrire le siège de la pneumonie. Le mou- i vement fébrile, une fois établi, continue sans interruption, mais en éprouvant de temps en temps, et à des intervalles réguliers, des exacerbations et des rémissions.

Les accès sont généralement annoncés par des frissons légers généralement partiels, qui peuvent pourtant manquer quelquefois. Bientôt la fièvre redouble, pendant que les symptômes locaux augmentent parallèlement d’intensité; aussi le pouls devient plus fré— 1 quent, la chaleur s’élève, la face s’injecte, la respiration s’accélère, 1 elle est plus pénible; l’anxiété, la dyspnée, la douleur de côté aug- . mentent; il y a beaucoup d’agitation, et il n’est pas rare alors de voir le délire survenir. On n’a pas toujours exploré la poitrine pendant que ces phénomènes ont lieu, mais il est évident qu’à ce moment un travail morbide très-actif se passe du côté des poumons. Grifoulière s’est assuré, par exemple, qu’il a suffi dans ces cas de dix à douze heures pour voir une portion plus ou moins considérable d’un poumon passer à l’état complet d’hépatisation. Les accès peuvent être beaucoup plus graves encore que nous venons de le dire. Dans ces cas, le faciès des malades est profondément altéré ou frappé de stupeur, la prostration est grande; le pouls est fili-

(1) Nepple, loc. cil-, p. 122.

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forme, quelquefois irrégulier, et d'nne fré/pienee extrême, m bien fin non traire il offre une plu* grande I entent, Après avr. i* pernsié pendant trois, six ou huit heure*, on voi- les symptôme* graves diminuer 4* olenee lantM progreesiveme nt. parfo- ; prevfoe U, ut à (’Ofip , l'oppression et la douleur de e/AA diminuent, le pouls perd de sa fréquente, le s fort** semblent *e ranimer, et te moment de détente eut marqué par nue tuent pin* ou mou,* abondante, Si fondant la rém iss on les syrnptAme* généraux et le* sympfArne* tneaox diminuent d’infensité, il est rare pourtant qu'a néon d’err (, k lexreptio n peut-être dn point de c/aà, eessent enr oplétement. f/auseultation et la pere.n -sion ont prouvé que V altération pulmonaire (/éprouvait pas de changement lien appréciable pendant fa période de rémission.

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Les accès périodique* x’étaïd **en t parfois, de* le début de la phlegmasie, d'antre * for- ; ee‘ e-ci semble, pendatri p .sieur* \ont*, exister *an* exacerbant,, notable, et.ee ri est guère fine ver * le quatr'éme, quelquefois p\ . • ard comme le sixième le septième ou le .n e-,e, rp. -,r. eou ■■,.■■ f.-. a rernar; uer de* exacerba! ions régulière*, comme -, alor* no éiérnerit nouveau était venu *e /André a la maladie primitive \a* exaeerbaîions sorviennent suivant divers type* ; dan* ia pi .par* de* cas,,el e* *r, nt quotidiennes; c'est ce qui a été noté en partir,»» 1er dan* le* épidémie* de \fayenee et du canton d’ Aubin ; hier» p! .< rarement e.le* ont. le* types double * quotidiens o . U erre* , je ne. crois pas qu elle* aient jarna s a (feeté le type q >arte. L'heure a laquelle ces accès surviennent n’offre rien de eonstan t; J. V. Frank s observa communément dan* le et, orant de la journée, la rém *-.o n avait lien le ver et. pendant la nuit, tandis que dans l'épiderme d Aubin, Grlfoolière a remarqué que les exarchat on* revenaient une finis dans les vingtquatre heures, et presque V, u jour s dans la soirée nu pendant la nuit.

Si la maladie doit aroir une is-.ne funeste, le* intermissions sont de moins en moins marquées, et les exacerbations de plus en plus graves. f)ans I épidémie d’ Aubin, les malades qui furent abandonnés

FORMES

à eux-mêmes mouraient du troisième au sixième accès, dans les cas les plus graves; dans les autres c’était un peu plus tard, ou du huitième au dixième jour. La mort peut arriver par suite de l'extension de la pneumonie ; d’autres fois les malades sont emportés par un accès délirant, algide ou comateux. Enfin, M. Maillot (1) dit que la mort peut aussi être produite par une apoplexie pulmonaire; mais il n’invoque aucun fait en faveur de son assertion. Dans les cas, par contre, où la maladie a une heureuse issue, on voit les accès diminuer d’intensité et s’éloigner, en même temps qu’on voit l’état local s’améliorer. Cependant nous ne savons encore rien de précis sur le plus ou moins de rapidité avec laquelle la résolution s’opère, ni sur les phénomènes consécutifs qui peuvent être observés.

En résumé, sous le titre de pneumonies rémittentes , on a réuni des cas qui ne sont pas absolument identiques. La pneumonie rémittente, à proprement parler, est celle qui, procédant de l’infection miasmatique, est liée intimement au mouvement fébrile que celle-ci provoque, de telle manière que la lésion locale suit les phases de la pyrexie, elle augmente, elle décroît périodiquement avec elle, et cède comme elle aussi à l’administration du sulfate de quinine.

Ces cas doivent être soigneusement distingués de ceux beaucoup plus communs, sans nul doute, où l’on voit les deux états morbides se compliquer sans être intimement unis entre eux ou subordonnés l’un à l’autre. Dans les localités marécageuses, rien de plus commun, en effet, que de voir dans certaines saisoils l’élément intermittent venir compliquer un grand nombre d’affections régnantes et se greffer, en quelque sorte, sur elles. C’est ainsi que des pneumonies spontanément développées, ou bien provoquées par un refroidissement, peuvent, à une époque variable de leur évolution, se compliquer d’un état nouveau. Les malades peuvent, une ou deux fois par jour, quelquefois tous les deux jours, presque jamais à un intervalle plus long, éprouver une exacerbation fébrile dont le début est généralement marqué par un frisson plus ou moins fort et qui, après plusieurs heures, se juge par de la sueur ou par une simple moiteur. Pendant ce paroxysme de l’état fébrile, le malaise est plus grand, sans doute, l’oppression est même parfois plus pénible ; mais on ne constate pas communément dans l’état local une exacerbation correspondant à celle qu’on note dans la fièvre. Dans l’intervalle de ces paroxysmes, la maladie ne diffère en rien d’une pneumonie vulgaire. Il y a donc ici deux

(1) Trailé des fièvres inlermiUenlcs. Paii% 183G, p. 42.

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