‹ Traité de la pneumonieChapitre 94 sur 157 · FO KM ES · texte numérisé non relu

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<1li moins où mon observation a exclusivement porte, autant il est commun de voir éclater, dans le cours des rhumatismes articulaires aigus, fébriles, des phlegmasies du péricarde, de l’endocarde et des plèvres, autant il est rare que le parenchyme pulmonaire se phlogose dans ces mêmes conditions. La pneumonie m’a paru même être beaucoup moins commune que ne le sont les accidents si redoutables qui se montrent parfois du côté du cerveau et surtout du côté des méninges.

La pneumonie qui se déclare dans le cours d’un rhumatisme articulaire aigu, peut être une complication toute fortuite, n’ayant avec l’affection aucun lien de parenté. Dans d’autres circonstances, la phlegmasie pulmonaire est manifestement sous l’influence de la diathèse ; elle a dans la manière dont elle débute ou dans la marche qu’elle suit quelque chose d’insolite qui en révèle ou qui du moins en fait soupçonner la nature. On a vu, par exemple, après des douleurs articulaires qui cessaient tout à coup, éclater aussitôt les symptômes d’une pneumonie: M. le professeur Audral en a rapporté une observation des plus remarquables (1). Cette pneumonie une fois déclarée peut ne pas différer par sa marche de celle qui aurait une autre origine, qui serait née tout à fait spontanément ou après un simple refroidissement. Sous ce rapport, la pneumonie ressemble à ces phlegmasies de la plèvre et du péricarde, qui, quoique nées dans le cours du rhumatisme, ont néanmoins la fixité de celles qui sont spontanées, et nullement la mobilité des symptômes articulaires. Le contraire peut cependant avoir heu ; c’est ce que pi’ouve le fait suivant.

En 18ù5, j’ai, conjointement avec mon vénéré maître et ami , M. Louis, donné des soins à une dame de ma famille, alors âgée de quarante-cinq ans, et qui vers le septième jour d’un rhumatisme articulaire fébrile et très-aigu fut prise, sans diminution préalable de l’affection articulaire, d’une vive douleur dans le côté gauche de la poitrine; une crépitation nombreuse, fine et sèche fut presque aussitôt constatée dans toute l’étendue du lobe inférieur, et remplacée au bout de quelques heures seulement par un souille bruyant avec bronchophonie très-retentissante ; inutile d’ajouter que dans ce point la matité était complète. Les mêmes phénomènes, sauf la douleur, se montrèrent aussi au côté droit dans le point correspondant, et cela dès les vingt-quatre premières heures de l’invasion. Bien qu’il n’existât aucune expectoration, nous n’avons jamais hésité, M. Louis et moi, sur le diagnostic d’une pneumonie double

(I) Clinique médicale, t. III, 4e édit., p. 43G.

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