‹ Traité de la pneumonieChapitre 96 sur 157 · PNEUMONIES PUERPÉRALES ET VERMINEUSES. Û · texte numérisé non relu

PNEUMONIES PUERPÉRALES ET VERMINEUSES. Û

puerpéral, que les auteurs ont rapportées, celle que Hildenbrand nous donne (1), on est porté à conclure que les phlegmasies pulmonaires qui éclatent peu de jours après l’accouchement ne présentent rien d’assez spécial dans leur physionomie pour pouvoir constituer une forme spéciale. Rien d ailleurs n’est plus rare que de voir une pneumonie apparaître d’emblée chez une femme récemment accouchée. Je crois n’en avoir observé qu’un seul exemple pendant une période de vingt-cinq ans. Cependant, en raison de l’état organique tout spécial au milieu duquel la phlegmasie pulmonaire éclate, et de la tendance qu’a tout travail inflam» matoire à aboutir alors promptement à la suppuration, il faut peut-être redouter davantage celte terminaison. J’ai souvent entendu citer à Chomel l’exemple d’une dame qui, heureusement accouchée, éprouva, le jour suivant, un petit malaise, mais si léger qu’il n’excita pas même l’attention de son accoucheur, praticien fort expérimenté. Chomel ayant visité la malade dans la journée même, trouva de la matité et une respiration bronchique dans tout un côté de la poitrine; douze heures plus tard, la malade avait cessé de vivre. L’autopsie ht découvrir une hépatisation rouge et grise de tout un poumon.

3° Pneumonies vermineuses. — Nul doute que les vers intestinaux ne puissent provoquer, par voie de sympathie, des accidents plus ou moins graves. C’est là une vérité proclamée de tout temps; mais à dater du xvnc siècle, on soutint que les helminthes du tube digestif pouvaient produire, en outre, des maladies générales, comme diverses pyrexies; ou provoquer l'explosion de phlegmasies graves, comme pneumonies ou autres. Ces idées ont eu cours dans la science pendant le dernier siècle, et même au commencement du nôtre; pendant cette longue suite d’années, on a décrit dans toutes les parties de l’Europe des épidémies de maladies dites vermineuses. Il suffisait en effet que les malades rendissent quelques lombrics, quelle que fût d'ailleurs la nature de l’affection, pour assigner à celle-ci une origine commune; les vers étaient regardés comme en étant la cause, et la maladie était dénommée et traitée d’après celte supposition. Ces doctrines sont, depuis quarante ans, complètement abandonnées; il n’existe en effet aucun lien, aucune corrélation entre l'affection pulmonaire et les vers intestinaux. Lorsque, dans le cours d’une pneumonie, les malades rendent quelques lombrics par la bouche ou dans les selles, on ne doit voir dans cette expulsion qu’un épiphénomène sans importance et ne

(1) Médecine pratique, t. I, p. 186.

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