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devant pas sensiblement modifier la thérapeutique de la plîlegmasie. Celle-ci 11e peut être la conséquence des vers ; elle en a seulement, dans beaucoup de cas, dévoilé la présence. La diète imposée aux malades, l’ingestion de divers médicaments, ont pu tuer des vers dont on ignorait l’existence, et provoquer leur expulsion; en pourra dès lors être autorisé à administrer des anthelminthiques; car on peut supposer qu’il existe encore quelques autres individus; mais en le faisant on obéit à une indication secondaire, et l’on ne doit pas espérer exercer la moindre influence sur l’affection principale.
§ 7 . — Pneumonie traumatique*
Les auteurs ont distingué une forme de pneumonie qu’ils ont nommée traumatique, parce qu’elle survient consécutivement à quelque violence extérieure; mais nulle part, avant ce livre, on ne trouvait quelques indications un peu précises sur cet accident. Les chirurgiens, qui seuls auraient pu nous le faire bien connaître, en ont tout à fait négligé l’étude. Dans la première édition, j’avais cherché à exciter leur zèle, mais ils sont restés sourds à mon appel, et la science est presque aussi pauvre aujourd’hui qu’elle l’était en 18M. La thèse inaugurale de M. le docteur Legouest, soutenue à Paris en 18A5 (1), est le seul travail un peu important que je connaisse; cependant, basé sur des observations pour la plupart très-incomplètes, il a été impuissant à combler la lacune que je signale; peut-être aussi pourrait-on reprocher à l’auteur d’avoir cru la science plus pauvre encore qu’elle n’était, en méconnaissant dès les premières lignes de son écrit les efforts tentés avant lui.
J’ai dit, à l’article Etiologie , qu’une pneumonie pouvait succéder à une contusion du thorax, ou bien à une plaie pénétrante de poitrine, compliquée ou non de la présence de corps vulnérants; elle peut encore être provoquée par la pénétration d’un corps étranger par la voie du larynx.
Une pneumonie* disons-nous, peut être la conséquence d’une contusion du thorax : j’en ai recueilli quatre exemples. Elle peut même se déclarer brusquement, à l’occasion d’un violent effort pour soulever un fardeau, ou pour se retenir et empêcher une chute imminente: c’est ce que j’ai constaté quelquefois. Lorsque la pneumonie succède à ces violences, il y a d’abord une douleur plus
(1) Numéro 41. — Dans son Traité de chirurgie d'armée, Paris, 1803^ l’auteur ne dit rien de plus précis sur la pneumonie traumatique.
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ou moins vive, effet immédiat de l’acte traumatique ; mais presque aussitôt surviennent du malaise, un frisson, de la fièvre, de la toux, puis les malades rejettent des crachats tantôt sanglants, tantôt rouilles, et tout à fait caractéristiques.
Dans les trois cas où la pneumonie a succédé à une contusion du thorax, j’ai vu la phlegmasie débuter au niveau même du point contus (1); c’est là qu’on a d’abord entendu la crépitation fine et sèche, et que le son s’est obscurci. A l’exception d’un malade chez lequel la pneumonie ne paraît pas avoir franchi le premier degré, on vit chez tous les autres la phlegmasie parvenir promptement à l’état d’hépatisation rouge.
Les crachats furent rou illés et semblables à ceux des pneumonies ordinaires ; chez un seul ils furent durant plusieurs jours tout à fait hémoptoïques, et ce n’est que plus tard qu’apparut la couleur rouillée caractéristique. Le pouls, qui s’éleva une fois jusqu’à 120, ne dépassa pas généralement lOà. Le nombre des respirations varia entre 2k et kk. Chez un malade, dont l’observation m’a été communiquée par M. le docteur Barth, on nota une grande prostration, qui ne semblait pas proportionnée au peu d’étendue de la pneumonie ; chez ce malade, l’haleine devint fétide dès le début, et persista telle pendant environ sept jours. Ce symptôme pouvait bien faire soupçonner qu’il s’était fait un point gangréneux dans le poumon. Rouppe a noté cet accident comme étant assez fréquent dans les pneumonies qui surviennent sous l’inlluence d’une violence extérieure, mais l’observation clinique n’a nullement confirmé depuis l’opinion du médecin hollandais.
Chez les malades dont la pneumonie a succédé à une contusion du thorax, j’ai trouvé (pie le phénomène prédominant, celui qui en outre a persisté le plus longtemps, est la douleur de côté, résultat non -seulement de la pneumonie, mais plus encore peut-être de la meurtrissure des parties molles.
La pneumonie a suivi chez tous une marche régulière; elle est restée limitée au petit espace qu’elle avait d’abord occupé ; elle s’est heureusement terminée dans tous les cas, et sa durée a été sensiblement plus courte que celle des pneumonies spontanées ou qui succèdent à un refroidissement.
Les pneumonies qui surviennent à la suite d’une contusion du thorax et peut-être même celles qui succèdent à un effort doivent être la conséquence d’une at tri lion, d’une déchirure du tissu pul-
(1) Chez le quatrième malade, la pneumonie siégeait à la base, mais l’observation est muette sur le point du thorax qui avait été contus.
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