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moindre. Colle-ci peut être considérable ; M. le professeur Gosselin en a cité un très-remarquable exemple (I). Dans les cas de déchirure centrale et étendue, on peut au niveau du loyer constater tout d’abord du souffle et du gargouillement. Aussitôt après l’accident, du sang est rejeté en plus ou moins grande abondance ; bientôt les parois de la caverne s’enflamment, mais quelques-uns des signes de cette pneumonie peuvent être modifiés; c’est ainsi que la crépitation, conséquence de la phlegmasie, est masquée parfois par des râles plus humides et plus bruyants. Cependant l’hépalisation, survenant promptement, se traduit, comme dans les pneumonies primitives, et par le souffle tubaire et par de la bronchophonie; puis lorsque la résolution se fait, on perçoit la même crépitation de retour. Lorsque le désordre a été considérable, les crachats rouillés peuvent manquer, ils sont masqués ou remplacés peut-être par une expectoration franchement sanglante. Le sang rouge, rutilant d’abord, finit par être noir comme il l’est dans l’apoplexie pulmonaire. Dans l’un et l’autre cas, en effet, c’est le sang infiltré dans le poumon qui s’élimine peu à peu.
On pourrait croire qu’après ces déchirures l’inflammation du poumon devrait être toujours vive et l’issue souvent fatale. 11 n’en est rien ; nous voyons, en effet, le malade dont M. Gosselin a rapporté l’intéressante histoire guérir avec une promptitude telle, qu’il était en convalescence dès le onzième jour, et qu’au quinzième la respiration était devenue partout vésiculaire. On lit aussi dans le Moniteur des hôpitaux (2) l’histoire d’un malade traité par le docteur Hillairet, et ayant, à la suite d’une chute faite d’un deuxième étage, subi de nombreux traumatismes, parmi lesquels, sans doute, une fracture d’une ou de plusieurs côtes avec déchirure du poumon. Le blessé présentait le troisième jour les signes d’une pneumonie double déjà arrivée au degré d'hépatisation; il guérit néanmoins après un traitement énergique, et bien qu’il ne soit pas possible de calculer exactement la durée de son affection, on peut dire que celle-ci se termina en moins de dix à douze jours.
Lorsqu’on voit ainsi se résoudre en aussi peu de temps une inflammation consécutive à des déchirures et à de vastes crevasses du poumon, il est permis de supposer qu’il doit en être de même des pneumonies qui succèdent aux plaies pénétrantes par instrument piquant ou tranchant. Dans la plupart de ces cas, l’inflammation reste circonscrite à un petit espace, c’est ce que note égale-
(1) Mémoires de la Société de chirurgie, t. I, p. 201.
(2) Année 1854, p. 1186 ; observation recueillie parM. Chairofl.