PNEUMONIE TRAUMATIQUE
inentM. Legouest; elle ne dépasse pas fréquemment lepremier degré, et si elle atteint jusqu’au deuxième, on voit la résolution se faire prématurément, si on la compare à ce qui se passe communément dans une pneumonie spontanée.
On comprend aisément qu’il ne doit pas en être généralement de même dans les blessures compliquées de la présence du projectile et d’autres corps étrangers entraînés avec lui. L'inflammation est communément alors plus étendue, la suppuration beaucoup plus fréquente, aussi les abcès, qui sont si rares dans la pneumonie spontanée, se rencontrent ici beaucoup plus souvent.
Ces abcès sont parfois primitifs, et sont la conséquence du travail pldegmasique qui survient immédiatement après la blessure; ailleurs ils ne se développent que longtemps après l’accident. On lit, en elfet, dans les recueils de chirurgie, une foule d’observations d’individus qui, à la suite de plaies pénétrantes, ont gardé plus ou moins longtemps dans leur poumon le projectile qui s’y est enkysté. Quelques-uns de ces malades se sont rétablis, les autres sont restés souffrants, ayant de l’oppression, expectorant plus ou moins, présentant quelques signes locaux d’induration, véritable forme de pneumonie chronique; souvent même ils sont minés par la fièvre hectique. Mais après un temps plus ou moins long, ces individus expulsant tout à coup le corps étranger, on voit les accidents s’amender promptement, à moins pourtant que les désordres produits n’aient été trop considérables, ou que le corps étranger n’ait été l’occasion d’un développement de tubercules dans les poumons. Le corps vulnérant est parfois rendu par expectoration ; il sort accompagné d’une quantité de pus plus ou moins considérable. Ailleurs, ayant cheminé jusqu’à la plèvre, il y suscite une phlegmasie adliésive, puis le travail morbide se propage aux parois, et à la faveur d’un abcès qui se produit, on voit le corps étranger être éliminé.
Ce que je viens de dire s’applique aux corps vulnérants violemment introduits à travers les parois thoraciques; mais nous avons vu que des accidents inflammatoires pouvaient également être provoqués par ceux qui s’introduisaient par la partie supérieure du larynx. Les désordres sont ici moins considérables , quoique souvent le corps vulnérant ait parcouru un long trajet dans le poumon. C’est ainsi qu’on a vu des épis de diverses graminées conservés dans la bouche s’acheminer vers le larynx , y pénétrer, s’enfoncer fort avant dans les bronches, labourer en quelque sorte le poumon, et s’ouvrir, à la faveur d’un abcès, une issue sur un point des parois thoraciques, après n’avoir provoqué souvent GniSOLLE. 28