‹ Traité de la possession dans le droit romainChapitre 16 sur 183 · Jhering. Volonté, p · texte numérisé non relu

Jhering. Volonté, p

Le corpus et Vanimus ne sont donc pas deux éléments indépendants l'un de l'autre : le corpus est le fait de la volonté, il est impossible qu'il existe avant la volonté, et d'autre part Vanimus n'existe que pour autant qu'il se réalise dans le corpus. Le corpus étant l'expression de Vcuiimus^ ces deux éléments, corpus et animusy sont entre eux dans une relation telle qu'il est impossible que l'un existe sans l'autre dans le monde extérieur. Exactement comme, la parole étant l'expression de la pensée» il serait impossible de concevoir une parole existant préalablement et à laquelle viendrait se joindre une pensée après coup, et de même on ne pourrait concevoir une pensée existant déjà pour le monde extérieur à laquelle viendrait se joindre après coup la parole destinée à l'exprimer *.

Le corpus est l'élément extérieur de la possession, et si l'on se reporte à Tétymologie de possessio, on est amené à concevoir le corpus comme l'occupation effective de la chose. Il est incontestable d'ailleurs que^ dans une civilisation primitive, la possession implique nécessairement une occupation effective ; car à défaut de frein moral et juridique suffisamment efficace, le possesseur sans occupation effective se trouve à la merci de quiconque*.

Cette conception primitive et rudimentaire du corpus est encore celle qu'adopte Savigny, puisqu'à ses yeux, {( on est en possession d'une chose lorsqu'on a la possibilité, non seulement d'en disposer soi-même physiquement^ mais encore de la défendre contre toute action étrangère ^ » Le corpus est, en d'autres termes pour Sa-

1. Jhering, Volonté, p. 30 et s.; Kuntze, p. 92 et s.; Lenz, p. 168 et â. ; SaleiUes, Rev, bourg, enseig. sup., III (1893, p. 122>124.

2. Ce phénomène ne nous est-il pas attesté actueUement encore par le régime foncier des peuplades sauvages et môme de certaines colonies naissantes. Comparez par exemple : Nys, dans la Revue (le Droit international et de Législation comparée, 1903, p. 327, et les autorités qu'il cite.

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