Jhering, Volonté, p
se
ter cette bizarre distinction, qui, par des raisons dépure dialectique, conduit à faire à l'inventeur de mauvaise foi une condition meilleure que celle de l'inventeur de bonne foi. Pour nous, l'inventeur en prenant la chose en obtient toujours la possession; la possession ne pourrait lui être refusée qu'en vertu d'une disposition positive ; or il n'existe «aucune trace de pareille disposition dans nos sources. D'ailleurs la possession de l'inventeur de bonne foi ne se justifie-t-elle pas par les meilleures raisons d'ordre pratique? Priver l'inventeur de toute protection possessoire, ce serait compromettre étrangement les intérêts tant du propriétaire que de Tinventeur; car cela équivaudrait en fait à supprimer complètement toute protection possessoire aussi longtemps que le propriétaire ne serait pas découvert *.
La possession et la détention dans le droit moderne.
La manière de concevoir la relation entre la possession et la détention a une importance capitale de lege ferenda; car le législateur s'orientera tout différemment, selon qu'il adoptera le point de vue de Savigny ou celui de Jhering.
Pour Savigny, la possession et la détention sont deux institutions placées exactement sur la même ligne : Tune est aussi régulière et normale que l'autre; ce qui est exceptionnel et anormal, — et doit par conséquent être réduit à sa plus simple expression, — ce sont les cas de possession sans animus domini, les cas de possession dite dérivée.