‹ Traité de la possession dans le droit romainChapitre 83 sur 183 · Pflûger, p. 11 et s · texte numérisé non relu

Pflûger, p. 11 et s

L'institution des interdits retinendae possessionis a consacré la disjonction du possessoire et du pétitoire, et nous avons vu que cet événement s'explique très naturellement par l'organisation particulière de la procédure revendicatoire romaine {per sponsionem ou per formulam petiloriam), qui faisait ladifTérence tranchée que l'on sait entre Vonus petitoris et le commodum possessoris. Il n'est peut-être pas inutile d'insister sur ce point que la disjonction du possessoire et du pétitoire est due à une circonstance spécialement romaine; car dans un système qui ne différencierait pas essentiellement le rôle respectif des adversaires aux prises dans la procédure revendicatoire, on comprendrait plus difticilement l'utilité d'une instance spéciale et indépendante destinée à assurer à l'un des adversaires tel rôle de préférence à l'autre. Ainsi dans le droit germanique, la procédure revendicatoire ne différenciait pas d'une façon aussi tranchée ([ue dans le droit romain le rôle du demandeur et le rôle du défendeur; sans doute le droit germanique avait aussi une instance destinée à trancher la question de possession préparatoirementaux actions réelles; mais le possessoire n'y avait pas une importance suffisante pour être disjoint systématiquement du pétitoire; aussi le possessoire et le pétitoire pouvaient-ils y être cumulés : lorsque les parties se disputaient à la fois et le commodum possessoris et la propriété d'un immeuble, le juge n'avait pas à régler le différend possessoire séparément, il pouvait même écarter complètement ce différend en statuant d'emblée sur le droit de propriété ^ C'est sans doute sous l'empire des mêmes idées, que des praticiens allemands du xvn'' et du xviii* siècle et même des romanistes du xix*" siècle se montrent hostiles à la séparation absolue du possessoire et du pétitoire, et enseignent que le juge du possessoire doit, lorsque la propriété est établie dès l'abord,

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