‹ Traite de la predication a l'usage des seminairesChapitre 40 sur 89 · DE LA COSTENANCE DU CORPS · texte numérisé non relu

DE LA COSTENANCE DU CORPS

Une belle contenance éloignée de toute affectation fait impression sui- tous les hommes, quels qu'ils soient, et il est impossible de voir, sans être frappé, un prédicateur en chaire dont le maintien grave et plein de dignité est en même temps humble, simple et surtout honnête : car l'honnêteté est le plus doux de tous les charmes et dispose les cœurs à écouler favorablement. Voici les règles à observer à ce sujet.

1° 11 faut tenir le corps droit, status erectus et celsiis, dit Cicéron ', mais non pas rejeté en arrière avec fierté, ni trop roide comme ces hommes tout d'une pièce dont parla Epictéle, incedunt quasi vem déglutissent '. •w

2° 11 ne faut ni se balancer à droite et à gauche, ni se courber, ni s'appuyer sur les coudes, ni faire du tapage et frapper des coups de pied dans la chaire , ni se permettre certaines contenances molles et efféminées, certains laisser-aller qui annoncent trop un homme sans gêne, ni tenir le corps immobile, ce qui rend l'action froide et ennuyeuse, ni trop l'agiter, ce qui déroge à la dignité de la chaire.

3" On demeure debout pendant l'exorde, tenant la barrette des deux mains sur le bord de la chaire; on s'assied et on se couvre en commençant la première partie ; on reste assis tant qu'on raisonne, qu'on expose, qu'on explique ou qu'on narre; on se lève pour apostropher, pour presser l'auditeur, pour animer les endroits pathétiques et pour prononcer la péroraison.

4° On se découvre au nom de Jésus-Christ, puis quand on fait une prière à Dieu ou aux saints, enfin, pendant la péroraison ; et dans tous ces cas, on tient la barrette de la main gauche pour gesticuler de la main droite; car jamais la main qui lient la barrette ne doit gesticuler.

• Orat., ux. — * Arrian., lib. I, c. xxi.

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