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DES CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES QU'ON PEUT FAIRE SUR LES SACREMENTS

Ces considérations ont pour objet de faire ressortir l'excellence des sacrements, leur nécessité, leurs avantages, les dispositions qu'on y doit apporter et les défauts qu'on y doit éviter, ks obligations qu'ils imposent et le sens des cérémonies par lesquelles ils se confèrent,

De la manière de faire ressortir l'excellence des sacrements.

On fait ressortir l'excellence des sacrements en montrant qu'ils ne sont point d'institution humaine comme les autres cérémonies de l'Église, si vénérables cependant à lanl de titres ; qu'ils viennent du ciel même et ont Dieu pour auteur; qu'ils sont le canal par lequel Jésus-Christ nous communique les mérites de son sang, et répand sa grâce dans nos âmes; qu'enfin la manière dont ils opèrent mérite toute notre admiration et tout notre amour : un peu d'eau, d'huile ou de pain, quelques paroles, et par l'application de ces éléments si simples, si connmuis, l'âme qui n'y mol point d'obstacle est infailliblement purifiée, quelles que soient ses souillures. Digne de l'enfer et esclave hideuse du démon avant les paroles sacramentelles, elle apparaît tout à coup, dès qu'elles sont prononcées, digue du ciel, belle aux yeux de Dieu et de ses anges; ou, si déjà elle é^ait juste

I Voyez Pastoral de Limoges, t. II, 11" piutie, lit ii, c. t.

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auparavant, elle devient plus pure, riche d'un nouveau degré de grâce en ce monde et de l'espérance d'un nouveau degré de gloire dans l'autre. Quoi de plus merveilleux ! Outre ces titres d'excellence communs à tous les sacrements, chacun a les siens propres; par exemple, le Baptême, la Confirmation et l'Ordre impriment dans l'âme un caractère ineffaçable, lequel sera pendant toute Fèteruité comme une décoration magnifique, un insigne de gloire qui brillera au milieu des splendeurs du ciel, si la sainteté de la vie y a correspondu. Et que dire de l'excellence de l'Eucharistie, sacrement ineffable qui renferme un monde de miracles, sacrement permanent par lequel un Dieu demeure avec nous et nous donne non-seulement sa grâce, mais l'auteur même de la grâce, qui choisit nos cœurs pour son paradis en terre, de sorte qu'autour de celui qui a communié, des légions d'anges sont prosternées adorant leur Dieu dans ce nouveau ciel où son amour se plaît à habiter. Quelle riche matière à l'éloquence du prédicateur, et qu'il y a là un beau champ pour faire ressortir la bonté, l'amour, la miséricorde de Dieu, qui met à des conditions si faciles le pardon des plus horribles offenses, qui verse si abondamment sa grâce dans les âmes, et enfin se donne tout entier lui-même !

Comment expliquer la nécessité des sacrements.

On peut distinguer ici trois sortes de nécessités, la nécessité de moyen, la nécessité de précepte, la nécessité que j'appellerai accidentelle. Un sacrement nécessaire de nécessité de moyen est celui qui, d'après l'institution divine, est le seul moyen que nous ayons d'arriver à la justification quand nous sommes en état de péché : c'est la planche de salut qui reste au naufragé ; il serait bien coupable, bien ennemi de lui-même s'il n'en profitait pas, et justement on lui appliquerait les paroles du Prophète : Perditio tua, Israël^ ! C'est la considération que doit développer le prédicateur en traitant soit le sacrement de pénitence, soit l'obhgation de faire baptiser les enfants le plus tôt possible après la naissance, soit même l'extrêmeonction, puisque, établie par Jésus-Christ comme supplément du sacrement de pénitence, elle a la vertu de remettre les pécliés mortels qui n'auraient pas été remis par ce sacrement, soit qu'on n'eût pas pu le recevoir, soit qu'on l'eût reçu invalidemenl, soit qu'après

* Osée, xi.'i, 9

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l'avoir bien reçu on oùt coiiiinis un péché inortol dont on no songerait pas à se confesser. — Le prédicateur doit, en second lieu, faire ressortir la nécessité du précepte, en montrant : 1' que la bonté de Dieu ne se borne pas à nous offrir ses trésors ; son amour est si grand qu'il nous fait une loi de les recevoir : quelle ingratitude si nous refusons ! 2» qu'en désobéissant à Dieu dans un précepte si ai- H)able, nous l'outrageons de la manière la plus sensible, nous le blessons au cœur, si l'on peut ainsi dire; et son amour, converti en colère par notre malice, nous menace de châtiments éternels. — Enfin, le prédicateur fera ressortir la nécessité accidentelle des sacrements, en montrant qu'ils sont pour plusieurs un secours nécessaire pour vaincre leurs mauvaises' habitudes, résister aux tentations et opérer leur salut : combien se soutiendraient dans la vertu s'ils Youlaicnt se confesser souvent, communier de temps en temps 1 Mais en se privant de ce secours, abandonnés à leur propre faiblesse, ils 5ont incapables de prendre le dessus sur le démon, sur eux-mêmes €l les tentations qui les assiègent.

Coraincnt expliquer les avantages que les sacrements confèrent à rame?

11 est très-important d'exposer ces avantages, afin de porter les 5mes à l'amour de nos sacrements. Bourdaloue, dans son sermon pour le treizième dimanche après la Pentecôte, se plnint en particulier de ce qu'on parle trop peu aux fidèles des trésors inestimables que renferme le sacrement de pénitence ; et en conséquence il s'attache à prouver que la confession est à la fois le remède du piché et Le préservatif contre la rechute. Conformément à l'exemple et au conseil de ce roi des prédicateurs, on ne saurait trop expliquer aux fidèles les avantages des sacrements. Il en est deux principaux : ils confèrent à l'âme qui les reçoit dignement la grâce sanctifiante et la f^iàce sacramentelle.

Pour faire ressortir les avantages de la grâce sanctifiante, le prédicateur pourra exposer d'abord l'excellence de cette grâce, don surnaturel qui nous élève à la participation de la sainteté divine, qu» vaut le citl même, puisque Dieu ne peut pas le lui refuser, qui est le prix du sang de Jésus-Christ, qui nous fait l'ami de Dieu, l'hérili(r de son royaume, le temple de son Saint-Esprit. Puis il mon- Crera celte, grâce comme source de tous les mérites : avant de la posséder, les actions les plus héroïques de î'honmie ne pouvaient lui

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