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MANIÈRE DE PRÊCHER SUR LES SACREMENTS

être d'aucun mérite pour le ciel ; mais, une fois qu'il la possède, ses œuvres les plus communes, faites en vue de Dieu, leur valent un poids immense de gloire, et les moindres souffrances d'ici-bas auront pour compensations des jouissances éternelles. Enfin le prédicateur exposera le bonheur d'une âme réconciliée avec Dieu par les sacrements, la paix et la joie de la bonne conscience qui se puisent dans ces vives sources de la grâce.

Pour faire ressortir ensuite les avantages de la grâce sacramentelle, il fera admirer l'infinie bonté de Dieu qui a ménagé dans chaque sacrement un secours spécial relatif aux diverses obligations de l'homme sur la ten-e. Si par le baptême nous contractons l'obligation de croire et de vivre en chrétien, ce sacrement nous confère, avec les vertus infuses de foi, d'espérance et de charité, le droit aux grâces dont nous aurons besoin plu» tard pour remplir tous les devoirs du christianisme. Si par la confirmation nous nous engageons à professer hautement la religion, nous recevons, en même temps, une grâce de force contre le respect humain, contre nous-même et contre le démon ; la pénitence aide notre ferme propos par une grâce spéciale contre la rechute ; l'Eucharistie soutient notre âme par son céleste alinient, amortit le foyer de la concupiscence, et dépose en nos corps le germe de l'immortalité; l'ordre et le mariage donnent les grâces pour vivre saintement dans les états difficiles où ils nous placent ; et, enfin, l'Extrême-Onction nous fortifie contre les épreuves de la maladie, contre les terreurs de la mort, prépare au dernier passage ou rend la santé si elle est utile au bien de l'âme. Or, quoi de plus intéressant que le développement de ces consolantes vérilés, et combien ne sont-elles pas propres à faire sentir les ûvanlages des sacrements!

Des dispositions qu'il faut apporter à la réception des sacrements et des défauts qu'il y faut éviter.

Le prédicateur s'attachera à faire ressortir l'importance des dispositions requises pour s'approcher des sacrements, en montrant que sans elles la réception du sacrement serait un sacrilège, et nous ferait puiser la mort dans les sources mêmes delà vie ; que la mesure des dispositions est la mesure des grâces qu'on reçoit, le sacrement opérant plus ou moins selon qu'on est plus ou moins disposé; et qu'ainsi celui qui n'apporte que des dispositions médiocres se piive

3i6 TRAITÉ DE LA PRÉDICATION.

d'une partie des fruits que Dieu a allacliés ù la réception de ce sacrement.

Après avoir traité l'importance des dispositions, il dira en quoi elles consistent ; et, là, il exposera avec soin et précision les dispositions éloignées et les dispositions prochaines, les dispositions absolument nécessaires et les dispositions utiles et plus parfaites sans être nécessaires ; il dira en quoi consiste chaque disposition particulière, les moyens de l'acquérir, les défauts qui empêcheraient entièrement le fruit du sacrement, et ceux qui ne feraient que le rendre moindre.

Le détail de tous ces points nous mènerait trop loin ; l'énoncé seul les fait assez comprendre.

Des obligations qu'on contracte par la réception des sacrements.

Tous les sacrements portent avec eux des obligations particulières : la première est celle de la reconnaissance pour un si grand bienfait; la seconde est de conserver précieusement la grâce reçue, en veillant sur son cœur pour ne pas la laisser enlever par le péché ; la troisième est de la faire fructifier par une correspondance exacte aux vues que Dieu s'est proposées en nous la donnant ; la quatrième est de remplir parfaitement les devoirs de l'état pour lequel le sacrement nous a été conféré. Le prédicateur doit développer toutes ces obligations et les faire ressorlir avec force en montrant qu'il nous faudra rendre un compte rigoureux de toutes les grâces, et que si nous les laissons stériles en nous, elles tourneront à notre perle ; les bienfaits mêmes de Dieu deviendront les sujets de notre condamnation.

Des cérémonies des sacrements.

Ces cérémonies sont une des matières de prédication les plus utiles; elles ont toutes un sens moral très-inslructif pour qui sait les comprendre; le devoir du prédicateur est de les expliquer aux fidèles, de développer tout ce qu'elles ont de pieux, de touchant, de propre à exciter la foi et la dévotiDU, et de monirer comment elles donnent l'inlelUgence du sens caché des sacrements, rappellent les bienfaits de Dieu, honorent ses grandeurs et relèvent son culte. Cette

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