EN RETIRE
* La prédication, indépendamment des grands biens qu'elle est
* appelée à produire dans l'ordre de la religion, est la chose la plus
* utile à la société civile, à un État quelconque. Et peut-on concevoir, *en effet, politiquement parlant, une institution plus précieuse, plus
* civilisatrice, plus favorable à la sécurité pubhque et aux intérêts
* bien entendus de tout gouvernement, que celle qui rassemble les
* citoyens tous les huit jours dans un Heu de silence et de recueille- *ment pour leur exposer, au nom et sous l'œil de Dieu, tous leurs
* devoirs, leur redire ce bel abrégé de morale : ProiU vidtis ut faciant
* vobis homines^ et vos facile illis similiter ',leur recommander tout
* ce qui est pur, tout ce qui est juste et saint, tout ce qui est aimable *et honorable, tout ce qui est vertueux et digne d'éloge, en un mot
* leur défendre de la part de Dieu tout ce qui peut nuire à la société
* et aux particuliers, et leur tracer les règles de conduite les plus
* propres à procurer la paix publique, la sécurité générale, le bon-
* heur de tous et le bien de chacun?
* C'est là sans contredit le meilleur moyen de faire d'honnêtes gens *etde bons citoyens, d'obtenir Tobéissance aux lois, le respect de
* l'autorité, la paix dans les familles, la bonne foi dans les contrats
* et le commerce, la charité et la douceur dans les rapports mutuels;
* et les pasteurs qui, sur les divers points d'un royaume, font chaqu:,
* Luc, VI, 31.
ÎO TUAITE DE L.\ rREDICATION.
* Dimanclio une inslruclion religieuse à leur peuple rassemblé, con-
* tribuÊiit plus efficacement au bien de l'État que tous les agents de
* la force publique, que tous ceux qui tiennent en main les rênes du
* gouvernement. L'anliquilé ne nous offre rien de semblable, et elle
* aurait rêvé en vain une telle institution, parce que le christianisme
* seul pouvait l'exécuter. Or, combien ne doit pas paraître excellente
* aux yeux du prêtre qui aime les liojnmes une œuvre féconde en si
* précieux résultats !